Écrans : La véritable histoire des frères Joffo, les héros du film « Un sac de billes »

Le film de Christian Duguay raconte le récit autobiographique de Joseph Joffo, sur l’épopée de deux garçonnets juifs en fuite dans la France occupée.

1941, en plein cœur de la France occupée. Joseph et son grand frère Maurice, à peine âgés d’une dizaine d’années, s’enfuient afin de rejoindre la zone libre, et d’échapper à l’occupant nazi. Désormais séparés de leurs parents, ils connaîtront un véritable périple au cœur du territoire français, de Paris à Nice. Un récit dans lequel, entre liberté et danger, les deux frères devront faire preuve de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie , et rejoindre leur famille.

Une histoire de famille devenue un best-seller

Cette histoire familiale, c’est celle de Joseph Joffo, qu’il raconte dans son livre au titre éponyme, sorti en 1973. Cette œuvre fut par ailleurs dès sa sortie un véritable best-seller, vendue à plus de 20 millions d’exemplaires dans le monde entier, traduite en dix-huit langues et souvent étudiée à l’école. Elle a été adaptée sur le grand écran une première fois, en 1975 par Jacques Doillon. En 2017, Christian Duguay, a qui l’on doit Jappeloup et Belle et Sébastien : L’aventure continue, reprend cette histoire afin d’en réaliser une nouvelle version un peu plus éloignée du livre.

Joseph Joffo naît à Paris en avril 1931, grandit au cœur d’un foyer aimant. Son père tient un salon de coiffure dans un quartier de Montmartre, qui s’appelle Joffo-Coiffure. L’affaire fonctionne bien, jusqu’au drame historique de l’Occupation, où l’existence de la famille est bouleversée. Comme le retracent son roman et son adaptation filmée, il doit fuir Paris avec son frère aîné afin de regagner la zone libre, tandis qu’autour de lui, les Nazis et la milice raflent des proches.

S’ensuit une longue expédition remplie d’embûches jusqu’à Menton, puis Nice où leurs parents les rejoignent. Cependant, la poursuite n’est pas terminée, et en 1943, les Allemands envahissent la zone et la famille est de nouveau contrainte de s’enfuir. Les deux frères sont alors arrêtés et interrogés par la Gestapo, à l’hôtel Excelsior (voir plus bas). C’est grâce à l’aide d’un curé, qui prétextera qu’il voyage avec eux, que les garçonnets échapperont aux griffes allemandes. Affrontant un ensemble de péripéties, ils arriveront a survivre jusqu’à la Libération du pays grâce à leur malice et leur fraternité.

L’ensemble de la famille n’aura pas cette chance. Leur père sera arrêté sur son chemin, puis déporté au camp d’Auschwitz, d’où il ne reviendra jamais. Par la suite, Joseph Joffo reprendra ses affaires et développera le salon de coiffure. Doué et très vite reconnu dans le domaine, il en ouvrira même une douzaine dans la capitale. Une vingtaine d’années après les faits, le coiffeur prendra la plume afin de rédiger Un sac de billes sur un cahier d’écolier.

De la littérature au grand écran

En plus de s’éloigner légèrement de l’ouvrage de Joffo, l’adaptation de Christophe Duguay détonne également par son casting, composé de Kev Adams, Patrick Bruel, Ilian Bergala, ou encore Elsa Zylberstein et Christian Clavier. Mais ce sont notamment les interprétations émouvantes des deux frères Joffo, Jo (interprété par Dorian Le Clech), et son grand frère Maurice (joué par Batyste Fleurial) qui sont restées en mémoire, et notamment dans celle de l’auteur des faits. En effet, Joseph Joffo, décédé en décembre 2018, avait contribué à cette adaptation en étant consultant sur le tournage, et s’était avoué très impressionné par le travail des deux jeunes acteurs qui les incarnent lui et son frère à l’écran.

Publié le LUNDI, 12 AVRIL 2021 par Solène Bonnet

© Thibault Grabherr, Quad, Forecast, Gaumont, TF1

https://www.vanityfair.fr/culture/ecrans/story/un-sac-de-billes-la-veritable-histoire-du-film/13753

Un sac de billes sur France 3 : une bannière nazie a suscité le choc à Nice

À l’occasion de la diffusion ce soir sur France 3 du film Un Sac De Billes, focus sur un moment insolite du tournage : l’installation d’une bannière nazie sur la préfecture de Nice. Un événement qui a provoqué un grand émoi auprès des passants.

Avant d’être adapté au cinéma par Jacques Doillon (1975) puis Christian Duguay, Un sac de billes était un roman de Joseph Joffo, publié en 1973. Il suit la fuite de deux frères juifs dans la France occupée par l’armée allemande entre 1941 et 1944.

LE DÉCOR DE LA DISCORDE

Pour coller au plus près de la réalité de l’époque, la production du film avec Patrick Bruel a installé une immense bannière ornée de la Croix Gammée sur le Palais préfectoral de la ville de Nice.

Ce décor a été choisi pour représenter l’Hôtel Excelsior, réquisitionné par les nazis pour y accueillir le QG de la section anti-juive.

Evidemment, la ville de Nice avait anticipé, informant les citoyens quelques jours plus tôt, notamment à travers des messages sur les réseaux sociaux.

LES HABITANTS DÉCONCERTÉS

Au moment du tournage, en 2015, le directeur du cabinet du préfet, François-Xavier Lauch, a dû s’expliquer au micro de Nice matin :

« Nous avions pris les devants et toutes les précautions avant ce tournage. La ville de Nice a été prévenue, nous avons alerté la population via un post sur notre page Facebook. Nous avons appelé la communauté israélite de Nice pour bien expliquer la situation. »

L’installation du tristement célèbre symbole nazi n’a pas manqué de susciter l’interrogation parmi les habitants, circonspects. Des passants ont toutefois pris cela avec humour, comme ces touristes allemands interrogés par challenges.fr : « J’ai envoyé les photos à mes amis en Allemagne, ils ont répondu nous sommes de retour ! ».

D’autres Niçois étaient plutôt étonnés : « Les gens ne savaient pas s’il s’agissait d’un canular, d’un tournage de film, d’une provocation… Alors, dès l’apparition sur le toit des deux hommes chargés de dérouler le drapeau, la foule s’est mise à crier sur eux. En plein marché des antiquaires, la scène a évidemment suscité beaucoup d’émotion », se souvient un témoin, cité dans le quotidien local.

LE PRÉCÉDENT LUCIE AUBRAC

Cet événement n’est pas un phénomène isolé. Il y a 24 ans, en 1997, Lyon a accueilli le tournage de Lucie Aubrac, drame réalisé par Claude Berri, consacré à la célèbre résistante.

Les rues et les places ont ainsi été recouvertes de drapeaux nazis, provoquant un certain choc chez les Lyonnais.

MICHAEL BAY INCRIMINÉ ?

Une autre polémique du même ordre est née autour du tournage de Transformers The Last Knight de Michael Bay. Pour mettre en scène ce récit qui traverse les époques, le réalisateur est très ambitieux. Pour les besoins d’une séquence se déroulant dans le passé, le roi de l’explosion loue le château de Blenheim en Angleterre.

Par Caroline Langlois — 12 avr. 2021 à 18:00

https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18698209.html

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