L’essayiste d’extrême droite était convoqué vendredi 17 octobre devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Récit.
Crâne rasé, blouson de cuir et tee-shirt noir portant l’inscription « goy » en lettres gothiques. En débarquant dans la salle d’audience, Alain Soral donne le ton. L’essayiste d’extrême droite n’est pas venu pour se défendre, mais pour provoquer. Accusé d’incitation à « la haine, la discrimination ou la violence » à l’égard du journaliste Frédéric Haziza et de la communauté juive, Soral ne cherche même pas à nier les faits qui lui sont reprochés. Il préfère se servir de son temps de parole pour se livrer à une tribune politique devant un public acquis à sa cause.
Lors de la diffusion de la vidéo incriminée, Alain Soral ne peut pas s’empêcher de sourire. Dans cette dernière, publiée en décembre 2012 sur son site Égalité et Réconciliation, il décerne à Haziza le titre « con du mois » et le définit comme « un journaliste issu de la communauté dont on n’a pas le droit de parler qui occupe… oui, c’est le mot… il s’agit d’occupation… à peu près la totalité de la super structure idéologique de la France » et qui fait « un boulot de censeur tribaliste. » Le tort d’Haziza ? Avoir refusé de recevoir Soral lors de la sortie de Comprendre l’Empire, un brûlot dénonçant un prétendu complot américano-sioniste international.
« Je vise les sionistes »
Le tribunal somme Alain Soral de s’expliquer sur la teneur de ses propos. « Je ne suis pas antisémite », tient-il à préciser d’emblée. Soral préfère se qualifier de « judéophobe ». Difficile de faire plus clair. L’essayiste d’extrême droite dénonce une communauté dans la communauté. Le tribunal ne comprend pas. L’accusé est prié de refaire sa démonstration. « La communauté juive n’existe plus en République depuis 1791, poursuit-il pour se justifier. Je vise la communauté communautaire. Je vise les sionistes. » Nouvelle incompréhension des juges. Et nouvelle démonstration. Petit à petit, poussé dans ses retranchements, Soral se fait encore plus précis. Il finit par dénoncer une occupation intellectuelle du pays par Bernard-Henri Lévy, Laurent Fabius ou encore Alain Finkielkraut. Lui, le « Français de souche » ne peut pas laisser faire ça.
Soral va jusqu’à s’offusquer de ne pas être libre de critiquer la violence de la religion juive. Il se dit même victime de harcèlement par la communauté organisée (comprendre les sionistes). Sa solution ? « La réconciliation nationale par l’assimilation de la communauté communautaire pour empêcher une guerre civile. » Mais Soral tient à préciser que son message de haine contre Frédéric Haziza n’est que de l’humour et de l’ironie tribale. Pour le prouver, il endosse le costume de chanteur de variétés et entonne « Haziza », une parodie à la sauce Soral de l' »Aziza » de Daniel Balavoine. « Vous avez tous les talents : humoriste, intellectuel et chanteur », se moque le président du tribunal. Et d’annoncer au public quelques minutes plus tard sur le même ton : « Il fera passer une casquette à la fin de son numéro. »
« Je suis une victime »
Frédéric Haziza est invité à son tour à la barre : « J’ai été meurtri par ce qui figure sur son site internet. » Visiblement ému, le journaliste de la chaîne parlementaire n’hésite pas à qualifier Alain Soral de « révisionniste et d’antisémite ». Me Stéphanie Zaks, l’avocate de Frédéric Haziza, affirme que son client est visé en tant que juif et non pas en tant que journaliste. Le retrait de la vidéo est réclamé par les parties civiles. SOS Racisme et la Licra demandent en outre 5 000 euros chacun en guise de dommages et intérêts.
« On est ici dans l’appel à la haine de l’autre. Et l’autre, c’est Frédéric Haziza et c’est le Juif. On est là au-delà de la liberté d’expression et personne dans notre République ne devrait pouvoir être l’objet de telles attaques », dénonce pour sa part la procureur Annabelle Philippe. Devant la gravité des faits, elle requiert une peine de trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende. Invité à prendre la parole pour défendre son client, Me Lahcène Drici annonce que « sa tâche est difficile », car tout le monde « déteste » Alain Soral. Mais plutôt que de le défendre sur le fond, il s’attache à démontrer que Frédéric Haziza est bien « l’attaché de presse de Benyamin Netanyahou ».
Le doigt menaçant et le ton vindicatif, Alain Soral se lance dans une dernière diatribe haineuse et incompréhensible : « Il s’agit d’un procès politique. C’est bien la preuve de la domination du sionisme sur la France, à travers la communauté organisée. […] Je suis là en tant que patriote français. La prison ne me fait pas peur. […] Le sionisme fait baisser le niveau intellectuel des juifs. […] Je ne me soumettrai pas. […] Je ne suis pas antisémite. […] C’est moi la victime de ce procès. » Verdict le 21 novembre.
![]() |
![]() |












































{{ {{Il pue , il me fait gerber ce mec}} .
{{Il est bon pour l’asile psychiatrique à …………. Villejuif .}}
}}