Le stress et l’anxiété sont des compagnons indésirables qui ont trouvé leur chemin dans de nombreux foyers israéliens ces dernières semaines, alors que la nation est plongée dans un climat de guerre.

Une conséquence inattendue de cette situation tendue est la montée en flèche de la demande de médicaments psychiatriques et de sédatifs. Cette augmentation, qui atteint jusqu’à 30 %, ne résulte pas seulement d’une augmentation de la consommation de médicaments, mais aussi de la peur de la pénurie.

Selon David Pepo, président de l’Association des Pharmaciens, la demande croissante n’est pas liée à une utilisation accrue de médicaments nécessitant une ordonnance, mais à une augmentation significative du nombre de patients ayant besoin de ces ordonnances. Il est à noter que la crainte de la pénurie est alimentée par plusieurs facteurs, notamment les perturbations douanières, la réduction des vols (la plupart des médicaments sont acheminés par voie aérienne), et les problèmes bureaucratiques au sein du ministère de la Santé.

Sharon Almakais, directrice du service de pharmacie du Fonds hospitalier de Meuhédat, a constaté une augmentation de la demande de l’ordre de 30 % au cours des deux dernières semaines. Elle souligne que cette hausse n’est pas seulement due à une augmentation de la consommation de médicaments, mais aussi à une réaction similaire à celle qui pousse les gens à stocker de l’eau et à envahir les rayons des supermarchés en temps de crise.

Il est essentiel de noter que, malgré cette demande accrue, il n’y a actuellement pas de pénurie de médicaments psychiatriques. Les patients ont accès à leurs médicaments, et il n’est donc pas nécessaire de les stocker inutilement à la maison. Cependant, une augmentation notable est observée dans la consommation de médicaments en vente libre, tels que les sédatifs pour l’anxiété, la dépression, et les troubles du sommeil. Les Israéliens, sous l’influence de l’anxiété liée à la guerre, cherchent à apaiser leur esprit agité, et cela se reflète dans leurs achats de médicaments.

Il est intéressant de noter que le manque de sommeil, qui affecte de nombreux Israéliens en cette période, n’est pas uniquement lié à l’anxiété, mais également à l’augmentation de l’exposition aux écrans. Les informations en temps réel et les nouvelles sur la situation tendue exercent une pression constante sur le mental de la population, ce qui rend le sommeil difficile à trouver pour beaucoup.

Le Dr. Zvi Fishel, président du Conseil national de la santé mentale, explique qu’il y a un certain nombre de nouveaux patients qui consultent actuellement pour des problèmes liés à la guerre. La phase aiguë de la réaction au traumatisme, connue sous le nom de « réaction aiguë de stress », se manifeste par des symptômes d’anxiété et des troubles du sommeil, ce qui explique l’augmentation des ventes de sédatifs.

Le Dr. Gilad Bodenheimer, directeur du département de santé mentale du ministère de la Santé, souligne que la situation n’est pas exclusivement psychiatrique, mais plutôt mentale. Il insiste sur le fait qu’il n’y a aucune intention de promouvoir l’utilisation de médicaments psychiatriques à grande échelle. Cependant, il admet que des solutions sont nécessaires pour répondre aux besoins sans précédent en matière de santé mentale.

En ce qui concerne l’avenir, Bodenheimer préconise de renforcer le système de santé mentale, de renforcer les communautés, et d’élargir les services médicaux de première ligne. Il souligne l’importance de la routine comme facteur de protection et encourage les personnes à reprendre le travail si possible, car l’action est un moyen efficace de faire face à l’anxiété et au stress.

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