Donc, pour un Erouv réalisé à la demande du Grand Rabbin de France et mis en place avec les conseils d’un expert Rabbin israélien reconnu dans le monde entier, le Grand Rabbin Moshe Lewin a été « licencié pour insubordination au Grand Rabbin de Paris ». Une trouvaille du nouveau président du Consistoire de Paris, qui a fait du zèle pour être largement à la hauteur des attentes placées en lui par le gérant aux 50 millions de déficit. Un bon chaouch.
En dehors de l’aberration de cette décision et du discrédit jeté sur l’institution, notamment au niveau de la Conférence des Rabbins Européens, on est en droit de s’interroger sur la méthode.
Droit du travail
Entretien préalable, lettre de licenciement, nous sommes dans le droit du Travail, avec néanmoins un problème. En effet, par souci d’économies ( !, quand il y a 50 millions de déficit cumulé en 20 ans, sans aucun plan de redressement, ni de mesures d’économies), le Consistoire a choisi de rattacher le statut des rabbins à celui des ministres du culte qui ne sont généralement pas considérés comme des salariés. De ce fait l’association cultuelle (l’employeur) n’a pas l’obligation de s’affilier au régime d’assurance chômage pour ces personnes. Ce qu’a fait le Consistoire impliquant l’absence de prestations de chômage puisque, par définition, ces personnes ne peuvent s’inscrire aux prestations versées France Travail.
Ministre du culte ou salarié: les deux, mon général!
Les ministres de culte ne sont pas liés par un contrat de travail, à la différence de tous les salariés et, pour eux, il n’y a pas de licenciement au sens du droit du travail . Pour ces cas, rares, on parle de révocation, de mise à l’écart ou de suspension du ministère
Il ne peut y avoir un licenciement que si la personne exerce une activité autre ( enseignant, administratif) avec un véritable contrat de travail. Dans ce cas le droit du travail s’applique. Les cas, rares, recensés, sont requalifiés en litiges religieux, pas en licenciements.
Mais dans le cas précis, le Rabbin a été reconnu comme un salarié, puisqu’il a été « licencié » en référence au droit du travail..Bien que salarié, il ne peut prétendre aux droits ouverts à tout salarié. Pourquoi? Parce que le Consistoire le considère comme un ministre du culte et n’a pas cotisé aux Assedic ! Il est à noter que l’absence de cotisation chômage par l’employeur, le Consistoire de Paris, est un problème majeur avec, par voie de conséquence, l’absence de droits auprès de France Travail ce qui est également un problème majeur pour le salarié et Rabbin.
Ministre du culte pour ne pas cotiser et salarié pour le « licencier » !
Une régularisation nécessaire pour tous les rabbins
Il est donc nécessaire de demander une régularisation par voie judiciaire des cotisations que l’employeur devra payer rétroactivement et ainsi ouvrir des droits restaurés. Nous sommes bien face à une anomalie juridique et à une situation irrégulière.
Le Consistoire qui voulait jouer sur les deux tableaux, ministre du culte et salarié, se retrouve complètement coincé, car il n’a même pas fait le minimum requis pour un ministre du culte, une commission de recours, etc…Il n’a pas non plus fait le minimum requis pour un salarié, cotiser aux Assedic. Le Consistoire va donc découvrir que les cotisations chômage sont obligatoires pour tous les rabbins avec un paiement rétroactif !
En plus de la dette déjà abyssale à l’URSSAF
Il serait souhaitable, qu’au vu d’une gestion aussi scabreuse des rabbins, les rabbins se regroupent pour demander la régularisation rétroactive de leurs cotisations Assedic, à moins qu’ils ne préfèrent se taire et attendre le jour où, pour une lubie quelconque, ils seront « licenciés » comme des salariés, sans avoir les droits des salariés. Car, au Consistoire les rabbins ne sont pas licenciés pour faute, au contraire, ils sont bien souvent promus, ce qui garantit leur totale docilité. Mais les Rabbins peuvent être « licenciés » pour une lubie ou pour dégager la voie à un candidat potentiel pour le poste de Grand Rabbin de France dont l’élection est prévue en 2028. Le Rabbin Moshe Lewin, qui avait défendu avec détermination la femme dans » l’affaire du Guett » de 90 000€ n’est manifestement pas le bon candidat pour une équipe aussi tordue. Il a été salement éliminé.
Qui a encore besoin d’un Consistoire comme celui-la ?
Une pétition circule et appelle à ne plus faire de dons au Consistoire. Les salaires de mars qui ont déjà été payés grâce à un prêt d’un généreux donateur ( combien de Cerfas) rappellent la situation de l’institution: trésorerie exsangue malgré la récente vente de la synagogue du Bourg Tibourg et gestion calamiteuse, ce que le Canard enchaîné avait à juste titre, qualifié de « faillite ». La responsabilité du Commissaire aux comptes, très silencieux en cette période suspecte, est problématique. Certains pensent que c’est le faux pas de trop. Espérons. Il est temps que cette institution bananière soit redressée. Ou abandonnée, mais pas aux mains de cette équipe. Qui a encore besoin du Consistoire?
D’Israël où je suis, tout cela semble pitoyable et grotesque, alors que l’avenir du peuple juif se joue ici où l’incertitude est pesante. A Paris, l’un des fondateurs du collectif Urgence Palestine est passé au Tribunal, mais les grandes institutions ne se sont pas portées partie civile. A pleurer.
Kol Touv! Israël oblige à prendre position et à la tenir
Chabbat Chalom. Evelyne Gougenheim
NDLR — Connaissez-vous l’ex-grand rabbin de Paris, Michel Gugenheim ?
Moi, non. Pourtant fidèle d’une synagogue consistoriale en région parisienne, je n’ai jamais vu ce rabbin dans ma communauté. Je ne sais pas ce qu’il a accompli en quatorze ans, sinon accompagner la décadence du Consistoire, la dégradation de la cacheroute, l’absence de formation de rabbins dignes de ce nom, la faillite du Talmud Torah, etc.
Bref, je ne sais pas ce qu’il a apporté à la communauté juive de Paris. Après quatorze années de mandat, que retiendra-t-on de son action, sinon un silence total ?
Face à cela, un rabbin – Grand Rabbin Moshe Lewin – essaie de faire avancer les choses et de permettre aux femmes ayant des enfants en bas âge de sortir de chez elles le chabbat afin de participer à la vie communautaire. Michel Gugenheim a saisi cette occasion pour l’attaquer avec des arguments malhonnêtes. Il est donc, à mes yeux, le visage de cette malhonnêteté.
C’est tout ce que je retiendrai de lui.
L’affaire du chantage allégué au divorce religieux
Le rabbin Moché Lewin, directeur exécutif de la Conférence des rabbins européens, propose d’« instaurer les mesures préconisées au Congrès de Berlin en novembre 2013, telles que la rédaction d’un contrat prénuptial ou des sanctions religieuses contre les maris récalcitrants. Mais le rabbin Gugenheim s’y oppose ». Ces solutions sont pourtant appliquées au Royaume-Uni, en Israël, au Canada mais aussi par l’ancien grand rabbin de France René Samuel Sirat.
Au printemps 2014 éclate en France une affaire concernant un divorce religieux. Dans la tradition juive, le divorce est soumis à l’autorisation du mari qui doit par un acte écrit, le guett, permettre le divorce. En l’absence de ce document, la femme, dite agounah, ne peut se remarier religieusement.
Le rabbin Michel Gugenheim est accusé d’avoir, avec le groupe de rabbins chargés du traitement des divorces au consistoire, servi d’intermédiaire à un mari demandant 90 000 euros (avec une promesse de reçu CERFA) à sa femme pour donner le guett. Dans un enregistrement effectué à son insu et rendu public, il demande à cette femme de revenir sur son témoignage effectué lors du divorce civil.
Ces faits causent un émoi dans la communauté juive française et la société française en général, le rabbin Gugenheim dénonce alors « une manipulation grossière visant à nuire à l’institution consistoriale ».
Ceci explique cela., sauf que cela reste une haine gratuite indigne d’un rabbin.
MCS JForum.Fr
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