Israël va prendre des mesures de représailles contre la France
Israël a annoncé son intention d’élargir ses mesures de rétorsion contre plusieurs pays européens, dont la France, qui ont imposé des sanctions contre ses colonies en Cisjordanie. Cette décision fait suite à des actions déjà prises contre le Royaume-Uni, où Israël a procédé au retrait immédiat de son personnel du siège du Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) à Kiryat Gat et prévoit la fermeture prochaine du consulat britannique à Jérusalem. Ces mesures traduisent une montée des tensions diplomatiques entre Israël et certains pays occidentaux, qui dénoncent les activités de colonisation israéliennes comme illégales et un obstacle à la paix.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a confirmé que des mesures similaires à celles prises contre le Royaume-Uni seront appliquées à la France et à d’autres pays ayant adopté des sanctions. Cette démarche vise à exprimer la ferme opposition d’Israël à ce qu’il considère comme une ingérence dans ses affaires internes et un soutien aux groupes extrémistes selon sa lecture. Du côté britannique, la réaction a été qualifiée de « regrettable » par un responsable, qui a souligné que les sanctions étaient motivées par des considérations morales et de sécurité liées à la situation en Cisjordanie. Il a précisé que la décision britannique ne visait pas Israël en tant que tel, mais constituait une réponse aux violences et aux extrémismes dans la région.
Le CMCC, où Israël a retiré le personnel britannique, joue un rôle clé dans la coordination entre les autorités civiles et militaires israéliennes et les représentants internationaux, notamment dans la gestion des tensions en Cisjordanie. Le Royaume-Uni y était représenté à la demande des États-Unis, dans le cadre de l’initiative de l’ancien président Donald Trump pour le Moyen-Orient. Un amiral britannique y occupait un poste de commandement adjoint, chargé de faire avancer cette initiative. Israël considère que cette présence ne produit aucun effet positif, ce qui a motivé son retrait. Cette décision pourrait compliquer davantage les relations entre Israël et ses alliés occidentaux, alors que la question des colonies reste un point de friction majeur dans les négociations de paix israélo-palestiniennes.
Les sanctions européennes contre les colonies israéliennes, considérées illégales au regard du droit international par une majorité de la communauté internationale, ont pour but de freiner l’expansion des implantations et de soutenir une solution à deux États. Israël, pour sa part, rejette ces sanctions, les qualifiant d’iniques et d’hostiles. L’élargissement des mesures de rétorsion israéliennes à la France et à d’autres pays pourrait entraîner une escalade diplomatique, avec des risques de tensions accrues dans les relations bilatérales. Cette dynamique intervient dans un contexte régional déjà fragile, où la sécurité des civils israéliens est régulièrement menacée par des actes de violence et où la pression internationale s’intensifie sur la politique israélienne en Cisjordanie.
La décision d’Israël de répondre aux sanctions européennes par des mesures similaires à celles prises contre le Royaume-Uni marque une nouvelle étape dans la confrontation diplomatique autour de la question des colonies. Si Israël affirme défendre sa souveraineté et sa sécurité, ces actions risquent de compliquer davantage les efforts internationaux pour relancer un dialogue de paix. La situation reste donc tendue, avec des enjeux importants pour la stabilité régionale et les relations entre Israël et ses partenaires occidentaux.
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