Plaque commémorative à la mémoire de Mgr Saliège, située à l’intérieur de la synagogue de Toulouse

Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, fait lire par les prêtres de son diocèse une lettre pastorale au début de la messe dominicale défendant les Juifs.

Le 23 août 1942, dans de nombreuses églises du diocèse de Toulouse s’élève une voix, un appel à l’humanité des hommes, un cri qui rompt le silence de la peur et de la collaboration.

Une voix qui s’élève contre la déportation des juifs, au nom de la morale chrétienne, et, tout simplement, de la morale humaine.

Résultat de recherche d'images pour "L'appel du 23 août de Mgr Saliège, archevêque de Toulouse"

Cette voix, c’est celle d’un vieil homme handicapé, dont la maladie, une paralysie du bulbe rachidien, l’empêche de parler (et marcher) normalement.

Jules-Géraud Saliège, archevêque de Toulouse, n’a rien pourtant d’un révolutionnaire, est loyal au maréchal Pétain et à son régime qui s’appuie sur la religion catholique.

Mais cet «inhabitué à l’injustice», qui avait participé dès 1933 à une manifestation au théâtre du Capitole contre le régime nazi, réagit avec le cœur.

Il a appris, quelques jours plus tôt, comment on a déporté vieillards et malades, juifs et étrangers, retenus depuis 1940 dans les camps de Noé et de Récébédou proches de Toulouse.

«Sans commentaires»

Il écrit son texte d’un jet et demande aux prêtres du diocèse de le lire «sans commentaire» à la messe dominicale.

Ce sera fait les 23 et 30 août malgré les tentatives du préfet de l’époque pour l’empêcher. Saliège écrit comme il parle dans un style brut, haché, qui donne toute sa force à ces «23 lignes du 23 août», une forme de «J’accuse» qui n’accuse nommément personne sauf le silence et la lâcheté : «Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes. Les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux (…) Ils font partie du genre humain. Ils sont nos frères comme tant d’autres».

Ce coup de tonnerre sera relayé et entendu jusqu’au Vatican, dont la radio diffuse la lettre, et en Amérique, où le New York Times en fait état. à sa mort, en 1956, 100 000 personnes suivent le cercueil de Saliège, proclamé Juste parmi les nations, fait Compagnon de la Libération et cardinal.


Le chiffre : 1942

23 août > Une voix s’élève. Mgr Saliège fait lire une lettre dans les églises défendant les juifs.


L’auteur Patrick Cabanel

Directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, Patrick Cabanel a consacré une partie de ses travaux à l’histoire du sauvetage des juifs dans la France des années 40 : Juifs et protestants en France, les affinités électives ; Histoire des Justes en France ; Nous devions le faire, nous l’avons fait. C’est tout. Cévennes, l’histoire d’une terre de refuge, 1940-1944.

Philippe Emery

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

2 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Élie de Paris

Pourquoi, Seigneur, la mesure du Bien doit-elle être si parcimonieuse ? Pourquoi les a-Tu faits si rares ? Celui-là dût même, si lourdement handicapé, faire lire sa lettre par d’autres, tant son verbe était embarrassé…
Comme si Tu l’y avais autorisé, mais à regrets…
Reviens de Ta Colère !
Ton instant à Toi dure une vie chez nous, et notre gage, rend le nous ! Puisque de toute façon, nous ne renoncerons pas.

marc

Paix à son Âme qu’elle repose en paix
Amen