Daesh a diffusé mardi une vidéo affirmant montrer l’exécution par un enfant d’un Arabe israélien accusé d’espionner pour le compte des services secrets israéliens.
A côté de l’enfant, un homme francophone menace de s’en prendre aux Israéliens après avoir évoqué la récente attaque ayant visé des juifs en France. Il pourrait s’agir du beau-frère de Mohamed Merah, comme l’indique le journaliste et spécialiste de Daesh David Thomson dans un tweet.
Cette vidéo avait été signalée un peu plus tôt par Romain Caillet, chercheur spécialiste de Daesh.
Sur la vidéo de plus de 10 minutes, on voit un homme présenté comme Muhammad Said Ismail Musallam vêtu d’une combinaison orange, ainsi que son passeport israélien. Il est ensuite abattu d’une balle dans la tête par le jeune garçon, habillé en treillis.
La vidéo se poursuit avec une liste de noms accompagnés de photos d’hommes présentés comme des espions d’Israël. En février, le père de Muhammad Said Ismail Musallam avait démenti à Reuters que son fils ait travaillé pour le Mossad, après la publication dans Dabiq, la revue en anglais de l’organisation de l’Etat islamique, d’un article présenté comme l’interview d’un jeune de 19 ans envoyé, selon les djihadistes, en Syrie par l’agence de renseignement israélien.
Selon Israpress, le père de ce dernier déclaré à la radio que son fils de 19 ans, a fait l’objet d’un « lavage de cerveau » lorsqu’il a décidé de rejoindre le groupe.
« Je ne sais pas comment ils ont opéré le lavage de cerveau, comment ils lui ont donné des pilules avant son vol [vers la Syrie], je ne sais pas ce qu’ils lui ont fait », a déclaré le père dans une interview à la radio de l’armée mercredi matin. « Il a dit qu’on lui a promis le paradis, des filles, des villas, de l’argent. Ils lui ont tout promis », a-t-il affirmé, ajoutant que la radicalisation de son fils est apparue soudainement et sans explication, et que la famille Musallam n’était impliquée dans aucune activité extrémiste.
« l’Etat islamique a capturé Musallem à la frontière turque alors qu’il essayait de revenir à la maison, parce qu’il a eu peur quand il a appris que sa mère était malade, et (EI) l’a mis en prison et ils l’ont frappé et obligé à faire des aveux et il a avoué qu’il travaillait pour les Israéliens parce qu’ils l’ont obligé à le faire. Mohammad n’a pas dit ça de lui-même. Toute personne honorable préfèrerait mourir plutôt que de prononcer ces mots. Mais ils ont poussé Mohammad à dire cela « , a dit son père.
Un responsable de la sécurité israélienne a confirmé que Musallam a rejoint la Syrie pour se battre pour l’Etat islamique en Octobre l’année dernière, selon le Jérusalem Post anglais.
Le ministre de la Défense, Moshé Yaalon, a indiqué que la victime n’avait aucun lien avec le Mossad.
L’Orient le Jour rapporte qu’en février dernier, le père de Muhammad Said Ismail Musallam avait démenti que son fils ait travaillé pour le Mossad, après la publication dans Dabiq, la revue en anglais de l’EI, d’un article présenté comme l’interview d’un jeune de 19 ans envoyé, selon les jihadistes, en Syrie par l’agence du renseignement israélien.
« Mon fils est innocent. ISIS (l’une des appellations de l’organisation Etat islamique, ndlr) l’accuse parce qu’il a essayé de s’enfuir », avait-il dit à l’AFP, sans contester que son fils avait interrompu son service civil israélien pour partir faire le jihad en Syrie.
A la suite de la diffusion de la vidéo mardi, le père du jeune homme exécuté a affirmé qu’il « ne savait rien ». « Des gens nous appellent, nous disent que l’État islamique a diffusé une vidéo dans laquelle Mohammed dit qu’il travaille pour le Shin Bet (service de sécurité intérieure, ndlr) isarélien. Ce n’est pas vrai; mon fils ne travaille pas pour le Shin Bet. L’EI dit cela pour terroriser le monde. » a-t-il ajouté.
« Il est mort, c’est un martyr. Mohamed n’était qu’un enfant, un bébé, il n’avait que 19 ans », a dit son père qui a souligné que son fils « n’était absolument pas pratiquant » et qu’il avait probablement été recruté à travers l’internet.
Un porte-parole du Shin Beth avait affirmé que le jeune homme était parti le 24 octobre pour la Turquie, d’où il était passé en Syrie, et que, selon les informations israéliennes, il avait rejoint l’EI. Mais « de sa propre initiative et à l’insu de ses parents », selon le porte-parole.
Les services de sécurité israéliens ont fait état ces derniers mois d’Arabes israéliens tués dans les rangs d’organisations jihadistes, et ont annoncé en janvier l’arrestation de sept Arabes israéliens accusés de planifier la création d’une cellule de l’EI en Israël.
Un pilier du groupe d’Artigat, en Ariège
Sabri Essid était un proche de Mohamed Merah, le tueur de Toulouse et de Montauban, abattu par le Raid dans l’assaut de son appartement en 2012. Il se présentait même comme le «demi-frère» de l’assassin au scooter, puisque son père avait épousé religieusement la mère de Merah. Sabri Essid a organisé l’enterrement de ce dernier en mars 2012. Il est ensuite resté en contact avec la famille de Mohamed Merah, notamment avec sa sulfureuse sœur Souad.
L’engagement d’Essid dans l’islamisme radical remonte au début des années 2000. Il est même l’un des piliers du groupe d’Artigat, du nom d’un village d’Ariège où réside Olivier Corel, un homme d’origine syrienne surnommé «le cheikh blanc» ou «l’émir blanc». Sabri Essid part une première fois pour la Syrie fin 2006 afin de rejoindre l’Irak. Arrêté à la frontière entre les deux pays en compagnie de Thomas Barnouin, un converti albigeois, il sera renvoyé en France et condamné en 2009 à quatre ans de prison.
En Syrie depuis un an
Après sa libération à l’automne 2010, il devient grutier à Toulouse. Surveillé par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Essid aurait donc pourtant réussi à rejoindre la Syrie voici un an. Aujourd’hui, il est probablement réapparu de la plus sinistre des manières, tout juste trois ans après le meurtre du militaire Imad Ben Ziaten, le 11 mars 2012, premier crime de la cavale sanguinaire de Merah.
Sources Jérusalem Post – Reuters – 20 MINUTES
Le loup Mérah et la meute Daesh
En mettant en scène, le beau-frère de Mohammed Merah et un des fils de Souad Merah qui assassine un arabo-palestinien accusé d’être un agent du Mossad et en diffusant la vidéo le jour anniversaire de l’attentat de Toulouse commis par Merah, Daesh joue la surenchère médiatique selon les spécialistes des mouvements djihadistes (et menace Israël et les Juifs NDLR)
Dans la dernière vidéo d’exécution diffusée ce mardi par l’organisation de l’Etat islamique (EI), le bourreau est un enfant. Un jeune garçon en treillis militaire qui abat un homme présenté comme un Palestinien engagé dans les renseignements israéliens -le Mossad- d’une balle dans la tête. Ce n’est pas la première fois que Daesh met des enfants soldats au cœur de son dispositif de propagande, comme d’autres organisations terroristes auparavant. (voir article JForum : « Le pseudo espion arabo-israélien » tué par un enfant sur l’ordre du beau-frère de Merah »)
Surenchère médiatique
C’est la deuxième vidéo d’exécution par un enfant, et la première en français. A la mi-janvier, l’organisation terroriste avait diffusé une vidéo intitulée «Découverte d’un ennemi intérieur» en anglais, dans laquelle un enfant abattait au pistolet deux prisonniers accusés de travailler pour les renseignements russes.
Les deux vidéos comportent de nombreuses similitudes mais la dernière est plus travaillée, tant sur la forme que sur le fond. Pour Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements djihadistes, ce n’est pas un hasard. «En faisant exécuter par un enfant un homme accusé d’être un espion du Mossad, l’un des services de renseignements les plus puissants du Moyen-Orient, l’organisation de l’Etat islamique a voulu frapper encore plus fort».
En outre, «comme toujours avec Daesh, il y a un message caché, plus important que le discours explicite», analyse-t-il. La vidéo a été publiée la veille du 11 mars, jour du premier assassinat de Mohamed Merah. Trois ans plus tôt, ce dernier faisait sa première victime, le militaire Imad Ibn Ziaten, à Montauban. Dans la vidéo de l’exécution, l’homme qui s’exprime en français à côté de l’enfant pourrait être Sabri Essid, le frère par alliance du tueur au scooter de Toulouse. Quant au garçon, il pourrait s’agir de l’un des fils de Souad Merah.
«La violence n’est jamais gratuite avec Daesh, elle est toujours accompagnée d’un message», insiste Wassim Nasr.
(NDLR) Dans cette vidéo, un jihadiste menace aussi en français de s’en prendre à Israël.
Vieille connaissance des services antiterroristes, figure de l’islamisme radical à Toulouse, Sabri Essid est soupçonné depuis avril 2014 d’avoir quitté la France pour la Syrie. Au printemps 2014, Souad Merah, soeur de Mohamed, avait également quitté la France pour la Syrie, vraisemblablement en famille.
Sabri Essid avait déjà été intercepté en décembre 2006 en Syrie, dans une maison connue pour abriter des membres d’el-Qaida en transit pour l’Irak. Renvoyé en France, il avait été condamné en 2009 à cinq ans de prison dont un avec sursis dans une affaire de filière jihadiste irakienne. Le père de Sabri Essid avait vécu avec la mère de Mohamed Merah.
Selon les estimations officielles, la France est l’un des principaux pays occidentaux dont sont originaires des jihadistes en Syrie, où 90 Français ont été tués au combat.)
Un «piège pour nous distraire des questions de fond»
«Les djihadistes détournent le trash made in Hollywood contre nous, en utilisant les codes des films d’horreur», estime le spécialiste de la propagande djihadiste Abdelasiem El Difraoui. En utilisant un enfant comme bourreau, l’organisation de l’Etat islamique poursuit cette escalade de la violence qui lui permet «d’occuper toujours plus d’espace médiatique». «Et nous tombons dans ce piège: nous sommes distraits des souffrances réelles des populations en Syrie et en Irak et nous restons dans l’inaction», déplore-t-il.
La construction d’un Etat guerrier
D’autres vidéos diffusées par Daesh montrent des enfants soldats en train de s’entraîner à faire le djihad. Un moyen de dire que «la relève est là et que l’organisation de l’Etat islamique, en construisant une société guerrière, s’inscrit dans un temps long», selon Wassim Nasr. La vidéo montrant deux enfants originaires de Strasbourg évoluant, fusil au bras, dans une rue de Raqqa, en Syrie, avait aussi pour but de véhiculer l’image d’un «semblant de stabilité» selon le journaliste.
Abdelasiem El Difraoui rappelle que d’autres organisations terroristes ont déjà diffusé des vidéos mettant en scène des enfants soldats, sans la même visibilité que Daesh, dont le dispositif de propagande est plus efficace. La preuve, «cette vidéo d’exécution par un enfant a reçu plus d’attention médiatique que toutes celles sur les enfants soldats dans les conflits en Afrique de l’Est», remarque le docteur en sciences politiques.
(NDL: cette surenchère médiatique révèle un autre message contenu dans la mise-en-scène de cette vidéo et le calendrier de sa diffusion : Daesh est déjà en guerre contre Israël et le peuple juif, et tout ceux qui s’y opposeraient sont explicitement menacés de mourir, comme cet arabo-israélien accusé de collaboration avec » l’ennemi sioniste ».) Daesh tente ainsi de fédérer la communauté arabo-musulmane autour du conflit israélo-palestinien et de rallier de nouvelles recrues dans le monde entier.
Quelques dizaines d’Arabes israéliens au sein de l’EI
L’AFP rapporte que le ministre Yaalon a également affirmé mercredi que plusieurs dizaines d’Arabes israéliens ont rejoint l’EI . « Quelques dizaines d’Arabes israéliens se sont enrôlés au sein de l’Etat islamique et sont partis se battre (en Syrie et en Irak), certains d’entre d’eux ont été tués, d’autres arrêtés à leur retour ou avant de partir, mais il ne s’agit pas d’un phénomène répandu parmi les Arabes israéliens », a affirmé le ministre à la radio publique. Il a estimé qu’il n’était « pas difficile » de diffuser les idées de l’EI « y compris en Israël, grâce à Internet ».
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