L’antisémitisme me révolte et les antisémites me dégoûtent. Pourquoi ?

Il est évident que chacun d’entre nous a reçu une éducation et une instruction différentes, et a vécu ses propres expériences. C’est ce qui nous permet d’avoir des points de vue et des conceptions variés, ce qui crée une diversité que nous devons accueillir.

Je suis né en 1942, donc je n’ai pas connu la guerre, mais j’ai connu l’immédiat après-guerre, qui n’a pas été une période facile. Il faut se rappeler que jusqu’en 1949, les cartes de rationnement étaient encore en vigueur. Bien sûr, la vie était plus ou moins difficile selon son statut social. J’ai donc connu, pendant cette période, le problème des assiettes peu remplies, voire vides. Je ne l’ai jamais oublié et, depuis, je ne supporte pas l’injustice.

Ce n’est qu’au fil de mes lectures que j’ai progressivement découvert les horreurs de la guerre. J’ai été bouleversé d’apprendre ce qu’avait été la défaite écrasante de l’armée française, et c’est avec tristesse que j’ai pris conscience de l’occupation, de la résistance, de la collaboration, des dénonciations et des monstruosités commises par les nazis, avec, hélas, le concours et l’assistance du gouvernement de Vichy. Quand on est adolescent et qu’on découvre l’ampleur des atrocités commises pendant cette guerre et le niveau de bassesse atteint par un grand nombre d’hommes qui avaient abandonné toute humanité, c’est désespérant. Mais le comble de l’épouvante fut pour moi la révélation du système concentrationnaire et du génocide des juifs. Je reconnais que, compte tenu de mon jeune âge, cela dépassait mon entendement.

C’est en 1956, lors de la crise de Suez, que j’ai découvert l’existence de l’État d’Israël. Cela a été une révélation pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’est à ce moment-là que mon intérêt pour ce pays a commencé, et ensuite, j’ai réalisé, sans tout comprendre, ce que pouvait être la politique internationale. En effet, d’un côté, il y avait les Franco-Britanniques et les Israéliens, et de l’autre, l’Union soviétique et les pays arabes. Mais que le président Eisenhower ait cédé face aux Soviétiques alors qu’il n’a rien fait pour empêcher la révolte hongroise a été pour moi une incompréhension totale.

Dès 1956, je me suis intéressé à Israël, à son histoire et à son peuple. Au fil des années, mon intérêt n’a cessé de croître. Les Juifs qui vivaient en Palestine ont vu leurs territoires envahis et colonisés par divers conquérants, ce qui a entraîné la dispersion d’un grand nombre d’entre eux à travers le monde. La création de l’État d’Israël a mis fin au mythe du Juif errant. Il est tout à fait normal que les Juifs aient un État, mais il est regrettable que de nombreuses personnes leur dénient ce droit. C’est donc tout naturellement que je suis devenu sioniste après cette remise en cause du droit du peuple juif à avoir un État.

Aujourd’hui, je suis sidéré de constater la virulence de l’antisémitisme repeint aux couleurs de l’antisionisme. Nous sommes au XXIe siècle, et il est triste de constater que rien n’a changé depuis des millénaires. Tout au long des siècles, les différents peuples ont connu des crises et des guerres. Pour faire oublier à leur peuple leur incompétence et leurs malversations, tous les dirigeants de tous les pays et à toutes les époques ont dû trouver un bouc émissaire. Malheureusement, les Juifs ont toujours joué ce rôle, et cela continue avec une variante : l’antisémitisme étant désormais un délit, c’est l’antisionisme qui a pris le relais.

Mais soyons sérieux, l’antisionisme n’est que le faux-nez de l’antisémitisme, et les antisémites me révulsent.

J-C Court.
JForum.fr

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1 Commentaire
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Adam

Antisémitisme débridé en France favorisé par un président Macron trop complaisant et donc complice, qui a ajouté sa couche par ses propos incendiaires contre Israel et en reconnaissant la Palestine avant la libération des otages de Gaza.