La girouette Liberman va toujours dans le sens du vent

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, a récemment exprimé sa volonté de faire preuve de flexibilité sur la question sensible de la conscription militaire des ultra-Orthodoxes (haredim) en Israël. Cette prise de position intervient dans le cadre des négociations pour la formation d’une coalition parlementaire avec Yashar, dirigée par Gadi Eisenkot. Dans un message publié sur le réseau social X (ex-Twitter), Liberman a souligné son ouverture au compromis, une attitude saluée par Yakov Asher, président de l’Union Torah Judaïsme, qui a regretté que cette souplesse n’ait pas été manifestée plus tôt, ce qui aurait pu éviter des tensions internes et des divisions politiques.

Un membre de l’Union Torah Judaïsme a confirmé que cette évolution n’était pas une surprise, indiquant que les discussions avec le bloc d’opposition laissaient présager cette orientation. Ce même interlocuteur a précisé que si une loi de conscription satisfaisante était proposée, leur alliance avec Yisrael Beytenu serait assurée, soulignant la nature pragmatique des négociations politiques.

Liberman a également clarifié qu’il ne soutiendrait pas un système de rotation à la tête du gouvernement avec Eisenkot, estimant que ce mécanisme nuit à une gestion efficace de l’État. Il a par ailleurs posé plusieurs conditions claires pour son engagement dans la coalition : la fin du mandat de Benjamin Netanyahu en tant que Premier ministre, l’évitement de nouvelles élections et le refus de former un gouvernement dépendant de la liste commune arabe ou de l’abstention de Ra’am pour faire passer des lois.

Cette évolution intervient après que Liberman a levé son veto sur la participation à un gouvernement incluant des partis ultra-Orthodoxes, ouvrant ainsi la voie à des discussions concrètes avec l’Union Torah Judaïsme. Les négociations portent notamment sur une réforme plus souple de la loi sur la conscription, avec une pression notable sur le parti Shas pour qu’il soutienne cette réforme, notamment sous l’influence du rabbin Dov Lando, une figure spirituelle majeure de l’UTJ.

Cependant, cette ouverture n’est pas sans controverse. L’ancien député Dan Illouz, qui avait rejoint Yisrael Beytenu après avoir quitté le Likud, a renoncé à sa place sur la liste du parti, critiquant fermement l’abandon de la ligne dure sur la conscription. De son côté, Yoaz Hendel, leader du parti Réservistes-Économiques, a dénoncé la position de Liberman, l’accusant de promouvoir une forme de dérobade face à l’obligation militaire au nom de la recherche du pouvoir, ce qui, selon lui, ne le distingue plus des figures politiques qu’il critique habituellement.

Enfin, Liberman a réaffirmé son soutien à la nomination de Yair Lapid comme président de la Knesset, malgré des rumeurs contraires, précisant que la décision finale dépend désormais de Gadi Eisenkot, Naftali Bennett et Lapid lui-même.

Cette évolution dans les négociations politiques israéliennes marque un tournant important, notamment sur la question épineuse de la conscription des ultra-Orthodoxes, un sujet qui divise profondément la société israélienne. La flexibilité affichée par Liberman pourrait faciliter la formation d’un gouvernement stable, mais elle suscite aussi des oppositions internes et des débats sur les compromis à accepter pour assurer la gouvernance du pays.

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