Lorsqu’une ville de 8 500 habitants accepte d’être jumelée avec un « dit camp de réfugiés palestiniens », cela signale le travail en profondeur des organisations propalestiniennes pour attiser le rejet d’Israël

La petite ville de Mauléon, 8 500 habitants, dans le pays basque a trouvé le moyen de faire parler d’elle en mettant la Palestine à l’honneur ce week-end. Son invitée « de prestige, de premier rang », c’est un florilège d’éloges qui précède Leïla Shahid, l’ancienne déléguée palestinienne en France et à l’UE. Venue pour sceller le jumelage de Mauléon avec le camp de Balata en Cisjordanie, Leïla Shahid répondait à l’invitation du PCF local et tenait une première conférence à Pau, salle Jean-Bruno, au coeur du quartier Lartigue, jeudi soir.
Vendredi, elle a ouvert le festival culturel Ainerak à Mauléon, après avoir discuté avec des scolaires d’un film consacré aux jeunes Palestiniennes. Une deuxième conférence s’est tenue ce samedi à 15 heures, au cinéma Maule-Baïtha, sur le thème «Quel avenir pour la Palestine?» L’ancienne déléguée de la Palestine en France est intarissable sur l’actualité et l’histoire de son territoire. Elle l’avait démontré, jeudi soir à Pau, devant un parterre de militants de gauche venus à sa rencontre. Leïla Shahid est accompagnée dans son voyage par Isabelle Tordjman, secrétaire générale de l’AJPF, l’Association pour les jumelages entre camps de réfugiés palestiniens et villes françaises.

Un partenariat avec une ville israélienne, pour nous c’est impossible, déclare Isabelle Torjmann, secrétaire générale de l’AJPF, l’Association pour les jumelages entre camps de réfugiés palestiniens et villes françaises. 

«En France, une trentaine de villes sont soit jumelées avec un camp de réfugiés, soit en coopération avec le camp ou une ville », précise Isabelle Tordjman. Beaucoup sont situées en Île-de-France: Bagnolet, Grigny, Mitry-Mory, La Courneuve. D’autres en province comme Avion, Vierzon ou encore Boulazac, en Dordogne. «L’AJPF fait un vrai travail d’échanges entre citoyens et citoyennes des deux côtés de la Méditerranée, applaudit Leïla Shahid. Ce n’est pas seulement un soutien idéologique et politique. ça, ça n’intéresse plus les jeunes générations. Ces jumelages incluent vraiment l’acte de traverser la mer Méditerranée, aller voir sur place, monter des projets communs.» Quatre à cinq personnes de Mauléon se rendront en Cisjordanie à la fin du mois de juin. Il s’agira de mieux appréhender la réalité des camps de réfugiés palestiniens. «La moyenne d’âge de la population est de moins de 25 ans, rappelle Leïla Shahid. Ces jeunes vivent des situations difficiles en territoire occupé. Ils sont très politisés.» On sera loin du tourisme comme le discours de Leïla Shahid est loin du simple échange de courtoisie. «Ces voyages ont un sens, ce qu’on a du mal à comprendre, c’est la notion même de réfugiés. Comme pour les Ukrainiens, il y a l’exil total à l’extérieur du pays mais il y a aussi des réfugiés de l’intérieur. Les gens sont réfugiés dans leur propre terre, chez eux. En Galilée, vers la Cisjordanie, à Gaza…» Un jumelage avec Pau ne semble pas être à l’ordre du jour. «Si partenariat il devait y avoir, on nous a fait comprendre qu’il en fallait aussi un avec une ville d’Israël [échange dont n’a pas trace la mairie de Pau, NDLR], explique Isabelle Tordjman. Pour nous, c’est impossible même si nous discutons avec des Israéliens progressistes.»

Jforum – La République des Pyrénées

2 Commentaires

  1. La position de cette association répond bien à la définition de l’apertheid, à savoir exclusion des juifs et des Israéliens. Je m’étonne, que le CRiF ne reagisse pas a de telles positionnement et n’exige pas la suppression des subventions versées à cette association.

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