VIDÉO. Selon une ex-assistante parlementaire, certaines collaboratrices se méfiaient du comportement de certains hommes, placés sur une « blacklist ».
Source : Le Point
C’est un témoignage qui en dit long sur le ressenti des femmes dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Une ancienne attachée parlementaire, Marine Tondelier, 31 ans, élue Europe Écologie-Les Verts à Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, a dévoilé dans l’émission de France 2 19 h le dimanche, l’existence d’une liste noire de députés avec lesquels il fallait éviter de se retrouver seule. « Il y a des noms de parlementaires qui circulaient entre collaboratrices, car on savait qu’il ne fallait pas prendre l’ascenseur avec eux. Il y avait un risque qu’ils vous collent une main aux fesses », affirme l’ex-assistante parlementaire de Cécile Duflot avant d’enchaîner : « Il y avait une blacklist des mecs avec qui il ne fallait pas trop prendre de risques. »
L’ivresse du pouvoir
Selon Marine Tondelier, pour une femme, le quotidien à l’Assemblée est marqué par de très nombreuses réflexions sexistes : « Tous les jours, vous avez des remarques sur votre tenue vestimentaire, le maquillage que vous portez, sur le fait que vous êtes bien sympathique… » précise l’élue. Selon elle, « c’est une violence sexuelle ». « C’est un rapport de domination pouvant être exacerbé par la politique, qui est aussi un rapport de séduction. Certains députés ont l’ivresse du pouvoir. D’avoir été élu donne plein de fougue. Et quand on est loin de son domicile pendant trois jours, monter à Paris, c’est un peu la fête dans la tête, genre ambiance colonie de vacances. Mais je n’ai pas envie de chercher d’excuses, de raisons. Il n’y a pas d’excuses à ce genre de comportements, surtout quand on écrit la loi », explique l’élue, qui espère que, maintenant que les langues se délient, les mentalités et les comportements vont changer.
Une ancienne attachée parlementaire évoque la "blacklist de mecs avec qui il ne fallait pas trop prendre de risques"https://t.co/cQPWfuvKlT pic.twitter.com/hptluwanYj
— franceinfo plus (@franceinfoplus) October 23, 2017
Un témoignage dévoilé seulement quelques jours après qu’une ex-assistante parlementaire a porté plainte contre le député LREM Christophe Arend pour harcèlement et agression sexuelle. Les propos de Marine Tondelier, ne sont pas non plus sans rappeler l’affaire Denis Baupin, ex-député EELV, accusé en 2016 par huit femmes, dont quatre élues écologistes, de harcèlement et d’agression sexuelle. Le dossier a depuis été classé sans suite, les faits étant prescrits. Depuis les révélations fracassantes sur Harvey Weinstein et les multiples témoignages publiés avec le hashtag #Balancetonporc, les langues se délient sur les relations hommes-femmes dans le cadre professionnel : l’Assemblée ne semble pas échapper à la règle.
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