L’ex-mannequin de Tel-Aviv replonge dans la délinquance

Pendant des années, son visage a souri depuis des panneaux publicitaires et des campagnes de mode. Aujourd’hui, c’est menotté, encadré par des policiers, que le public découvre à nouveau Paul Pesker, 41 ans, ancien mannequin de Rishon LeZion, désormais au cœur d’un dossier de cambriolages qui fait frissonner les clients d’hôtels à Tel-Aviv.

Selon la police, tout commence dans la nuit du 8 novembre 2025. Une femme qui loge dans un hôtel de la rue Bograshov se réveille et découvre un inconnu dans sa chambre. Terrifiée, elle raconte avoir immédiatement pensé à une agression sexuelle imminente. Ses cris alertent le personnel, qui appelle la police. Le temps que les agents arrivent, l’intrus a déjà disparu, prenant la fuite par le balcon.

Quelques minutes plus tard, alors que les forces de l’ordre sont encore sur place, une nouvelle alerte tombe : un autre hôtel, cette fois rue Hayarkon, signale un homme qui se serait introduit dans une chambre pendant que les occupants dormaient. Là encore, le suspect prend la fuite dès qu’il se rend compte que les clients sont éveillés. Dans les deux cas, la peur laisse une empreinte tenace : pour les victimes, l’idée d’un étranger au pied de leur lit en pleine nuit est plus marquante encore que le risque de vol lui-même.

Les enquêteurs de la station « Lev Tel-Aviv » lancent alors une filature discrète. Au fil des heures, un détail s’impose : un scooter électrique, repéré près des hôtels visés. Le véhicule est finalement retrouvé et examiné. D’après la police, des empreintes digitales y sont relevées et orientent l’enquête vers un suspect bien connu de leurs services. Sur l’une des scènes, une carte d’identité est également découverte. Lorsque les agents interpellent un homme dans le centre de Tel-Aviv, ils affirment trouver sur lui deux téléphones portables soupçonnés d’être volés.

Le nom tombe : Paul Pesker, ex-mannequin, devenu au fil des années une figure récurrente des chroniques judiciaires. Présenté à un juge, il voit sa détention prolongée de plusieurs jours au motif de la dangerosité que lui attribue la police, qui souligne qu’il serait entré dans des chambres alors que les clients dormaient. L’intéressé, lui, nie catégoriquement les faits et rejette toutes les accusations. Sa défense met en avant l’absence de plainte formelle de certaines victimes, le manque d’images de vidéosurveillance utilisables et conteste la solidité des éléments matériels, rappelant qu’il bénéficie de la présomption d’innocence.

Ce dossier ne surgit pas de nulle part. Quelques mois plus tôt, au printemps 2025, Pesker avait déjà été arrêté, soupçonné d’avoir orchestré un vol à main armée contre le propriétaire d’une boîte de nuit de Tel-Aviv. Les enquêteurs le présentaient alors comme le cerveau d’un braquage particulièrement violent, mené au domicile de la victime, rue Dizengoff. Selon l’enquête, deux complices auraient sonné chez le patron du club en se faisant passer pour des livreurs de repas, avant de le frapper, de l’asperger de gaz poivre et de le menacer avec une arme pour l’obliger à ouvrir un coffre-fort contenant 200 000 shekels en liquide. L’homme aurait été battu, ligoté puis laissé au sol, tandis que Pesker aurait surveillé la scène à distance. Là encore, il avait rejeté les accusations.

Le grand public avait découvert l’envers du décor de sa vie en 2021, dans l’émission « Imposters », qui avait révélé un personnage bien différent du mannequin souriant des magazines. L’émission dressait le portrait d’un homme accumulant les dettes, fréquentant des milieux criminels et menant une double vie, allant jusqu’à se présenter à sa compagne comme agent de renseignement et homme d’affaires international, alors qu’il partageait sa vie avec une autre femme. Son nom avait aussi été associé à celui de Neta Danino, une personnalité de téléréalité israélienne, dont il est l’ex-mari et le père des enfants.

Aujourd’hui, c’est moins son passé glamour que son casier judiciaire qui intéresse les autorités. La police évoque un « lourd antécédent » en matière d’atteintes aux biens et rappelle qu’il est déjà sous le coup d’une peine avec sursis. Pour les enquêteurs, le fait qu’il soit suspecté d’être entré dans des chambres occupées renforce l’impression de danger, même si aucune agression sexuelle n’a été signalée. Pour la défense, au contraire, rien ne permet à ce stade de transformer les soupçons en certitudes.

Il appartiendra désormais aux magistrats de peser ces éléments contradictoires. En attendant, l’affaire nourrit une fascination trouble : celle d’un parcours où l’on passe des podiums aux salles d’audience, et où l’image du « beau gosse » de la mode se brouille derrière celle d’un homme aux vies multiples, coincé entre dettes, mensonges et mises en cause pénales répétées. Jusqu’à nouvel ordre, Paul Pesker reste un suspect, pas un condamné. L’enquête, elle, ne fait que commencer.

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