ETATS-UNIS – Economie, réformes, diplomatie… Le président américain a-t-il tenu ses engagements…

De notre correspondant à Los Angeles

C’était il y a tout juste un an. Dans le froid et l’allégresse, Barack Obama devenait le 44e président des Etats-Unis. Elu sur le fameux refrain de l’espoir et du changement, il promettait une route «longue et difficile». Il ne croyait pas si bien dire: lundi, les démocrates ont pris une gifle en perdant le siège de Ted Kennedy au Sénat, ainsi que leur super majorité. Bilan de l’an 1.

Réformes économiques: Obama sort son carnet de chèques
Il l’a maintes fois répété: suite au déraillement de la planète financière, les Etats-Unis et le reste du monde ont traversé «la plus grave crise économique depuis la Grande dépression». Pour faire repartir la machine, Obama a sorti le remède de cheval, avec de multiples plans (de sauvetage initié par Bush, de stabilisation, de relance) dont le total se chiffre à plusieurs trillions (milliers de milliards) de dollars. «Et pendant ce temps-là, il laisse courir les déficits», raille le stratège républicain Patrick Dorinson. Obama avait en effet promis pendant la campagne d’inaugurer une ère de «responsabilité fiscale». Pour 2009, c’est plutôt raté: le déficit annuel s’est creusé à 1.400 milliards de dollars. Et ça ne devrait pas s’arranger en 2010 (1.500 milliards, selon les prévisions du Trésor). Des dépenses «nécessaires pour sortir de la crise», selon plusieurs macro-économistes. Désormais, Obama fixe surtout l’objectif d’une réduction du déficit par deux d’ici la fin de son mandat. Il devrait en parler longuement lors de son discours sur l’état de l’Union, le 27 janvier. Il devrait aussi aborder le combat sur le front de l’emploi –le taux de chômage a atteint 10%. Du concret est également attendu sur la réforme de la régulation du système financier: Obama et son secrétaire au Trésor Tim Geitner ont présenté un code de la route flou et complexe l’été dernier.

Irak, Afghanistan, Guantanamo: moins rapide que prévu
L’Irak a presque totalement disparu des journaux américains. Pendant la campagne, Obama avait promis un retrait «en 16 mois». Il a finalement décidé de l’allonger à 18. Et «de 35.000 à 50.000» soldats américains resteront après août 2010 pour entrainer et passer le relai aux forces de sécurité irakiennes, jusqu’en décembre 2011. Comme annoncé, le président américain se concentre désormais sur le front afghan. Après avoir augmenté la présence américaine début 2009, il a annoncé, le 2 décembre dernier, l’envoi de 30.000 soldats supplémentaires. Pour ne pas braquer sur sa gauche, il a cependant affirmé que le retrait débuterait mi-2011, ce qui passe mal à sa droite. Du côté de la prison de Guantanamo, Obama avait dit, deux jours après son investiture, «espérer» pouvoir la fermer dans la première année de son mandat. Mais entre l’opposition des uns et les problèmes logistiques et juridiques soulevés par le transfert des prisonniers, le projet a pris du retard. Obama reste cependant «déterminé» à aller jusqu’au bout.

Diplomatie: du pragmatisme et un Nobel embarrassant
«Réparer les dégâts causés par George W. Bush» en matière de diplomatie. C’était l’une des priorités fixées par Barack Obama et son administration. Il a effectué plusieurs tournées (en Europe, au Proche-Orient, en Afrique ou plus récemment en Asie). «Il a passé son temps à s’excuser», regrette Patrick Dorinson. A gauche, beaucoup regrettent que le voyage en Chine n’ait pas donné lieu à une rencontre avec des dissidents ou à des déclarations plus vives sur les droits de l’homme.

2009 a été marquée par de nombreux rassemblements de la communauté internationale. Lors du G20, Obama a semble-t-il joué les Zoro avec succès pour apaiser Pékin énervé par Paris sur les paradis fiscaux. A Copenhague en revanche, il n’a pas lâché grand chose. Paradoxalement, le plus grand problème d’Obama sur la scène internationale aura été l’honneur de recevoir le Nobel de la Paix si tôt dans son mandat, peu avant d’envoyer des renforts en Afghanistan.

Réforme de la santé: un bras de fer dans lequel il pourrait laisser des plumes
Avec l’économie, la santé était le dossier sur lequel Obama a pu torpiller McCain et les républicains pendant la campagne. Après un vrai marathon, il a obtenu une victoire fin 2009 avec un vote à la Chambre des représentants puis au Sénat. Problème: pour les républicains, il s’agit d’un «machin de 2.000 pages»; et pour beaucoup de démocrates –dont l’ancien candidat Howard Dean– le plan «ne va pas assez loin». «L’option publique», qui aurait offert de la compétition aux assureurs privés, à l’image de ce qui existe déjà pour les plus démunis et les séniors, a été enterrée au Sénat. «Obama n’a cependant jamais fait campagne en promettant une option publique», corrige pour 20minutes.fr le stratège démocrate Garry South. Avec la courbe du chômage qui grimpe, le combat sur l’assurance maladie semble avoir égratigné sa cote de popularité (de 65% à ses débuts, à 49% désormais). La perte du siège de Ted Kennedy, dans un Etat ayant passé une vaste réforme de l’assurance maladie en 2006, est un cuisant échec pour les démocrates et Obama. Qui, comme Bill Clinton avant lui, pourrait bien connaitre des élections de mi-mandat compliquées fin 2010 et devoir remettre le cap au centre.
Philippe Berry

source 20 minutes
http://www.20minutes.fr/article/377546/Monde-Obama-un-an-apres-les-promesses-a-l-epreuve-de-la-realite.php

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