Une situation causée par les tensions croissantes entre la Maison Blanche et le gouvernement du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.


Israël a suspendu les négociations avec les Etats-Unis sur l’octroi d’une aide militaire à l’Etat hébreu jusqu’à ce qu’un accord sur le nucléaire iranien ait été conclu, rapportent les médias israéliens.
« Le dialogue militaire entre Israël et Washington est suspendu, au moins jusqu’à l’achèvement des négociations entre l’Iran et les Six médiateurs sur le programme nucléaire iranien (cinq membres du Conseil de sécurité de l’Onu et l’Allemagne) », indique la télévision israélienne.

L'objectif : garantir nucléaire iranien uniquement civil, échange levée sanctions économiques l'Iran.L’objectif : garantir un nucléaire iranien uniquement civil, en échange de la levée des sanctions économiques contre l’Iran. – AFP

Cette situation reflète les relations de plus en plus tendues entre la Maison Blanche et le gouvernement de Benjamin Netanyahou.
D’après un employé du ministère israélien de la Défense, une telle approche donnera la possibilité à Israël de formuler une nouvelle demande de livraison d’armes après la conclusion d’une entente avec l’Iran. Il a également annoncé que l’Etat hébreu comptait attendre l’obtention de l’accord afin d’analyser le contenu du texte qui sera signé par Washington, et par la suite présenter ses exigences en matière de sécurité.

Les négociations, qui débutent samedi, s’annoncent complexes. L’Iran et les Occidentaux ont jusqu’au 30 juin pour parvenir à un accord.

Elles doivent être les dernières. L’Iran et les grandes puissances entament cette fin de semaine à Vienne un marathon de négociations pour solder le dossier nucléaire iranien, l’un des plus épineux de la diplomatie actuelle.

Après de longues années de tensions et 20 mois de discussions acharnées, les négociateurs iraniens et du groupe dit « 5+1 » (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) vont s’efforcer de mettre le point final à un accord souvent qualifié d’historique. Le délai-limite est mardi 30 juin, sans garantie que les parties parviennent à s’entendre. Un diplomate américain a déclaré que cette date pourrait être dépassée.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif est attendu samedi matin à Vienne, où il retrouvera son homologue américain John Kerry, arrivé quelques heures plus tôt. Les autres ministres du groupe « 5+1 » devraient suivre.

L’objectif  : un programme nucléaire civil

Leur objectif commun: garantir pour l’avenir que le programme nucléaire de la République islamique sera uniquement civil, en échange d’une levée des nombreuses sanctions internationales qui entravent depuis 2005 l’économie iranienne. Si ces dernières ont été relâchées depuis 2014 , elles restent néanmoins un poids pour l’Iran, qui se serait privé de 15 à 20 % de croissance.

Le soupçon que l’Iran chercherait à s’équiper de l’arme nucléaire empoisonne les relations internationales depuis douze ans. Le pays a toujours démenti ces accusations. Dans la région, la perspective d’une bombe iranienne effraie Israël, mais aussi les grands rivaux sunnites de l’Iran, en premier lieu l’Arabie saoudite .

Un accord serait aussi le premier pas d’une possible réconciliation entre la République islamique et les Etats-Unis, brouillés depuis 35 ans. Il ouvrirait la perspective de coopérations face au chaos en Syrie, en Irak et ailleurs. Il aurait, également, un impact sur le marché mondial de l’énergie, en libérant les immenses réserves iraniennes d’hydrocarbures. Les investisseurs scrutent avec attention l’issue de ces négociations , avec un marché potentiel de 77 millions de personnes.

 
Les enchères montent

A l’entrée de la dernière ligne droite, les parties font monter les enchères. L’ayatollah Khamenei, qui a le dernier mot dans le dossier nucléaire, a exigé la levée « immédiate » des sanctions économiques de l’ONU et des Etats-Unis en cas d’accord, et réitéré son refus de toute inspection des « sites militaires ». Il a aussi dit sa méfiance envers l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’organe de l’ONU chargé de vérifier en Iran l’application de l’accord espéré. Les négociateurs iraniens devront également composer avec une loi votée par le Parlement iranien le 23 juin qui vise à « préserver les droits nucléaires ».

Côté américain, le Secrétaire d’Etat John Kerry a répliqué : « On déterminera dans les derniers jours si, oui ou non, les questions en suspens sont traitées. Si (l’Iran) n’y répond pas, il n’y aura pas d’accord ». La France et le Royaume-Uni répètent de leur côté que tout accord devra comprendre un accès « si nécessaire » à des sites militaires. Une demande jugée « excessive » par le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif.

Un accord complexe

En dehors même de ces points de discorde, l’accord s’annonce techniquement très complexe. Les experts et les diplomates, qui se trouvent déjà à Vienne depuis le début du mois, tablent sur un document de 40 à 50 pages, dont chaque détail est susceptible d’être négocié pied à pied. Au fil de milliers d’heures de pourparlers, l’Iran a déjà lâché d’importantes concessions, qui ont permis de conclure u n pré-accord début avril à Lausanne .

En pratique, Téhéran devra réduire ses capacités nucléaires en se débarrassant d’un grand nombre de ses centrifugeuses – les machines qui permettent d’enrichir l’uranium. Les grandes puissances ont calculé que cette diminution porterait à au moins un an le temps qu’il faudrait au pays pour produire du matériau en quantité suffisante pour confectionner une bombe nucléaire. Pour s’en assurer, elles misent sur un régime serré d’inspections, conduites sur les sites iraniens par l’AIEA. En cas d’infraction, elles veulent que les sanctions contre l’économie iranienne puissent être rétablies facilement.

SPC et Les Echos

Adaptation de JG
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