GÉNOCIDE DES TUTSI – “Le facteur extérieur, c’est la France”. Ce dimanche 7 avril, le triste sort de près d’un million de Tutsi assassinés au printemps 1994 a été commémoré à Kigali comme à Paris.

Dans la capitale française, où des milliers de Rwandais s’étaient réfugiés avant ou après le génocide, un cortège de rescapés et autres membres de la diaspora a marché du Jardin du Luxembourg jusqu’au parc de Choisy. Sur place, une délégation d’officiels et d’élus a dû faire face à des discours et témoignages à la saveur parfois politique.

Au cours des derniers jours, l’absence annoncée d’Emmanuel Macron aux cérémonies officielles dans la capitale rwandaise, ainsi que l’ouverture d’une commission d’enquête excluant les plus éminents spécialistes du Rwanda, ont déçu de nombreux militants, associations et personnalités qui réclament depuis des années plus de transparence sur le rôle de la France pendant et avant la tragédie.

“Après vingt-cinq ans, il est désormais temps d’effectuer des pas décisifs pour la vérité et la justice”, ont notamment réclamé 300 signataires d’une lettre ouverte publiée par Le Temps.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, plusieurs Rwandais que nous avons rencontrés ont marché à la fois pour la mémoire des leurs et la vérité.

“C’est seulement par la suite qu’on commence à comprendre la violence de ce qui s’est passé, le mécanisme du génocide, les facteurs extérieurs…”, explique, avec le recul, Olivier, un père de famille franco-rwandais qui a vécu le génocide depuis Paris, avant de lâcher à notre micro : “Et les facteurs extérieurs, c’est la France. Le pays où j’ai grandi est lié de près au génocide. Ça interroge”.

Une partie de la démarche de commémoration, c’est venir en soutien aux rescapés et demander justice.Olivier, Franco-Rwandais

Si tous ont salué la décision d’Emmanuel Macron de faire du 7 avril une “journée de commémoration du génocide des Tutsi”, les messages plus ou moins subliminaux en faveur d’une plus grande transparence de l’État français ont rythmé la commémoration.

“Celui qui ne dit pas la vérité piège tout le monde. Et ce piège, nous devons le défaire, nous serions irresponsables de le laisser à nos enfants”, a déclaré Marcel Kabanda, président de l’association Ibuka, organisatrice de l’événement et reçue vendredi à l’Élysée.

Quelques minutes plus tard, un rescapé, après un long et bouleversant témoignage, a jeté un pavé dans la mare en révélant le rejet de sa demande de naturalisation pour “manque de loyalisme”, le tout face au ministre de l’Économie Bruno Le Maire, seul représentant du gouvernement.

Cela pose le problème du malaise de certains politiques français face à cette histoire”, a ensuite expliqué sur Twitter Alain Ngirinshuti, dont vous vous pouvez retrouver le témoignage dans notre vidéo ci-dessous.

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alexandra

C’est dégueulasse et même monstrueux. On naturalise par milliers des individus qui parlent à peine le français et n’ont aucun respect pour les valeurs et la culture française mais on refuse la naturalisation à un survivant du génocide des tutsis cultivé et bien intégré, parlant notre langue à la perfection.
J’ai honte de ce pays qui prétend donner des leçons d’humanisme au monde entier !

Eric

Nous savons tous que la France et la Belgique sont responsables de ce génocide mais les français ont poussé le vice jusqu’à engager une « opérations humanitaire turquoise » pour protéger les genocideurs. Cette racaille après vient donner des leçons a Israël et malheureusement Israël ne leur répond pas. Que font les israéliens pour aller filmer sur les théâtres militaires français en caméra cachée histoire d’avoir des munitions au cas où la France voudrait aller trop loin. Une petite fuite ds les médias et c’est réglé

hervé

Dire que les médias et politiques français reprochent à Ariel Sharon, le massacre de 1500 « palestiniens » au liban, commis par des Chrétiens. Pourtant personne ne dit mot contre l’holocauste des Tutsis dont HUIT CENT MILLE ont été massacrés en présence d’un contingent de soldats français qui, si ils n’ont pas participé était spectateurs, il faut le rappeler. Il faut aussi se souvenir que le dégueulasse védrine à l’époque ministre, a fait livrer 50.OOO piolets aux hutus. Ces derniers auraient-ils prétendus faire de l’alpinisme?