Les mabouls s’adressent aux serviles de l’Algérie
En déplacement dans l’Ariège (09) à l’hôpital Lavelanet, lundi, le président Emmanuel Macron s’est fendu d’un commentaire sur «les mabouls» qui veulent «se fâcher avec l’Algérie». Il était alors agacé par les difficultés administratives que rencontrent les médecins possédant un diplôme étranger, notamment des Algériens, pour exercer en France.
Il y a des mots qui en disent long sur celui qui les prononce. « Mabouls », ainsi le président de la République a-t-il qualifié ceux qui, en France, osent s’indigner de la posture de capitulation permanente que leur pays adopte face à Alger. Un mot sorti de sa bouche avec désinvolture, dans un couloir d’hôpital, comme on chasse une mouche importune. Un mot dont l’étymologie ne laisse aucune place au hasard: « Maboul » vient de l’arabe mahbûl, fou.
Laissons donc parler ces « mabouls »
Tout commence en février 2017, en pleine campagne présidentielle. Le candidat Emmanuel Macron accorde une interview à une chaîne de télévision algérienne et qualifie la colonisation de « crime contre l’humanité ». C’est ainsi que débute, dans une génuflexion spectaculaire, ce qui deviendra une constante de son action : la servilité érigée en diplomatie.
On vit ensuite les émeutes du printemps 2020, les attentats islamistes, analysés et réinterprétés sous le prisme de la guerre d’Algérie et de ses « mémoires manipulées ». Une politique mémorielle à sens unique, cultivée avec obstination, dont le bilan, sept ans plus tard, éclate à la face de chacun.
Car voilà où nous en sommes. François-Xavier Bellamy l’a dit avec une précision chirurgicale : « Le régime algérien insulte la France en permanence, refuse de reprendre ses ressortissants illégaux, agresse ses opposants réfugiés sur notre sol, détient toujours en otage un journaliste français. »
Faute de courage pour être ferme avec Alger, le président préfère insulter les Français qui refusent de se renier. La faiblesse revendiquée au sommet de l’État, et pour parfaire le tableau, exprimée en arabe dans le texte. Comme pour s’assurer que le message soit bien reçu à la bonne adresse.
On nous dit que la raison commande la retenue, que les relations bilatérales sont complexes, que la géopolitique réclame de la nuance. Soit. Mais la nuance est une chose, l’abaissement en est une autre. Il ne s’agit pas ici de se fâcher avec l’Algérie pour le plaisir, ni de rouvrir des plaies que le temps commence à cicatriser. Il s’agit de dignité nationale. Il s’agit de savoir, lorsqu’un partenaire vous méprise publiquement, que vous n’avez pas à sourire et à quémander davantage.
Alors oui, nous sommes les mabouls. Les mabouls qui pensons que la France n’a pas à s’excuser d’exister. Que la mémoire mérite d’être traitée avec équité de part et d’autre de la Méditerranée. Que la dignité d’un État se mesure aussi à sa capacité à dire non quand son honneur l’exige. Nous sommes les mabouls. Nous en sommes fiers. Et nous avons encore toute notre tête.
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