??? ????? ?????? ?????? ????? *** Local Caption *** 13.07.18

Affaire Sarah Halimi – forum contre l’antisémitisme et les systèmes de justice qui ont trahi

Par le Professeur Paul Leslie

Une décision inique qui témoigne d’un système de justice qui, non seulement, a failli mais carrément a trahi.  Et dans la foulée de la publication de celle-là,  un forum contre l’antisémitisme organisé dans le cadre d’une conférence internationale.

Quelles thématiques devraient être à l’ordre du jour d’une conférence internationale au sujet de laquelle on se vante de la participation imminente, le 23 janvier 2020, de plus de trente chefs d’État?

C’est depuis toujours que les fora contre l’antisémitisme de l’après-guerre ont pour préoccupation principale  la diffusion dans certaines publications de mensonges et de calomnies antijuifs – y compris, surtout depuis deux ou trois décennies, la propagation d’accusations mensongères dirigées contre le « sionisme », bien susceptibles, à cause de leur caractère extrême, d’engendrer ou de renforcer des haines antijuives.

Les agissements de partis extrémistes figurent également depuis toujours dans leurs programmes de débats et d’activités, ainsi que plus récemment la complaisance non négligeable manifestée au sein de certains partis politiques dont bénéficient les activités d’ extrémistes – « entristes » et autres.  Autant de apologistes et promoteurs de formes d’antisémitisme considérées comme idéologiquement correctes, voire conformes aux (pseudo-) valeurs d’un «antiracisme» sélectif et dévoyé.   (Sans parler du parti principal de l’opposition de la Grande-Bretagne, lequel – même après sa défaite électorale –  continue de permettre à tant de propagateurs de calomnies non seulement anti-israéliennes mais également ouvertement antijuives d’exercer une influence démesurée dans presque tous ses organes internes.)  N’est-il pas grand temps que les fora contre l’antisémitisme traitent des dangers que représente la multiplication considérable des cas où des dérives judiciaires finissent par porter sérieusement atteinte à la protection égale des citoyens juifs de nombre de pays européens?

Surtout en ce qui concerne les questions soulevées par un laxisme judiciaire pratiqué de plus en plus fréquemment dans ces pays –  notamment dans la gestion pénale des dossiers des criminels antijuifs qui font partie de certaines catégories de la population de ceux-ci – à tel point que même les auteurs des pires actes de violence finissent souvent par se trouver assurés d’une impunité absolue ou relative.  Ainsi se succèdent classements de suite injustifiés, même aux cas où il est tout à fait possible de recueillir des preuves suffisantes susceptibles d’aboutir à des condamnations certaines, et peines témoignant d’une mansuétude excessive, voire d’une indulgence judiciaire, dont bénéficient les auteurs d’actes de violence, d’intimidation, même s’ils sont déjà (multi)récidivistes (voir, par exemple, les sections pertinentes des rapports publiés par le Service de Protection de la Communauté Juive – extraits de liste des actes, extraits de la liste des condamnations – comme celui de 2016, pages 45-47)

Bien entendu, il n’arrive pas uniquement aux citoyens juifs de la République française de souffrir des conséquences du laxisme judiciaire, de la «psychiatrisation» abusive de criminels dangereux, y compris de terroristes, et de l’influence excessive de décideurs qui déploient de tels efforts pour faire privilégier la réhabilitation de toutes catégories de délinquants – et non pas exclusivement de personnes qui ne sont pas coupables d’actes de violence – au détriment d’autres objectifs cruciaux du système de justice.  Il est question ici notamment de la protection de la société et surtout de ses membres les plus vulnérables, par l’imposition de châtiments suffisamment sévères, de la dissuasion d’activités criminelles et de mesures qui renforcent la réprobation qu’il est indispensable que celles-ci inspirent dans toute société vraiment saine – ainsi que de condamnations qui font reconnaître pleinement la gravité morale de ces activités, à force d’obliger les personnes condamnées de purger des peines expiatoires.

Il n’en reste pas moins vrai que non seulement la proportion de victimes d’actes racistes qui sont tout sauf mineurs est bien plus importante parmi les habitants juifs des centres urbains que parmi les membres d’autres communautés minoritaires, mais également que le nombre de criminels antijuifs qui bénéficient du laxisme judiciaire précité est disproportionnellement élevé par rapport aux auteurs d’autres crimes racistes.  Sans parler des applications abusives du concept juridique de l’abolition du discernement, dont le déni de justice monstrueux dans l’affaire Sarah Halimi représente un exemple éclatant.   Les raisons pour lesquelles de trop nombreux représentants de la justice française ont trahi certains de ses principes fondamentaux – en raison de classements sans suite non justifiés, de peines trop légères, etc. –  manquant ainsi à leurs obligations envers les victimes juives, sont sans doute complexes et non pas forcément à attribuer aux préjugés antijuifs, liés ou non aux sentiments d’hostilité anti-israélienne.  Même si on ne saurait pas nier complètement l’existence de cas individuels où de tels préjugés exercent une influence. (Il est bien possible que, si un représentant/ une représentante du système de justice de l’un ou l’autre état des États-Unis avait traité l’auteur d’un crime atroce antisémite avec plus de considération que les membres de la famille de la victime, tout en faisant preuve d’un manque d’humanité repréhensible à leur égard, on verrait des enquêtes journalistiques où figureraient les témoignages d’autres personnes juives qui avaient eu affaire à celui/celle-là, s’étant constituées parties civiles, ayant été mises en examen, etc.)

Néanmoins, ceux qui se plaignent d’une «justice antisémite» n’ont pas tout à fait tort, dans la mesure où les conséquences discriminatoires de la gestion pénale des dossiers des criminels antijuifs mentionnés plus haut sont maintenant devenues incontestables.

Pourquoi les cas où on s’obstine à refuser d’admettre le rôle joué par l’antisémitisme dans des crimes ou délits – à l’égard desquels il y a des preuves solides que certains sentiments ou attitudes antisémites constituent les motivations principales de leurs auteurs, ou du moins en font partie – ne cessent-ils de s’accumuler?  On n’a qu’à penser à l’affaire Ilan Halimi, du moins en ce qui concerne sa phase initiale, où on ne voulait pas prendre au sérieux le témoignage de sa mère au sujet de l’appel téléphonique fait par le « gang des barbares», au cambriolage ultra-violent dans la maison du président de Siona, aux onze mois qui se sont écoulés avant qu’une certaine juge d’instruction admette, du moins en apparence, les passions antijuives qui motivaient l’assassin de Sarah Halimi – et plus récemment à l’agression traumatisante contre un étudiant israélien, attaqué à la station de métro Château d’Eau dès qu’il avait commencé à parler en hébreu pour répondre à l’appel téléphonique de son père.  (À quoi bon les dispositions qui font de motivations antisémites un facteur aggravant, pour envoyer un «message fort» )

Parmi les causes du laxisme judicaire générateur d’un nombre croissant de dérives dangereuses non seulement pour les citoyens juifs de la République juive – qui ont pleinement le droit de protester contre celles-ci sans être exposés à des accusations de «communautarisme» injustes (et, dans ce contexte souvent  antisémite, au même titre, du moins indirectement, que les calomnies relatives aux « doubles allégeances») – il y a lieu de constater des attitudes qui voient automatiquement dans les auteurs de crimes originaires de pays colonisés par la France des victimes héréditaires du colonialisme en quelque sorte, si ce n’est de la «suprématie blanche».  Comment, d’ailleurs, les attaques infondées incessamment dirigées contre les agents de police, taxés sans exception  de «racisme antinoir» n’inspireraient-elles pas chez bon nombre des représentants de la justice française des craintes d’ être «en ligne de mire », à force de se voir potentiellement visés par ce genre d’accusation ?

Surtout aux cas où des poursuites contre des auteurs de crimes ou de délits issus de certaines sections de la population aboutiraient à des condamnations trop sévères.  Est-il vraiment raisonnable de croire, pourtant,  que même Rokhaya Diallo soit disposée à dénoncer la tenue  d’un procès criminel qui aboutirait à la punition d’auteurs de crimes atroces tels que l’assassinat de Sarah Halimi? –  Il est encore moins probable que la condamnation de K. Traoré serve de prétexte à des émeutes susceptibles de porter atteinte à la «paix sociale».  En  ce qui concerne les magistrats qui ne résistent pas à la tentation de laisser leurs croyances idéologiques influencer leur comportement professionnel – et, en particulier, ceux et celles impliqués dans le scandale du « mur des cons » qui représente un exemple des plus flagrants d’une « justice idéologisée» – on  lira avec profit ce qu’a dit et écrit Clément Weill-Raynal à ce sujet, ainsi que les commentaires de Gilles-William Goldnadel.  Dans le contexte d’un article qui analyse les questions de justice soulevées par l’affaire Sarah Halimi, Sarah Cattan explique très bien la signification de ce scandale.

(Dans son analyse magistrale de la situation des Juifs français, auquel il incorpore un tour d’horizon de leur histoire contemporaine, « Les Juifs et la Nation en France : le divorce», Jean-Pierre Bensimon nous rappelle le cas des frères Kouachi, avant de faire l’observation suivante: «le 9 janvier dernier, l’équipe de Charlie, deux policiers et un technicien avaient été tués l’avant-veille; une contractuelle de la police avait été tuée la veille. Ce jour-là, la Garde des Sceaux, Mme Taubira, signait une circulaire permettant de faire bénéficier les récidivistes des réductions de peine appliquées aux primo-délinquants.(34) Et on savait depuis longtemps que les djihadistes opérationnels se recrutaient d’abord parmi les délinquants multi récidivistes»)

Pour conclure, il faut dénoncer sans réserve la décision inique publiée le 19 décembre 2019 qui rend presque impossible le succès de ceux et de celle qui luttent courageusement, au nom des vraies valeurs de la justice, contre tous les obstacles, y compris les connivences dans les milieux politiques et judiciaires, pour qu’enfin un procès criminel ait lieu.   Les représentants de la magistrature qui en sont coupables n’auraient jamais pu juger Traoré «atteint, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes » – à moins de refuser systématiquement de prendre en considération les faits incontestables qui démontrent l’invalidité des «conclusions» soutenues par des « experts » psychiatriques.  Y compris la tentative faite l’assassin de faire croire, en criant en direction des plusieurs personnes agglutinées dans la cour, que sa victime était sur le point de se suicider, après avoir trouvé la meilleure façon de s’introduire dans l’appartement de Sarah Halimi.  Comment n’aurait-il pas pensé, avant de commettre ses crimes, au balcon auquel donne accès l’appartement de la famille qu’il avait « persuadée» de l’y laisser entrer?

(Article 122-1: N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes.)

Comment expliquer cette sélectivité malhonnête qui caractérise tant les «méthodes de travail » employées par certains magistrats/magistrates déterminés à empêcher que l’assassin brutal de Sarah Halimi soit jugé devant un tribunal criminel, – par le biais d’«experts » utiles qui n’hésitent pas à faire croire à une abolition du discernement – que les «analyses» pseudo-scientifiques de ces derniers?    (On se reportera à ce propos au texte de Claude Bloch, psychiatre pleinement conscient de ses obligations en ce qui concerne la nécessité d’analyses rigoureusement scientifiques qui font la distinction de faits avérés et de simples hypothèses – théoriques ou idéales – y compris celles qui ne font pas l’unanimité parmi les spécialistes.  Ces hypothèses-là, même si elles s’avèrent utiles pour expliquer des cas individuels d’authentiques  troubles ou de maladies psychologiques, ne seraient jamais de nature à avoir une applicabilité universelle.)

Pour ce qui est des représentants/tes d’un système de justice à géométrie variable, il est bien possible que plus d’un facteur entrent en jeu et tous ceux qui analysent cette affaire affreuse ne seront jamais d’accord sur lequel de ceux-ci a été le plus déterminant.  (Je penche, quant à moi, pour la thèse avancée par Loïc Henri, aux yeux de qui c’est la volonté de faire oublier l’inaction criminelle (non-assistance à personne en danger) de beaucoup des policiers armés qui motive les tentatives de faire oublier le crime atroce commis contre Sarah Halimi.)  Il est maintenant urgent que des amendements soient apportés aux dispositions législatives pertinentes pour que les manipulations procédurières utilisées pour assurer l’impunité de l’assassin brutal de Sarah Halimi ne soient plus possibles du point de vue juridique et que ce soit désormais dans le cadre de procès criminels que les avocats avancent et développent des  arguments, le cas échéant, au sujet d’une abolition du discernement réelle ou supposée.  Sauf dans des cas exceptionnels où, à la différence d’un multirécidiviste sans antécédents psychiatriques – si enclin soit-il à s’emporter de façon effrayante et à perdre son calme momentanément – il s’agit de personnes qui n’auraient jamais commis des actes de violence si elles ne souffraient pas d’authentiques maladies psychologiques dont l’intensité et la gravité les rendent inaptes à subir un procès.

(Il est indispensable que les journalistes sérieux qui couvrent l’affaire Sarah Halimi n’omettent pas de mentionner tout au moins les faits avérés qui réfutent les conclusions infondées des « expertises », invoquées pour justifier le déni de justice « entériné » le 19 décembre 2019.  Aux chercheurs d’Infoéquitable de faire une analyse approfondie de la couverture médiatique pour nous informer des organes qui font bien leur travail à cet égard, ainsi que de certains journalistes (y compris (hélas) ceux et celles qui collaborent à certains médias juifs), qui ne remettent pas en question les thèses officielles mensongères.  Un des textes les plus récents, dont certains arguments témoignent d’une mauvaise foi qu’il y lieu de qualifier d’indécente, a été signé par des avocats (alter)juifs.)

Le 5ème Forum international sur la Shoah 2020 va  avoir lieu le 23 janvier.  Il ne faut pas que les organisateurs manquent de profiter de la présence de tant de chefs d’États afin d’être en état de lancer des initiatives d’envergure destinées à faire adopter, dans les pays où plusieurs représentants de la justice ont non seulement failli, mais ont carrément trahi ses valeurs les plus précieuses, des mesures concrètes susceptibles de mettre fin aux abus judiciaires précités – ou, tout au moins de les minimiser. Même si, le plus souvent, Israël continue de se trouver en position de faiblesse sur le plan diplomatique – plus ou moins accentuée, selon les circonstances – ces initiatives doivent bénéficier du plein soutien des gouvernements israéliens et de tous les partis sincèrement sionistes, accomplissant ainsi un grand geste de solidarité avec leurs coreligionnaires juifs de la diaspora.

Si, cependant, organisateurs et intervenants se contentent de beaux discours et, le cas échéant,  de vaines promesses non suivies d’effet, de la part des chefs d’États qui seront présents, on aura manqué de profiter d’une rare occasion d’améliorer la situation, en réalisant les objectifs de «Se souvenir de la Shoah, lutter contre l’antisémitisme»  Occasion qui ne se reproduira pas de sitôt.

Par le Professeur Paul Leslie

8 Commentaires

  1. La France à Peur de l’Islam et de l’Islamophobie soutenue par beaucoup ainsi que des quartiers chaud remplit de la cause musulmane.
    Par contre si un Juif aurait tué une musulmane je te dis pas cannabis ou pas cela aurait été pire que de conduire sous l’effet du cannabis.

  2. Je confirme ,il est trop tard ,il n y a rien à attendre de la France ( ce qui l en reste ).
    Je ne comprend pas qu un Macron soit invite en Israël ! Quant a ses valeureux collègues et voisins ,dont Merkel ,c est le comble .
    Il n y a que 2 pays qui ont influencé pour une victoire contre les nazis .les USA et la Russie , les européens ont collaboré !

  3. Et dire qu’il y a beaucoup de Juifs qui ont voté macrone, vont-ils recommencer la prochaine fois, prenant exemple sur les Juifs Américains qui ont voté DEUX FOIS SVP, pour hussein.
    Cependant je suppose que les Juifs de france, surtout Pieds-noirs, ont un QI supérieur et une mémoire d’éléphant.

  4. On vous fera encore voter Macron en 22 !
    Et le CRIF continuera encore à se prosterner devant ceux qui ont fait main basse sur la justice.
    Juifs et collabos, il n’y a rien d’antinomique. C’est à nous de faire le ménage !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.