Le choix audacieux du Maroc pour un avenir radieux
par Mohammed Said
Depuis la normalisation mutuellement avantageuse des accords d’Abraham en 2020, l’alliance entre le Maroc et Israël s’est rapidement développée, tant sur le plan diplomatique et économique que sur celui de la défense. Par ailleurs, l’établissement de relations diplomatiques complètes, les investissements et la coopération en matière de défense témoignent d’une volonté manifeste de consolider ces relations.
Alors que le Maroc et Israël approfondissent leurs relations, certains pays voisins du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA), ainsi que d’autres acteurs comme les ONG et les militants de la région, observent ces développements avec inquiétude, voire avec alarme.
Pour les alliés traditionnels de la cause palestinienne, le renforcement des liens entre le Maroc et Israël apparaît comme une fracture déstabilisatrice au sein de la « solidarité » régionale.
Parallèlement, les rivaux pour la suprématie dans la région semblent considérer cette alliance croissante avec suspicion quant à l’équilibre des pouvoirs.
Il n’est donc pas surprenant que le Maroc soit mal vu par les dirigeants qui aspirent à un rôle plus prépondérant dans le cours des événements.
Dans une culture où prendre parti est la norme, comme au Moyen-Orient, dénigrer qui que ce soit – et surtout le diaboliser – est la solution de facilité.
Depuis 2020, les différentes communautés politiques et militantes de la région MENA ont porté un regard critique sur le Maroc, l’accusant d’avoir osé franchir une « ligne rouge ».
Pourtant, nombre d’autres pays de la région MENA – du moins ceux qui affirment désapprouver les relations du Maroc avec Israël, et non ceux qui souhaitent la disparition d’Israël – ne semblent pas adopter une attitude très différente.
Dans les États arabes, la position adoptée face au conflit israélo-palestinien consiste principalement à ne pas reconnaître l’existence de l’État juif.
Ce rejet se traduit par le refus d’entretenir des relations diplomatiques avec Israël, l’interdiction des vols vers Israël et d’autres mesures visant à renforcer l’invisibilité d’Israël.
Malgré ces efforts, Israël existe concrètement, soutenu par une puissance économique, militaire, technologique, financière et culturelle.
Ironiquement, certains de ces pays qui se font un point d’honneur d’« ignorer » Israël sont aussi ceux qui cherchent activement à se rapprocher de cet allié américain prestigieux en achetant des armes de pointe et d’autres inventions israéliennes.
L’un des dirigeants de la région suffisamment fort pour se libérer de cette mentalité infantile fut le roi Mohammed VI du Maroc, visionnaire.
Dans son discours du 9 octobre 2026 devant le Parlement, il a fondé la fierté nationale sur un « sentiment d’appartenance à cette nation » plutôt que sur le conformisme panarabe, cliché et, en réalité, illusoire.
Concernant leurs chers « frères » palestiniens, par exemple, aucun pays arabe ou musulman – dont la plupart avaient accueilli avec enthousiasme des milliers de réfugiés d’Irak, de Syrie et d’autres conflits – n’a accepté un Palestinien de Gaza.
Ils avaient raison. Partout où les Palestiniens ont été bien accueillis, les troubles ont suivi : en Tunisie , en Jordanie , au Koweït et au Liba . Israël n’est que le dernier pays d’une très longue liste.
La transformation progressive du Maroc vers une pensée indépendante et des politiques tournées vers l’avenir est le fruit d’un effort de longue haleine et d’une grande patience, et c’est ce qui a conduit le Maroc à franchir le Rubicon en signant les accords d’Abraham avec Israël.
On peut s’interroger sur les contreparties offertes par le Maroc en échange des avantages et privilèges obtenus grâce à ces accords.
Bien que discrète, l’action du Maroc pour préparer cet événement était en cours depuis un certain temps. Assurer la sécurité de la communauté juive au Maroc est une mesure que les autorités marocaines supervisent depuis un certain temps.
Il y a trois ans, en route pour Marrakech, nous avons tous entendu une femme parler ouvertement au téléphone de son impatience de passer le Shabbat en famille.
Plus tard, dans un quartier de Rabat, on pouvait voir des Juifs hassidiques en habits religieux déambuler dans la rue.
Dans cet environnement sûr – apparemment plus sûr qu’à Londres ou à Paris ! – les Juifs peuvent pratiquer leur religion en toute tranquillité.
Le Maroc offre à la communauté juive des libertés qui font défaut dans la plupart des pays de la région MENA et, semble-t-il, dans certains pays occidentaux.
Malgré ces avancées diplomatiques, des tensions persistent malheureusement au sein du pays, alimentées par des manifestations menées par des partis d’opposition, tels que le Front marocain de soutien à la Palestine et divers mouvements islamistes.
Ces manifestations ont généralement lieu dans le contexte des élections récentes. Malgré la guerre contre le Hamas, le bilan du Maroc reste globalement remarquable et indéniable. Les bénéfices et les acquis des accords d’Abraham se sont avérés irrévocables.
Ce qui a suscité l’indignation de l’opinion publique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, c’est la décision du Maroc de modifier sa position sans consultation préalable. Heureusement pour son peuple et pour l’ensemble du Moyen-Orient, le Maroc a opté pour une voie positive et constructive.
Mohammed Said est un Arabe musulman qui couvre actuellement le Moyen-Orient.
JForum.fr avec www.gatestoneinstitute.org
Sur la photo : le ministre israélien de la Justice, Gideon Saar (à gauche), et son homologue marocain, Abdellatif Wehbe, se serrent la main après la signature d’un accord à Rabat le 26 juillet 2022. (Photo AFP via Getty Images)
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