Yévarékhekha: la Bénédiction sacerdotale (des Cohanim)

Adaptation par Jforum le 30.10.2020

Yévarékhekha. Après la prière pour la restauration du culte divin dans la Temple et les remerciements qu’il convient d’exprimer pour tous les miracles que Dieu a faits en faveur d’Israël, il est à présent légitime de solliciter la triple bénédiction des prêtres.

Dans la première, les prêtres réclament la bénédiction matérielle de Dieu, le bien-être physique, la santé, la subsistance, en même temps que la préservation de l’alliance entre Dieu et Israël.

Dans la deuxième, les prêtres évoquent la lumière divine, donc la Tora, pour éclairer l’esprit et lui permettre de trouver grâce aux yeux des créatures .

Dans la troisième il s’agit du privilège insigne, accordé à Israël, peuple élu de Dieu, détenteur de la Tora : Dieu accorde une considération préférentielle à Israël.

Bénédiction matérielle, bénédiction spirituelle, élection d’Israël, ces trois éléments conduisent inévitablement à la paix, un des noms plus significatifs de Dieu, que les prêtres ont pour tâche d’apposer sur Israël.

C’est alors que Dieu les bénira lui-même : va ani avarakhem= « et moi, je les bénirai » ! (Mis en forme par NG)

Source: « L’Arme de la Parole » Livre de Prières traduit et commenté par le Rabbin Claude Brahami (1993)

 

 

La bénédiction des Cohanim 

 Commentaires de Caroline Elishéva REBOUH

La prière: généralités

HaShem a créé un monde avec tout ce qu’il renferme et, bien qu’IL en soit toujours le Propriétaire, nous, les êtres humains, en avons la jouissance entière.

La démarche fixée par les Sages est de prononcer une avant la jouissance de chaque acte, comme manger, voir quelqu’un ou quelque chose d’extraordinaire, sentir un parfum, entendre le tonnerre, voir des éclairs, un arc-en-ciel et bien d’autres choses encore et, lorsque l’on a terminé un repas, on prononce une bénédiction plus longue pour remercier le Créateur d’avoir permis à Ses créatures de se sustenter.

Pour ce genre de bénédictions, l’homme n’a recours qu’à lui-même mais, pour d’autres, l’homme préfère faire appel aux mérites d’un rabbin (rav) car, il est indubitable qu’une bénédiction prononcée par un homme qui consacre son temps à étudier et à enseigner, possède davantage de pouvoir, que notre demande adressée directement à D.

La bénédiction des Cohanim

HaShem a conféré aux Cohanim, le pouvoir de transmettre Sa bénédiction à tout Son peuple.

C’est ainsi que dans certaines synagogues, chaque jour, à la fin de la répétition de la « Amida » ou shemona essré de l’office du matin et de l’après-midi (shaharith et minha) et le shabbat et les fêtes, à la fin de moussaf, les cohanim présents dans la synagogue, après s’être déchaussés et s’être lavé les mains, se recouvrent de leur talith et étendant leurs bras et en écartant leurs doigts selon la Tradition prononcent la triple bénédiction en se tournant vers la droite ou la gauche (lorsqu’ils prononcent les mots de la berakha qui se terminent par un khaf sofit), ou en restant immobiles (lorsqu’ils prononcent le nom d’HaShem) et face à l’assistance, qui doit se recueillir et se concentrer sur les pouvoirs extrêmes de cette bénédiction céleste sur les humains.

Birkat cohanim (bénédiction sacerdotale) | Adath Shalom

Les mots de la birkat Cohanim sont les suivants : yévarékhekha HaShem Veyshmerékha ; Ya’er panav élékha vihounéka ; yssa HaShem panav elekha veyassem lekha shalom puis ils terminent par vessamou eth shemi al bené Israël vaAni avarekhem.

La signification en est: Qu’HaShem te bénisse et te protège, Qu’HaShem t’éclaire de Son « visage » et qu’IL t’accorde Sa miséricorde (vihounéka vient plutôt du mot « hen » qui équivaut à grâce, qu’HaShem tourne Sa face vers toi et qu’IL pose sur toi le Shalom (qui est aussi l’un des noms de D.).

Kef Israël : Le lien entre la Bénédiction des Cohen et Monsieur Spock - Tribune Juive

Ces trois phrases comptent 15 mots qui sont en fait les quatorze phalanges des 5 doigts de la main et la paume de la main !

Les Cohanim pendant les quelques instants que dure cette berakha, veilleront à camoufler légèrement leurs doigts écartés et les fidèles veilleront à ne pas fixer les mains des cohanim, pour ne pas être « éblouis » par la puissance de ces mots.

La première des trois bénédictions concerne l’argent et la protection ; et, pour ce qui est de la dernière phrase qui indique que le shalom sera sur les bené Israël tout comme HaShem a protégé et béni les enfants de Jacob au moment de la sortie d’Egypte tout comme au moment où HaShem a consacré Son peuple comme « Son épousée ».

Caroline Elishéva REBOUH

Lorsque les Cohanim récitent la bénédiction sacerdotale (Bamidbar  6, 23 et suivants), ils doivent obligatoirement être déchaussés (Choul‘han ‘aroukh Ora‘h ‘hayyim 128, 5).

Cette obligation du déchaussement n’est pas sans en rappeler d’autres, prescrites dans les textes bibliques. Leur motivation est diverse, parfois même contradictoire.

C’est ainsi que l’on peut rapprocher le déchaussement des kohanim de celui qu’a ordonné Hachem à Moïse lors de l’épisode du buisson ardent (Chemoth 3, 5), de celui prescrit à Josué par « le chef de l’armée de Hachem » (Josué 5, 15), ainsi que de celui que nous devons observer pendant Yom kippour. Il s’agit, dans tous ces cas, d’une marque de respect envers la sainteté, celle du moment ou celle du lieu.

Jacques KOHN

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