Bennett appelle Netanyahou à passer au « plan B ». Plusieurs sources, difficiles à faire converger, affirment que Kerry et Lieberman, d’une part, Livni et Erekat, de l’autre, seraient assez « proches » de trouver un accord sur la prolongation des pourparlers.Le processus serait, alors, censé repartir pour une nouvelle durée de 9 mois, comme le précédent, débuterait par une nouvelle libération du lot de prisonniers prévus le 30 mars, les Etats-Unis libérerait J. Pollard avant Pessah, soit in extremis, d’ici lundi (?). Mais Israël exigerait le « gel des demandes palestiniennes à l’ONU », ce qui paraît bien improbable, du fait de leur acceptation par Ban Ki-Moon, semblant sonner le glas de ce fameux « processus »… Difficile de pronostiquer un « coup de théâtre » de dernière minute, malgré ces efforts de part et d’autre, encore loin d’aboutir…

Le ministre veut annexer cerrtaines zones de Cisjordanie estimant que les négociations sont dans une impasse.

Le ministre de l’Economie et chef du parti nationaliste religieux « Le Foyer Juif » a envoyé mercredi une lettre à Netanyahou lui demandant de considérer d’urgence ce qu’il appelle le « plan B », alors les pourparlers de paix israélo-palestiniens se trouvent actuellement dans une crise.

« Je demande un débat, en urgence, en vue de l’annexion de certaines zones de Judée et Samarie qui se trouvent actuellement sous contrôle israélien« , a écrit le ministre faisant référence aux implantations d’Ariel, du Gush Etzion, d’Ofra, de Bet El et de Maale Adumim.

400.000 israéliens vivent dans ces zones contre seulement quelques milliers de Palestiniens« , ajoute Bennett dans sa lettre.

« Kerry est un ami d’Israël »

Parallèlement hier, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a rencontré son homologue israélien le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman mercredi à Washington.

Les deux hommes ont tenu une conférence de presse conjointe lors de laquelle ils ont réaffirmé leur engagement envers les négociations et les relations américano-israéliennes.


Jacquelyn Martin (POOL/AFP/File)

Lieberman a tenté de calmer l’actuelle tension qui règne entre Israël et les Etats-Unis, après que Kerry a ouvertement accusé Israël d’être responsable de l’échec des pourparlers. Il a tenu à rendre hommage à l’amitié qui unit les deux pays en rappelant que Kerry est un « ami » d’Israël.

Par ailleurs, une nouvelle réunion entre les trois équipes de négociations se tiendra jeudi, sous l’égide de Martin Indyk, l’émissaire américain pour la paix au Proche-Orient. Il s’agit de la cinquième rencontre en 3 jours entre les parties, qui tentent de sauver les efforts fournis depuis juillet dernier, lors de la reprise des négociations.

Israël a, par ailleurs, immédiatement répondu que ce sont les Palestiniens qui ont «  violé leurs engagements fondamentaux  » en déposant la semaine dernière 15 demandes d’adhésion à des agences internationales de l’ONU.

Les remarques de Kerry « vont nuire aux négociations et durcir les positions palestiniennes« , a déclaré un responsable du bureau de Netanyahou.

« Le secrétaire Kerry sait que ce sont les Palestiniens qui ont refusé des négociations directes continues avec Israël en novembre, qui ont dit non à son projet d’accord-cadre, qui ont dit non à la reconnaissance d’Israël comme l’Etat-nation du peuple juif, qui ont dit non à une réunion avec Kerry lui-même, et qui dit non à une prolongation des négociations« , a ajouté ce responsable.

« Selon les termes des accords conclus avant les pourparlers, Israël ne s’est pas engagé à limiter les constructions (dans les Territoires, ndlr), par conséquent, la revendication des Palestiniens selon laquelle la construction à Jérusalem qui plus est, à Gilo, au Sud-Ouest et non à « l’Est » de Jérusalem »>Article original, la capitale d’Israël, est une violation des accords est inexacte« , a conclu le responsable.


AFP

La Ligue arabe blâme Israël

La Ligue arabe, qui a fait porter mercredi l' »entière responsabilité » de l’impasse des négociations sur l’Etat hébreu, réclame une prolongation des négociations sous médiation américaine censées s’achever fin avril.

La Ligue réitère son soutien à Abbas qui a signé le 1er avril les demandes d’adhésion de la Palestine à 15 conventions et traités internationaux, estimant que les nouvelles exigences posées par Israël pour la libération de prisonniers palestiniens le déliaient de son engagement de s’abstenir de toute démarche de reconnaissance auprès de la communauté internationale.

Lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a ajouté que « malgré tout, les Palestiniens et les Arabes sont disposés à poursuivre les négociations et les efforts engagés par Kerry pour parvenir à une sortie de crise« .

Arabi a, quant à lui, accusé Israël d’avoir pour « objectif stratégique de gagner du temps » en cherchant à faire repousser la date butoir des négociations du 29 avril.

Escalade ?

Plus tôt mercredi, Netanyahou a ordonné à ses ministres de limiter leurs contacts avec leurs homologues palestiniens, sauf en matière de sécurité et de diplomatie, selon une source gouvernementale israélienne.


Jack Guez (AFP)

Le chef de l’opposition israélienne, Isaac Herzog, a fustigé la décision de Netanyahou, l’accusant de jeter de l’huile sur le feu.

« En réalité, il est facile de prévoir ce que causera cette décision de couper les relations avec l’Autorité palestinienne », a-t-il ajouté. « Cela nuira aux intérêts de l’Etat d’Israël et à son secteur économique« , a précisé Herzog.

« Le Premier ministre a entamé un processus de désengagement entre Israël et le monde (…) c’est le résultat de la frustration, de l’impuissance et du manque de capacité du Premier ministre à fonctionner d’après un plan et atteindre sa réalisation », a critiqué Herzog, indiquant que la « frustration et l’impuissance ne sont pas des politiques diplomatiques ».

Le ministre palestinien du Travail Ahmad Majdalani a toutefois minimisé la portée de cette décision, soulignant que « 90% des affaires quotidiennes se traitent avec l’administration militaire israélienne ».

« Dans les faits, il n’y a pas de rencontres organisées entre ministres palestiniens et israéliens, à part entre ministres des Finances », a déclaré M. Majdalani à l’AFP.

Mais une source gouvernementale palestinienne a indiqué qu’il pourrait s’agir d’un début de gel du transfert des taxes collectées par Israël pour le compte de l’Autorité palestinienne, car l’essentiel des rencontres entre les ministres des Finances porte sur ces taxes qui servent à payer les fonctionnaires palestiniens.

En réalité, selon une source israélienne sous couvert de l’anonymat, Israël réfléchit à l’idée de déduire de ces taxes l’équivalent de l’argent que dépense l’AP pour les terroristes et leurs familles« . Une bonne façon de sanctionner directement au portefeuille l’incitation à la haine et l’héroïsation des « martyrs » qui entretiennent le conflit.

i24news.tv Article original

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