Les tensions tribales en Syrie pourraient bénéficier du soutien de l’Iran et de la Turquie contre les États-Unis
La Syrie, théâtre d’une complexe mosaïque d’acteurs régionaux et internationaux, voit se profiler une nouvelle source de tensions avec l’émergence de combattants tribaux opposés aux Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les États-Unis. Les médias d’État turcs et le journal pro-iranien Al-Mayadeen ont récemment mis en lumière cette dynamique, révélant ainsi l’opposition commune de la Turquie et de l’Iran au rôle américain en Syrie.
Les Tribus contre les FDS
Depuis plusieurs mois, les tensions s’accentuent dans les régions de l’est de l’Euphrate, où les tribus locales se trouvent sous l’autorité des FDS, une alliance dominée par les Kurdes et soutenue par les États-Unis. Les groupes pro-turcs et pro-iraniens semblent encourager ces tribus à résister aux FDS, cherchant ainsi à réduire l’influence américaine en Syrie.
L’Iran, soutien indéfectible du régime syrien, dispose également de ses propres mandataires à l’ouest de l’Euphrate. Parallèlement, la Turquie apporte son soutien aux factions rebelles syriennes, des groupes qu’elle a armés dans le passé pour lutter contre les FDS. Toutefois, ce qui unit ces deux puissances régionales, l’Iran et la Turquie, c’est leur hostilité commune envers la présence américaine en Syrie.
Les Actions des Tribus
Selon les informations d’Al-Maaydeen, des combattants tribaux arabes ont lancé des attaques contre les positions des FDS dans la ville de Dhiban, dans la campagne orientale de Deir ez-Zor. Le cheikh de la tribu Al-Aqidat, Ibrahim Al-Hafil, a annoncé le début d’une nouvelle bataille contre les organisations soutenues par les États-Unis. La Turquie, de son côté, qualifie les FDS de « terroristes » et prétend que les tribus locales sont « opprimées » par ces forces.
La Signification de la Vallée de l’Euphrate
La région de la moyenne vallée de l’Euphrate (MERV) revêt une grande importance stratégique. Historiquement, les tribus cherchaient à y préserver une certaine autonomie dans leurs affaires. Dans les années 1980, certains habitants de cette région se sentaient davantage liés à l’Irak et au régime de Saddam Hussein qu’à celui du président syrien, Hafez al-Assad.
Après l’invasion américaine de l’Irak, la vallée de l’Euphrate est devenue un passage pour les combattants et les armes destinés à soutenir l’insurrection en Irak. Après 2013, l’État islamique s’est implanté dans la région, recrutant certaines tribus et en massacrant d’autres.
Un Conflit d’influence
Les FDS, soutenues par les États-Unis, ont réussi à vaincre l’État islamique sur une rive de l’Euphrate, tandis que les milices soutenues par l’Iran ont pris le contrôle de la rive ouest. L’Iran a alors commencé à déplacer des armes depuis l’Irak vers la vallée pour soutenir le Hezbollah au Liban.
La Turquie, qui soutient les groupes arabes sunnites en Syrie et cherche à étendre son influence parmi les tribus, tente également de jouer un rôle dans cette région. Cette situation crée des défis considérables pour les FDS et les forces américaines dans la région, alors que les tensions tribales se mêlent à une géopolitique complexe au cœur de la Syrie. Les développements futurs dans cette région restent incertains et continueront de nécessiter une attention internationale.
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