[http://www.causeur.fr/pour-la-reconnaissance-etat-palestinien-30287.htmlArticle original
l’ancien Ambassadeur d’Israël en France, Nissim Zvili, n’y va pas par 4 chemins : puisque le peuple israélien vote mal, il faut changer le peuple et substituer à sa volonté une solution dont il ne veut pas, à ce stade, et sans doute pour longtemps : la reconnaissance d’un État Palestinien.

Il est regrettable que l’obligation de réserve n’ait plus aucune valeur, pour un ancien diplomate redevenu simple citoyen, alors même que les intérêts de sa nation sont en jeu.
1) La vraie question est : qu’est-ce qu’on fera, le jour d’après, lorsqu’on aura renvoyé aux oubliettes de l’histoire tout vestige d’une « négociation » sur les points-clés, alias « processus de paix » ?
À propos de l’intérêt de négociations, notons quand même cette véritable ironie de l’histoire, cette coïncidence, là où il n’y en a aucune : la même semaine où on s’empresse de rompre définitivement tout processus entre l’Autorité Palestinienne (en lui donnant par avance raison sur tout) et l’État Juif, on court jusqu’à juillet 2015 et plus, pour donner satisfaction à l’Iran nucléaire, en manque de rallonge pour parachever la bombe, tout en maquillant ce processus sous une négociation qui n’aboutit toujours pas, d’échéance en échéance et de ligne rouge en ligne rouge…
2) L’interrogation subsidiaire consisterait à se demander s’il subsiste le moindre espoir de quelque ordre qu’il soit : politique, œcuménique, ou spirituel, de parvenir à une forme d’accord temporaire sur le nœud gordien du conflit, là où se focalise actuellement la présumée « 3ème Intifada » : Jérusalem, cible de la fameuse « solution à deux États ». Tout le reste, on le sait, est quasiment du « pipi de chat » : 80% des « implantations » représentent 2% de la totalité de la Cisjordanie et si on ne parvient pas à trouver une délimitation, c’est tout simplement « qu’on » ne le veut pas : « on » représente ici la partie qui s’oppose à tout modus vivendi permettant une cohabitation minimale. La question dite des « réfugiés » relève uniquement de compensations, à titre de patrimoine foncier perdu par la 1ère génération, et non de réclamations infinies, de la part des suivantes. Les autres impératifs sont, en effet, qu’il faudra, peut-être, un jour se préoccuper des quelques 14 millions de réfugiés non-palestiniens de Syrie et d’Irak, autant, sinon de façon plus urgente…
La Reconnaissance unilatérale est – mais les préventions, les alertes ne semblent d’aucun recours, quand seuls la peur et l’hystérie collectives sont les moteurs de l’histoire – une voie sans issue. Elle ne fait et ne fera que sanctionner l’échec de la négociation. N. Zvili, pourtant diplomate de son état, le sait, mais n’en a cure.
Conforme à l’hémiplégie d’une certaine gauche bien-pensante, N.Zvili ressasse que seul Israël, État et nation votante, est responsable, depuis les tous premiers jours où des politiciens, y compris de son camp, à Gauche – comme Ehud Barak, ex-Premier Ministre -, ont commencé à discréditer la qualité de « partenaire » du camp adverse.
Cette disqualification (en tant que « partenaire de négociation »), dans le contexte actuel, veut faire référence à la condamnation des propos récents de Mahmoud Abbas, qualifiant les Juifs de « présence impure » ou « souillante » sur le Mont du Temple et exhortant le monde musulman et les Palestiniens à les empêcher d’y accéder par « tous les moyens » (donc : le terrorisme, la hache, le couteau, le pistolet, éventuellement).
Autrement dit, ce reproche fait à Abu Mazen/Abbas stigmatise très précisément, le rôle d’incendiaire qu’il endosse, par de tels discours d’appels à la « guerre de Religions », à l’opposé de tout rôle de médiateur-conciliateur ou partenaire de négociation.

Abu Mazen n’est plus engagé dans un processus de partenariat avec Israël, excepté sur des points « techniques », comme la coopération sécuritaire, la perception et le traitement de financements découlant d’un processus « de paix » auquel il ne se sentirait tenu que par les avantages qu’il en retire. Mais, sur le plan politique, Abbas marche avec le Hamas dans le cadre d’une réconciliation avec un parti islamiste qui s’oppose farouchement à tout processus de régulation ou de règlement politique, eu égard à l’existence d’un autre État préalable, alias « solution à 2 États »…
Dans ce cadre, voter pour la reconnaissance d’un État Palestinien revient, à terme, à nier le droit à l’existence de l’autre membre de la « solution à 2 Etats ».
Malheureusement, Nissim Zvili appartient à toute cette école issue du corps diplomatique qui, au nom du soi-disant panache de sa profession, passe plus de temps à mettre des bâtons dans les roues à l’État qu’il aurait été censé servir qu’à en faciliter la communication. Ici, il lui revenait de préciser aussi l’explication des raisons mêmes qui font qu’aujourd’hui et demain, cette reconnaissance n’est ni opportune ni souhaitable.
Ces « excellences », triées sur le même volet, confondent deux choses :
– l’idée d’une entité politique, a priori non motivée par des questions religieuses, mais “territoriales”, fondée sur un recyclage inabouti d’une ex-entité terroriste d’obédience crypto-marxiste (l’OLP), mais dont le fondateur Yasser Arafat fricotait déjà au Caire, dans sa jeunesse, avec les Frères Musulmans & (cerise sur le gâteau) formé à la guérilla et aux attentats par un ancien Waffen-SS,
– et l’aspiration arabo-musulmane, à travers ces différents masques, à instaurer un CALIFAT à Jérusalem, que ce soit ou non sous couvert de cette dite “entité politique” laïco-musulmane.
Ce n’est pas Mahmoud Abbas qui a les rênes en main, actuellement, mais le vent de folie répandu par l’influence croisée d’Al-Jazeera/Qatar/Youssouf al Qaradawi, père spirituel du Hamas et caution juridico-théologique des attentats-suicide, et son alter-ego État Islamique.
L’expérience du processus de paix ne valait qu’à condition d’en respecter les conditions minimales : à savoir qu’il fallait mettre de côté le Hamas, comme catalyseur de la Guerre Sainte.
Dès qu’Abbas faisait le pas de travers, sortait des négociations directes, pour miser sur la « réconciliation » avec toutes les forces opposées à la cohabitation apaisée, il convenait simplement, sur le plan diplomatique et financier, de le sanctionner, de faire obstacle à ce double-discours confus, qui traduit qu’il est politiquement sorti des conditions d’un « partenariat ».
La « solution à deux-États » intervient, désormais, à titre de DOGME irréfutable, et non en tant que recherche pragmatique du possible, du faisable et du souhaitable. Le terrain doit coller à la théorie, pas l’inverse.
On a, à nouveau, à faire avec la propre catéchèse théocratique de l’Europe chrétienne, qui édicte des principes, mais ne cherche aucune solution concrète. Qui sépare les principes de leur faisabilité, l’esprit des lois de leur application sur le terrain, le corps de l’esprit.
Pour ce qui est de cette école diplomatique, elle passe sa vie à Paris ou Bruxelles, à refaire la réalité politique du pays dont elle issue, de l’extérieur, par manque à convaincre à l’intérieur.
Chacun, à sa mesure, a sacralisé la désinformation antisioniste, par exemple, en faisant l’impasse sur « l’Affaire al Dura », au tout début de la Seconde Intifada. Ils ont, ainsi, contribué à isoler la communauté juive de France et sont partie prenante du consentement (car qui ne dit mot…) à un climat antisioniste, puis de plus en plus ouvertement antisémite. Même comportement, au début éventuel de la « 3ème Intifada ». Seul le camp politique israélien serait responsable de la « marginalisation » de l’autre.
Reste une réalité incontournable, à l’origine de la destruction « politique » du Temple : à l’époque, le vainqueur éradiquait le lieu de culte du vaincu. L’Islam n’a fait que s’installer sur les ruines laissées par Rome.
À l’inverse, « l’entité politique » israélienne moderne, en 1967, n’a pas pu ou pas voulu humilier le vaincu et a cédé les clés des Lieux Saints au Waqf. Israël a donc voulu envoyer un message de paix après le conflit. Au contraire, même vaincu, l’Islam (les pays arabes de l’époque et leurs supplétifs « asymétriques » actuels) reste en position de force et de refus de tout arrangement.
Exemple simple : des heures de prières pour les Juifs sur « l’esplanade ». Une sanctuarisation des Lieux Saints comme échappant à tout règlement politique stricto-sensu.
C’était le seul moyen de parvenir à une solution “laïque”, en laissant à D. ce qui appartient à D. Sans quoi on s’achemine vers un règlement sanglant d’ordre “politico-religieux”, les domaines devenant indissociables, à travers la revendication d’une capitale bicéphale : elle n’a pas tenu à Berlin ou à Belfast, pour le même peuple originel et tiendrait encore moins, dans le cadre d’un conflit d’ordre religieux, ethnique et politique.
Il n’y a donc pas, actuellement, de solution possible par la négociation. La soi-disant re-« judéisation » de Jérusalem n’est qu’un processus, « naturel », au vu des circonstances, de reconquête, par des moyens pacifiques ou résidentiels (implantations), d’un patrimoine, après l’expulsion juive de Jérusalem-Est par les Transjordaniens, en 1948. Elle est fonction inverse d’un processus d’Islamisation, y compris de la “cause palestinienne” elle-même, où les radicaux l’emportent de plus en plus et où Abbas se conforme, pour partie, à leur discours.
L’Islam n’a pas vocation à partager le monde avec les autres, ni hier, ni aujourd’hui, ni demain. Le Judaïsme n’est, en soi, pas prosélyte, raison pour laquelle il y a une retenue à s’emparer des Lieux Saints d’autrui, seraient-ils construits sur le site de l’Ancien Temple…
En sacralisant l’idée de “Deux Etats… politiques”, on occulte qu’il ne peut pas y avoir deux capitales, ni politiques ni spirituelles, à Jérusalem.
Si Jérusalem est l’origine de l’Église Romaine, sa capitale, le Vatican, est à Rome. La Chrétienté a un droit d’usufruit à Jérusalem, pas de possession ni de Souveraineté terrestre pleine et entière.
Un « troisième Lieu Saint » de l’Islam ne peut être « capital », c’est, au mieux, un lieu de pèlerinage, un chef-lieu de département, le vestige d’un empire qui n’appartient plus…
On ne peut donc pas occulter le conflit religieux derrière un politique qui remettrait tout à plat. Cela ne signifie pas que l’intelligence des situations soit de l’ordre de l’irréalisable, pour peu que la bonne volonté redevienne une catégorie partagée de l’esprit humain. Tout unilatéralisme, toute hémiplégie politique ne font que rappeler qu’au royaume des aveugles, les borgnes restent rois.
Marc Brzustowski
Réf. – A rédaction de Causeur, de qui n’est “surtout pas d’accord” , par Marc Brzustowski.
et en pièce jointe PDF (pour le lien)
[http://www.psychanalyse.et.ideologie.frArticle original
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C’est bien ce que je disais sur le fil ‘Olivia Cohen’
Les adversaires du gouvernement israélien ne manquent pas du bon côté de la ligne verte. Pour eux, les concessions ne seront jamais trop douloureuses.
Si, ce qu’à Dieu ne plaise, la France, et l’UE reconnaissaient unilatéralement la Palestine —avec des frontières qui n’en sont pas, un gouvernement bicéphale, belliqueux, terroriste, une demi-capitale: la Jérusalem des Juifs, faute d’en avoir une réelle, HISTORIQUE —, bref un Etat de bric et de broc dont on chercherait en vain les traces de légitimité dans n’importe quel dictionnaire, encyclopédie (années 20 ou 30, par ex.), si donc, nos pays faisaient pareille erreur, que resterait-il à négocier?
Comprenant que le terrorisme paie, ses tenants continueraient de plus belle leurs attentats, leur propagande tout aussi dévastatrice ( à commencer par l’avachissement de la France).
Pourquoi les arabes ne font-ils pas de RAMALLAH , bourgade qui comprend le nom de leur vénérable prophète, une capitale digne de ce nom, d’un vrai Etat aux frontières négociées avec Israël?
Les deux Ehud (Barak et Olmert) avaient été très généreux, en leur temps. C’est peut-être à cela que songe encore M.Zvili…Sauf que des guerres dévastatrices , des attentats, ont eu lieu entretemps; sans compter l’éducation à la haine des jeunes générations arabes qui ne préparent pas exactement les esprits à l’entente, à la coopération.