L’Europe prépare l’après-FINUL au Liban
L’Union européenne se prépare à jouer un rôle plus visible dans le dossier libanais. Selon un document interne transmis aux Vingt-Sept, Bruxelles travaille à un dispositif de soutien massif aux Forces de sécurité intérieure (FSI) afin de libérer l’armée libanaise d’une partie de ses missions internes. L’objectif affiché : permettre à l’institution militaire de se concentrer sur sa tâche la plus sensible et la plus controversée, le désarmement du Hezbollah, tel que prévu par la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Ce projet s’inscrit dans un contexte de cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hezbollah, conclu fin 2024 après plus d’un an d’affrontements le long de la frontière. Malgré l’accord, Israël poursuit des frappes ciblées sur le territoire libanais, justifiées par les tentatives de réarmement de la milice chiite pro-iranienne. À Bruxelles, on craint qu’un affaiblissement de l’armée libanaise, déjà sous forte pression économique et politique, ne laisse un vide sécuritaire dont le Hezbollah profiterait pour consolider sa position.
Concrètement, une mission d’évaluation européenne devrait se rendre au Liban au début de l’année 2026. Elle aura pour tâche de dresser un état des lieux des besoins des FSI et de la gendarmerie : formation, équipements, capacités de renseignement, moyens logistiques. L’UE envisage de financer des programmes de conseil, de formation spécialisée (lutte antiterroriste, maintien de l’ordre, police judiciaire) et d’appuyer la surveillance des frontières, notamment avec la Syrie, afin de limiter le trafic d’armes et les infiltrations.
Le document précise que l’Union ne se substituera pas à la FINUL, la force intérimaire des Nations unies déployée au sud du Liban depuis 1978. Le mandat de la FINUL doit toutefois expirer fin 2026, avant une phase de retrait progressif. Le Secrétaire général de l’ONU doit présenter en juin 2026 un plan de transition détaillant les risques liés à ce départ. L’idée européenne est d’anticiper ce moment en renforçant dès maintenant les acteurs libanais chargés de la sécurité intérieure, afin que l’armée puisse reprendre le contrôle de la zone frontalière et appliquer, au moins partiellement, les dispositions de la résolution 1701, longtemps restées lettre morte.
Paris joue dans ce dossier un rôle particulier. L’envoyé spécial du président Emmanuel Macron, Jean-Yves Le Drian, s’est récemment rendu à Beyrouth pour proposer un mécanisme indépendant d’évaluation du désarmement du Hezbollah, qui viendrait compléter les initiatives européennes. De son côté, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a exprimé son souhait de voir se mettre en place un dispositif de surveillance du cessez-le-feu plus robuste, capable de vérifier à la fois les accusations israéliennes de réarmement du Hezbollah et les opérations de l’armée libanaise visant à démanteler l’infrastructure militaire de l’organisation. Il s’est même déclaré ouvert à la présence d’équipes américaines et françaises dans ce cadre de vérification.
Pour l’Union, l’enjeu dépasse le seul front israélo-libanais. La stabilité du Liban conditionne en partie la sécurité de la Méditerranée orientale et le contrôle des flux migratoires vers l’Europe. Depuis des années, Bruxelles finance déjà des programmes de réforme du secteur de la sécurité et d’appui à l’État de droit. La nouveauté réside dans l’articulation explicite de ce soutien avec l’objectif de désarmement d’une milice désignée comme organisation terroriste par plusieurs États membres. Reste à savoir si les responsables libanais auront la capacité – et la volonté politique – d’assumer une confrontation graduelle avec le Hezbollah, alors que le pays demeure traversé par de profondes divisions internes et une crise économique sans précédent.
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Il n’y a pas encore assez de bordel ? Il faut que l’Europe vienne y mettre son nez? L’Europe qui n’est même pas capable de sécuriser ses propres frontières! C’est qui l’Europe ?