בא Bo 5782: le début du calendrier (vidéo)

Si l’on se base sur la disposition des « dix paroles » sur les tables de pierre telles qu’elles ont été taillées par HaShem puis, retaillées une seconde fois par Moïse, où ces paroles divines ont été gravées cinq face à cinq autres paroles, on aurait pu s’attendre à ce que les dix plaies d’Egypte soient décrites cinq dans une sidra et cinq dans la suivante. Pourquoi les détails de ces plaies infligées aux Égyptiens ont-elles été partagées en deux parts inégales : sept dans VaEra et trois dans Bo ?

Souvent, les exégètes tirent du nom de cette parasha, un moyen facile mnémotechnique de se souvenir de ceci en tirant de la valeur numérique du mot « bo » = 3 du nombre des plaies énumérées ici mais, ceci ne dévoile nullement les raisons cachées derrière.
Certains rabbins démontrent d’une certaine progression dans la gravité de chaque prodige déployé en terre d’Egypte et la démonstration de violence physique et morale sur les Égyptiens.

La première preuve que l’on pourrait enregistrer serait à propos de la dixième plaie : à propos du sang, des grenouilles, des poux,(dam, tsfardéa, kinim soit l’abréviation detsakh), puis, les bêtes féroces, la peste, les ulcères et la grêle (ârov, déver, shekhine et barad soit l’abréviation adashab) puis, les sauterelles, les ténèbres, et la mort des premiers-nés (arbé, hoshekh et makath bekhoroth soit l’abréviation ahab), on n’emploie que le nom de l’élément provoqué sans préciser qu’il s’agit d’une plaie mais, en hébreu ce n’est pas le cas pour cette dixième plaie, ce fléau d’une force incommensurable : la mort des premiers-nés s’applique aux humains ou aux animaux, aux hommes ou aux femmes. Les premiers-nés qu’ils soient mâles ou femelles mais les premiers-nés d’une femme sont « prélevés ». Quelle en est la raison ? Seuls DEUX PREMIERS-NÉS ÉGYPTIENS ne sont pas frappés par cette mort : Pharaon, premier-né du Pharaon et BITHYA, première-née du Pharaon précédent sont exemptés. Pharaon car il s’agit ici d’un combat singulier : il ignore HaShem mais il ose se mesurer à lui et Bithya parce qu’elle s’est émue du sort du jeune hébreu qui lui est confié et qu’elle « fait teshouva » en protégeant Moïse.

La règle générale pour chaque plaie est d’une durée de 7 jours or, les Sages ont relevé que certaines ont subi des « modifications » dans cette durée ainsi, par exemple, les sauterelles n’ont pas « opéré » pendant shabbat cette plaie n’aurait donc duré que 6 jours.
Les ténèbres n’ont pas duré 7 jours non plus mais 2 fois 3 jours. 6 jours ? NON : 2 fois 3 jours !! Que cela signifie-t-il ? Voici l’explication : Parmi les descendants de Jacob, de très nombreuses personnes s’étaient « assimilées » aux Egyptiens et ne comptaient absolument pas partir d’Egypte lorsque le Pharaon accepterait de les laisser s’échapper. HaShem devait régler leur compte et donc, il ne fallait pas que les Egyptiens viennent à savoir ce fait. En conséquence, trois jours durant, les Hébreux mirent à profit ces trois jours pour ensevelir tous ces morts sans que les Egyptiens n’en sachent quoi que ce soit. La seconde période de trois jours ce furent des ténèbres d’une nature différente : la guemara renseigne : ces ténèbres provenaient de la Géhenne (du Guéhinom) de l’enfer ces ténèbres n’étaient pas seulement un manque de lumière mais elles étaient palpables, et elles étaient si condensées qu’elles empêchaient tout mouvement : celui qui était debout restait en position debout, celui qui était couché l’est resté 3 jours durant et de même pour qui était assis (Ikar Sifté Hakhamim). Ces 3 jours ont permis aux Hébreux de se rendre chez leurs voisins pour procéder à une reconnaissance des biens qu’avaient engrangés les Egyptiens au lieu de payer les esclaves hébreux.

Ce qui permit aux Hébreux avant de partir d’Egypte de « récupérer les salaires non versés depuis 210 ans sous forme d’objets d’ornement en cuivre, argent ou or ou sous forme de bijoux ou de vêtements (encore que ceux-ci n’obéissaient pas aux règles de pudeur des Femmes juives.
Les plaies ne touchaient, par conséquent aucunement les Hébreux mais bien uniquement les Égyptiens.
Il y a à la plaie du sang une explication qui m’a semblé très « belle » : le Midrash nous rappelle à bien des égards le fait que les femmes des Hébreux faisaient tout leur possible pour préserver et éveiller l’intérêt de leur mari malgré la fatigue extrême que provoquaient chez eux les durs travaux d’esclavage en préservant la pureté familiale et en se rendant désirables malgré les difficultés qu’elles éprouvaient à se rendre dans les méandres du Nil pour pouvoir se rendre accessibles à leurs époux : ainsi la cruauté des Égyptiens qui n’avaient aucune mesure, trouvèrent ainsi la monnaie de leur pièce.

D’autres interprètent la provenance du sang de celui des bébés hébreux dont le sang fut versé dans ce fleuve.
A ce propos, nous nous étendrons sur ce combat qui s’installa sur la terre d’Egypte et, pour ce faire, nous reviendrons aux premiers instants de la Création du monde :
Si les Pirké Avoth énumèrent les « dix paroles » par lesquelles HaShem a créé le monde, et, si les Pirké déRabbi Eliezer commentent ces paroles en créant un parallèle avec les dix plaies, nous retrouvons ici quelques principes énoncés par les Sages, commentateurs classiques de la Torah.

En fait, nous tenons des midrashim cités par les plus grands recueils didactiques que le 6ème jour de la création, Abel (Hével) et Caïn ont été procréés : Abel avec ses sœurs jumelles et Caïn avec sa sœur jumelle (Eve a eu une grossesse multipare avec des quintuplés).
Or, le principe des jumeaux est que chacun d’eux est « premier » de quelque chose : le premier à avoir été créé/conçu, et le premier à être « sorti » du ventre maternel. Or, il y a un principe de datation qui est à prendre en considération : lorsque par exemple, aujourd’hui un médecin congèle des embryons qui pourront, par la suite, être re- transplantés dans la matrice maternelle, ils sont datés du jour de la création de l’embryon. En conséquence, le premier des jumeaux à avoir été créé est bien l’aîné. Le différend énorme qui créa la haine gratuite entre les deux frères Abel et Caïn trouve ici sa place, tout comme cela se produisit entre Esaü et Jacob. Jacob sortit du ventre de Rivka parce qu’il fut l’aîné réel des deux.

Caïn est le lointain ancêtre de Mitsrayim, l’Egypte. Et, bien des choses le prouvent : lorsqu’Adam conseille à ses fils d’offrir un sacrifice à HaShem, c’était à la date du 14 Nissan et Adam signala à ses fils que d’ici à 2448 ans, le peuple juif se trouverait en Egypte au point d’être libéré de cet esclavage inhumain auquel ce peuple serait confronté. Abel, offrit des bêtes de son troupeau, en guise de sacrifice pascal ; mais, Caïn, se sentant amoindri vis-à-vis de son frère, interpréta les choses différemment et, au lieu d’offrir, comme son frère un animal, il chercha quoi offrir et pour ce faire, il décomposa les lettres du mot « korban », sacrifice, et, il prit les lettres terminant chacune des lettres du mot korban : kouF-reSH-beiTH-nouN terminaisons avec lesquelles il forma le mot pishtan qui signifie LIN or, le lin est en effet l’une des productions importantes et indéniables du Nil (premier fleuve d’Egypte) lequel est profondément lié à ses origines : le fleuve PISHON (d’où la racine linguistique de pishtan) le premier fleuve du gan Eden. Les signes du premier-né sont présents partout !!!

Le Maharal s’étend volontiers sur ces signes tant dans son Derekh Haym sur les Pirké Avoth : la création du monde s’est faite en 6 jours ou en 10 paroles ; non pas qu’il était impossible à HaShem de le créer en un instant ou en une lettre mais, commente aussi le Shlah HaKadosh HaShem, aime tant ce peuple, qu’IL a voulu doter cet univers de tous les perfectionnements possibles et imaginables et c’est aussi pour lui, pour ce peuple, qu’IL lui a écrit et offert la Torah.

Les secrets cachés dans le premier mot de la Torah « BeReshith bara Elokim » ce qui est habituellement traduit par « au commencement » renferme des notions bien supérieures car, expliquent différents Sages le mot RESHITH désigne la Torah exprimant ainsi la métaphore selon laquelle HaShem, en créant le monde Se servait de la Torah comme un architecte suivrait un plan. Pour d’autres exégètes d’un très haut niveau également, RESHIT désigne autre chose… Pour le Maharal RESHITH est l’Egypte car : Caïn en opposant sa violence à Abel (הבל), en tuant son frère a préfiguré ce meurtre à de si multiples facettes perpétré en Egypte sur Israël. Ainsi Caïn préfigure l’Egypte et Abel préfigure Israël. Caïn est à la fois, l’Egypte, le Nil, le fleuve Pishon, celui qui veut « usurper » la place de l’aîné créé en voulant être célébré comme premier à être né. Le sacrifice pascal : l’agneau d’Abel est l’agneau dans lequel a été incarné Israël. Et lorsque l’Eternel réclame la liberté pour Son peuple qu’IL qualifie de « BENI BEKHORI ISRAEL » (Mon fils aîné Israël) IL affirme en quelque sorte le fait que Jacob/Israël ait « acquis » son droit d’aînesse, il était, en réalité, en pleine possession de ses droits.

Et c’est dans le fait que les Égyptiens ont idolâtré tout ce qui était « premier » en quelque domaine que ce soit que la caractéristique de la dernière des plaies a été précédée du mot « maka » ou plaie la plaie des nouveaux nés car ils ont été tués mais ils ont été « dégradés » ou dépouillés du « kavod » qui leur a été concédé par les Égyptiens !

C’est ainsi, confirme le Kli Yakar, qu’HaShem a destitué toutes ces idoles qui pullulaient en Egypte : tel le Bélier (agneau), premier signe du Zodiaque, et c’est pour honorer HaShem que ce même bélier fut sacrifié. De même que l’Egypte est désignée comme telle tandis que la terre qu’HaShem a promise à Abraham est ERETZ Israël !

Après avoir détruit cette image déifiée du « PREMIER », HaShem a permis à l’Ange destructeur (HaMash’hith pour les hébraïsants המשחיט) de rentrer en Egypte et de continuer ce « nettoyage » ou cette correction totale.

Ainsi, avec cette « opération » l’Eternel a rétabli l’aînesse d’Abel et en a départi Caïn.
Le Rav Zalman Sorotskine dans son Oznayim la Torah, a mis en évidence un lien au sujet de ces trois plaies de parashat BO : ces plaies écrivit-il sont rappelées chaque semaine lors de la havdala car souligne-t-il remarquablement :
Les sauterelles savaient différencier le shabbat des autres jours et donc, elles n’oeuvraient pas ce jour-là et donc nous bénissons hamavdil beyn kodesh lehol.
Les ténèbres nous les rappelons en prononçant hamavdil beyn ohr lahoshekh.
Les premiers-nés en bénissant hamavdil beyn Israël la’amim.

Caroline Elishéva REBOUH

 

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