Les Palestiniens exigent 4 milliards de dollars; Kerry va tenter de relancer le processus de paix

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« Le secrétaire d’Etat américain John Kerry à Maryland le 11 octobre 2014 »
Carolyn Kaster (Pool/AFP)

Le ministre israélien des Affaires étrangères a regretté l’absence de son pays à la conférence internationale sur la reconstruction de la bande de Gaza qui s’ouvre ce dimanche matin au Caire.

« Il eût été préférable que nous soyions présents au Caire, mais nous n’allons pas nous imposer. Le Qatar a fait pression pour que nous ne soyions pas invités. Il est le principal donateur. Mais la reconstruction elle-même ne se fera pas sans nous « , a déclaré Avigdor Liberman.

La conférence s’ouvre ce dimanche à 9H00 (heure locale) au Caire en présence notamment du secrétaire d’Etat américain John Kerry qui devrait plaider pour une relance du processus de paix israélo-palestinien.

Une cinquantaine de pays, une trentaine de ministres des Affaires étrangères, le secrétaire général des Nations unies et les représentants de multiples organisations humanitaires, financières ou politiques comme le Fonds monétaire ou la Ligue arabe, participeront à cette conférence au cours de laquelle les Palestiniens demanderont une aide record de 4 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza.

Israël n’a en revanche pas été convié à participer à la Conférence. En effet, les dirigeants égyptiens n’ont pas cru bon de devoir inviter des représentants israéliens.​

Cette absence n’a pas empêché un responsable américain de lancer un appel aux Israéliens: « Nous demandons aux Israéliens de continuer à faire ce qu’ils ont fait jusqu’à présent pour faciliter l’assistance humanitaire » vers la Bande de Gaza..

Le gouvernement d’union palestinien, qui s’est réuni dans la bande de Gaza jeudi pour la première fois depuis sa formation en juin après des années de déchirements entre Hamas et Fatah, est censé envoyer à la conférence des donateurs un message clair: l’argent destiné à reconstruire la bande de Gaza sera bien utilisé par une autorité composée de personnalités indépendantes et non pas acquises à tel ou tel bord.

Les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza sont parmi les plus importants bénéficiaires de l’aide internationale par habitant dans le monde. Au cours des quinze premières années de la mise en place de l’Autorité palestinienne (de 1994 à 2008), les Palestiniens ont reçu entre 12 et 14 milliards de dollars, sans compter les contributions à l’agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), qui met directement en œuvre des programmes d’aide dans les territoires de Cisjordanie et de Gaza mais aussi en Jordanie, en Syrie et au Liban.

Au début des années 2010, l’aide internationale a augmenté : les Palestiniens reçoivent, bon an mal an, environ 4 milliards de dollars d’aide, toutes origines confondues, soit 1.000 dollars par tête.

Après la guerre de juillet et août entre Israël et le Hamas, quelque 100.000 Palestiniens se sont retrouvés sans abri dans cette enclave exiguë, où une bonne partie de la population vit sous le seuil de pauvreté et où 45% de la population active et 63% des jeunes étaient au chômage avant la guerre. Le PIB devrait diminuer de 20% au cours des neuf premiers mois de 2014 par rapport à 2013. Selon l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens, la guerre a détruit ou endommagé 80.000 maisons.

« Pessimisme de rigueur' »

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« Des Palestiniens au milieu d’immeubles détruits à Al-Tufah, le 11 octobre 2014 dans la bande de Gaza, à la veille d’une conférence de donateurs pour sa reconstruction « . Mahmud Hams (AFP)

Le gouvernement d’union palestinien a établi en vue de la conférence du Caire un plan de reconstruction détaillé de quatre milliards de dollars. D’autres chiffres encore plus importants ont été avancés, la reconstruction devant durer de longues années.

Mais la moisson s’annonce laborieuse, tant les grands donateurs semblent las de financer la remise en état de l’enclave après chaque campagne militaire. Une conférence similaire s’était tenue à Sharm El-Sheikh (Egypte) après l’opération israélienne « Plomb durci » en 2009, mais cette fois-ci la réconciliation Fatah-Hamas est exigée en préalable par des donateurs méfiants.

Le ministre norvégien des Affaires étrangères Børge Brende​ estime qu’ « il n’y a pas de sens à une reconstruction de Gaza sans un règlement politique du conflit ».

De hauts responsables américains faisaient part vendredi de leurs doutes quant à la possibilité de satisfaire la demande des Palestiniens de réunir les 3,2 milliards d’euros.

Le secrétaire d’Etat John Kerry rejoindra dimanche au Caire les représentants de quelques dizaines de pays pour cette conférence de donateurs qui sera coprésidée avec les Egyptiens par le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

« Il est juste de dire que de sérieuses questions sont soulevées par les bailleurs de fonds », a déclaré aux journalistes un fonctionnaire du Département d’Etat, invoquant le fait que tout le monde pourrait « se retrouver au même endroit dans un ou deux ans pour refaire la même chose ».

Il a prédit que la conférence fournirait une « contribution importante » pour la reconstruction, avec les pays du Golfe qui fourniront la majeure partie des fonds ainsi que les Etats-Unis et l’Europe qui apporteront également une part « significative et appropriée ».

Cependant le haut fonctionnaire se veut nuancé: « Je doute que qui que ce soit pense que nous allons réunir cette somme de 3,2 milliards d’euros ou bien si nous avons vraiment besoin de ce genre d’engagement pour le moment ». Un autre fonctionnaire américain a ajouté: « Nous n’en sommes pas encore là ».

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon l’a aussi souligné: il n’y aura pas de solution durable aux problèmes de Gaza sans règlement global entre Palestiniens et Israéliens.

Et c’est pour une relance du dialogue que va plaider John Kerry durant la conférence, en marge de laquelle il devrait en outre rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas, selon des diplomates américains.

« Plus largement, nous avons un intérêt à casser le cycle de guerres et de reconstructions que nous voyons à l’œuvre depuis six ans », a souligné l’un de ces diplomates, en allusion au troisième conflit en six ans à Gaza.

Le secrétaire d’Etat exprimera « notre volonté de ré-engager des négociations et de contribuer à faciliter leur succès », a-t-il ajouté. John Kerry «parlera de la nécessité de régler les questions sous-jacentes au conflit israélo-palestinien afin d’avoir vraiment une solution durable au problème de Gaza».

M. Kerry a été l’artisan de la reprise du processus de paix israélo-palestinien entre juillet 2013 et avril dernier. Depuis son échec, il n’a toutefois jamais abandonné l’idée d’une relance.

(avec AFP)

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saoud

oui mes c le qatar et de c point vue la ils deside de pas nous inviter c pg si ilya menace ils faut les bonbarder et c tout un moment donner peux etre qui arreterons de financer c barbare ou bien bonbader la qatar tout simplement leure donner une tres bonne lecons sa leure feras les pierd

poid lourd

Shalom, cette reconstruction avec l’argent des autres ne se fera pas sans l’accord d’Israël que cela plaise on non. Le Qatar qui sème la mort par procuration dans tout le Moyen Orient devrait être moins arrogant, ces gens devraient comprendre la parabole de l’émir qui se coince le doigt dans une porte et qui déclare à ses esclaves: »vite va m’acheter une clinique ». Une suggestion et un conseil, recrutez ces médecins qui soignent la maladie en tuant le malade, ceux qui expliquent à une personne en souffrance qui déclare que: »je préfère mourir que d’être opéré et à qui le docteur Qatari déclare que: » l’un n’empêche pas l’autre » rajoutant: » pas besoin de conseils, je connais mon métier ».
Il y a longtemps un poète du nom de Jean de la Fontaine nous a rédigé cette fable philosophique intitulée:  » le chien et le loup ». Se soumettre aux exigences des qataris c’est devenir … .
Chaque être humain peut retourner dans la forêt dans l’espoir de rencontrer une meute de ces canidés aussi libres que l’air que nous respirons. Gloire et longue vie au couple Alpha ainsi qu’a sa descendance.
Cordialement.

martin54

ils se reconcilient une nouvelle fois pour toucher la manne financiere .
la guerre avec israel, pour sois disant créer un etat palestinien c’est leur fond de commerce. et ça marche les nations vont encore payés car ils l’exigent. quel chantage.
en france ont va encore leur donner des millions d’euros alors qu’on preleve de plus en plus sur le peuple.
la france lutte de toutes ces forces contre le terrorisme islamiste ns dit hollandes oups!!
par exemple en continuant a verser les allocations au djihadistes partis en syrie ‘certain touche entre 2000 et 2500e d’aloc.
incroyable mais vrai. pauvre france.

André

Si les arabes de Gaza et d’ailleurs voulaient la paix et créer un « État Palestinien » ça se saurait, non ?

Question : pourquoi sur les cartes du soit disant futur « État palestinien » représenté par la soit disant « Autorité palestinienne », celui-ci s’étend sur toute la terre séparant le Jourdain de la méditerranée ?

Pourtant plus on creuse le sol et moins on y trouve de vestiges « arabes » (on en trouve aucun en fait !)…en revanche on ne sait plus quoi faire des objets écrits en hébreux, en araméen, et liés au judaïsme que l’on ramasse à la pelle…