Dans la matinée, les chasseurs-bombardiers de l’armée de l’air turque ont à nouveau décollé de leur base de Diyarbakir (sud-est) pour continuer de bombarder des positions jihadistes dans le nord du territoire syrien.
Réagissant à ces bombardements, l’Iran a demandé le respect de la « souveraineté nationale » des Etats dans la lutte contre le terrorisme. La porte-parole des Affaires étrangères, Marzieh Afkham, a répondu que « toute lutte contre le terrorisme doit se faire dans le respect des règles internationales et dans le respect de la souveraineté nationale des Etats ». « Toute action qui aboutit à l’affaiblissement des gouvernements nationaux peut, dans les faits, encourager les groupes terroristes à accomplir leurs actions criminelles », a-t-elle dit. Mme Afkham a ajouté que l’Iran accueillait favorablement « la coopération internationale pour lutter contre le terrorisme ». Elle semble faire allusion au fait que la Turquie n’avait pas coordonné son intervention en Syrie avec le régime Assad.

Après une première série de raids dans la nuit de vendredi à samedi, les F-16 turcs ont également repris la direction du nord de l’Irak pour attaquer les bases arrière du PKK dans les monts Kandil. « Des opérations aériennes et terrestres sont actuellement en cours », a annoncé à la mi-journée le Premier ministre Ahmet Davutoglu devant la presse. « Elles ne sont pas limitées et continueront tant qu’une menace existe contre la Turquie », a-t-il ajouté, « personne ne doit douter de notre détermination ».

Le drapeau du PKK
Les frappes contre les jihadistes marquent un tournant dans la politique syrienne du régime islamo-conservateur turc, longtemps accusé par ses alliés de fermer les yeux sur les activités des organisations radicales en guerre contre le régime de Damas. Celles qui ont visé les rebelles kurdes, les plus importantes déclenchées contre eux depuis quatre ans, risquent de faire voler en éclats les négociations engagées en 2012 par Recep Tayyip Erdogan, l’actuel président turc, pour mettre un terme à une rébellion qui a fait 40.000 morts depuis 1984. Le PKK a décrété en 2013 un fragile cessez-le-feu, mais les discussions avec le gouvernement n’ont pas abouti.
Les autorités kurdes d’Irak ont condamné ce samedi les raids de l’armée turque contre des positions des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sur leur territoire, selon un communiqué.
Le président de cette région autonome du nord de l’Irak Massoud Barzani a appelé le Premier ministre turc Ahmed Davutoglu pour lui exprimer son « mécontentement quant à la dangerosité de la situation », selon le communiqué.
Les rebelles du PKK ont jugé de leur côté que les conditions du cessez-le-feu décrété en 2013 n’existaient plus après les frappes aériennes turques de la nuit, qualifiées d' »agression » :
« Les conditions de maintien du cessez-le-feu ont été rompues […]. Face à ces agressions, nous avons droit de nous défendre », ont déclaré les Forces de défense du peuple (HPG), l’aile militaire du PKK, dans une déclaration sur leur site internet.
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