(FILES) In this file photo taken on August 2, 2022, Aymeric Caron, member of parliament of French leftist La France Insoumise (LFI) party and member of left-wing coalition NUPES (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale - New People's Ecologic and Social Union) speaks during a session of questions to the government at The National Assembly in Paris. - A bid to ban bullfighting in France was abandoned on November 24, 2022, after a bill that would have made the blood sport illegal was withdrawn by the campaigning left-wing French MP Aymeric Caron, the lawmaker behind the bill, as he blamed "obstruction" from fellow lawmakers who filed more than 500 amendments to his draft legislation, which prevented a vote in the national assembly. (Photo by Alain JOCARD / AFP)

Même LFI ne veut plus d’Aymeric Caron

Même au sein de La France insoumise, l’heure n’est plus à faire bloc derrière Aymeric Caron. Le député de la 18ᵉ circonscription de Paris a annoncé que ni lui ni son micro-parti, Révolution écologique pour le vivant (REV), ne figureront sur les listes estampillées LFI aux municipales parisiennes. Les deux formations, pourtant alliées à l’Assemblée nationale, partiront séparément dans la capitale, au moins dans le 18ᵉ arrondissement.

L’épisode est d’autant plus frappant que c’est précisément dans cet arrondissement populaire du nord de Paris, comprenant notamment Barbès et la Goutte-d’Or, qu’Aymeric Caron a conquis son siège de député en 2022, sous l’étiquette Nupes-LFI. Ancien journaliste de télévision, militant de l’écologie radicale et de la cause antispéciste, il a fondé en 2018 son propre parti, REV, avant de s’allier à Jean-Luc Mélenchon pour les scrutins de 2022. Son ancrage dans le 18ᵉ et son image de figure médiatique en faisaient un candidat naturel à la tête d’une liste d’union.

C’est pourtant là que la négociation a buté. Selon les explications du député, des discussions avaient été engagées pour reconduire, en version municipale, l’accord de 2020 entre LFI et REV. Le parti écologiste souhaitait obtenir la tête de liste dans le 18ᵉ arrondissement, logique au regard du fait que Caron y est élu. Mais les conditions posées par LFI auraient rendu, selon lui, l’accord « impossible » : REV n’aurait ni la liberté de conduire la campagne comme elle l’entend, ni la main sur la composition de la liste.

Conséquence : REV présentera sa propre liste autonome dans le 18ᵉ, face à celle soutenue par La France insoumise. LFI a choisi d’investir la députée Danièle Obono dans cet arrondissement stratégique, pendant que Sophia Chikirou mène la bataille pour la mairie de Paris. Quant à Aymeric Caron lui-même, longtemps pressenti, il indique qu’« a priori » il ne sera pas tête de liste, laissant planer le doute sur la place qu’il occupera dans la campagne locale.

Derrière ce désaccord technique se dessinent des lignes de fracture plus profondes. REV se positionne comme un parti d’écologie radicale, très marqué sur la défense de la cause animale et la critique de la « politique traditionnelle ». Caron, qui milite également vigoureusement sur la question palestinienne, a accumulé polémiques et tensions ces dernières années, y compris à gauche. Sa visibilité médiatique et son style frontal séduisent une partie de l’électorat militant, mais crispent aussi certains partenaires, soucieux de construire des listes plus larges en vue des municipales de 2026.

Pour LFI, la priorité semble être de verrouiller ses bastions parisiens avec des figures jugées plus emblématiques du mouvement insoumis. Dans le 18ᵉ, Jean-Luc Mélenchon a réalisé des scores très élevés à la présidentielle de 2022, ce qui explique l’investissement massif de la direction du mouvement dans cet arrondissement. L’émergence d’une liste concurrente issue du camp écologiste radical ajoute toutefois un risque de dispersion des voix, au moment où l’ensemble de la gauche tente déjà de gérer les tensions internes du Nouveau Front populaire.

Ce n’est pas la première fois que LFI connaît des remous locaux : d’autres élus insoumis ont récemment été désavoués ou contestés dans leurs fiefs municipaux, révélant la difficulté pour le mouvement de transformer son poids national en réseaux solides sur le terrain. L’épisode Caron s’inscrit dans cette série de conflits d’ego, de désaccords stratégiques et de divergences programmatiques.

Au-delà des personnes, cette rupture à Paris illustre le défi récurrent de la gauche radicale : concilier des sensibilités diverses – écologiste radicale, antispéciste, sociale, antiraciste – sans éclater en micro-formations rivales. LFI, de son côté, entend rester la colonne vertébrale de l’opposition à gauche, quitte à prendre le risque d’éloigner certains alliés turbulents. Les électeurs du 18ᵉ arrondissement auront, eux, le dernier mot : ils devront choisir entre plusieurs listes qui se réclament toutes du camp du progrès, mais ne parviennent plus à marcher ensemble.

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Alain Bamps

LFI ne veut plus de Caron et la majorité des Français ne veut pas de LFI 😉

KIGEM

COMMENT INTERPRÉTER LE REJET DU SINISTRE CARON PAR PIRE QUE LUI QU EST LFI?
REPONSE PLAUSIBLE : C EST QUE DEUX DÉCHETS NE SE DÉCOMPOSENT PAS DE LA MÊME MANIÈRE NI À LA MÊME VITESSE.