Le 14 mai 1948, c’est la proclamation de l’Etat d’Israël. Le soixante-dizième anniversaire intervient dans un climat de tension avec la Syrie et le Liban, et surtout avec l’Iran.

Étonnant anniversaire. L’État d’Israël fête les soixante-dix ans de son existence avec le sentiment d’être plus puissant qu’il ne l’a jamais été, alors que son gouvernement entretient dans le même temps l’idée que la menace nucléaire iranienne est devenue pour le pays une question de vie ou de mort. Autant dire que la nouvelle politique américaine, en déchirant l’accord avec l’Iran, constitue une sorte de «cadeau d’anniversaire» aux yeux du Premier ministre Benyamin Netanyahu.

Mieux encore : les Etats-Unis transfèrent aujourd’hui leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, manière d’indiquer au monde que désormais la Ville Sainte est bel et bien la capitale de l’Etat hébreu – un «sacrilège» qui suscite en retour la colère des musulmans.

Ce double geste de l’allié américain est vécu ici comme un encouragement à plus de fermeté. Il est aussi le signe que, décidément, tout a changé dans cette région.

Un projet : l’utopie

Lorsque, le 14 mai 1948, David Ben Gourion, président du Conseil national juif, petit homme de forte conviction à la chevelure blanche, annonce solennellement la création de l’Etat d’Israël, avec la bénédiction de la plupart des démocraties occidentales et de l’Union soviétique, il est déjà sur le pied de guerre. Il sait parfaitement que les pays arabes, qui encerclent le petit Etat, vont aussitôt se ruer sur lui. Il peut cependant compter sur la détermination de tous ces émigrés juifs qui arrivent sur leur Terre promise, mais aussi sur tous les groupes armés rompus au combat et aux coups de main, comme la «Haganah» qu’il unifie en créant, dès le 24 mai, «Tsahal», l’armée d’«une nation en armes».

Car la force du jeune Israël réside dans ce lien entre l’armée et le peuple, qui autorise bien des sacrifices. La survie est à ce prix : une tâche qui incombe à tous ces «paysans-soldats», victorieux de guerre en guerre, mais, dès l’origine, galvanisés par le projet de construire ici une patrie doublée d’une utopie, celle du sionisme et du socialisme.

Du kibboutz à la start-up

Pourtant l’Israël d’aujourd’hui n’est plus celui des kibboutz collectivistes. La gauche israélienne qui en était l’ardente propagandiste, s’est réduite comme peau de chagrin sous la pression des guerres, du terrorisme, et de l’explosion démographique. Pour la société israélienne, cette gauche n’a pas réussi la paix – c’est ainsi que la droite et les partis religieux dominent désormais la vie politique, marquée par l’obsession sécuritaire d’un Israël fort, la protection des populations, et la fin d’une solution à deux Etats. Voilà pourquoi, dans le paysage politique du pays, Benyamin Netanyahu, malgré quelques «affaires» révélées par la presse, demeure pour l’instant l’indéboulonnable Premier ministre.

D’autant plus que l’économie va bien (un PIB de 37300 dollars par habitant, supérieur à celui de la France), que le high-tech multiplie les start-up, que la recherche et l’innovation mobilisent la jeunesse, et que le chômage ne concerne que 4 % de la population.

Seule ombre au tableau : le social, le logement, le pouvoir d’achat, et notamment la précarité qui frappe une part toujours plus importante des Israéliens.

La paix en suspension

Enfin, comment oublier cette absence de paix qui persiste depuis la création de l’Etat juif ? Certes, les anciens ennemis que furent l’Egypte et la Jordanie ont établi des relations de paix avec Israël. Certes, des «convergences» apparaissent avec l’Arabie saoudite face à «l’expansionnisme» de l’Iran.

Mais, demain, 15 mai, les Palestiniens vont commémorer la «Naqba» – la «catastrophe» .

ladepeche.fr

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