A police officer controls a car during a traffic stop after a night of riots in the north of Blois, center France on March 17, 2021. - The clashes started with a refusal to obey during a control by the Anti-Crime Brigade (Bac) in the northern districts of the city in the night of March 16, 2021. (Photo by GUILLAUME SOUVANT / AFP) (Photo by GUILLAUME SOUVANT/AFP via Getty Images)

« Tuez-les ; Tuez- les »… La guerre contre la police en France

Traduction du texte original: « Kill Them; Kill Them All »: The War against Police in France

En janvier, les services statistiques du ministère de l’Intérieur ont enregistré 2 288 agressions contre la police.

Le soupçon que les médias font peser sur le caractère illégitime de la violence policière est si intense que les policiers ne se sentent même pas autorisés à utiliser leur arme quand ils sont attaqués.

La mise en accusation de la police par les médias et l’industrie du divertissement — acteurs, chanteurs, etc — est également alimentée par des universitaires.

La lâcheté des institutions judiciaires se remarque au fait qu’elle a fait alliance avec la foule chic contre la police.

Si la police ne peut pas enquêter ou protéger le public parce que ses agents ont peur d’être traités de racistes, la sécurité des citoyens est en danger.

Le 25 janvier, à Pantin, le 4 février, dans le quartier de la Conte à Carcassonne, le 13 février, à Poissy (Yvelines), des groupes organisés de « jeunes » selon le vocabulaire consacré ont attiré les forces de police dans leurs cités pour leur tendre une embuscade. Aux cris de « Tuez-les ; Tuez- les », les patrouilles ont été prises à partie avec des mortiers, ces engins pyrotechniques régulièrement utilisés comme des armes de guérilla urbaine. A chaque fois, des vidéos de l’attaque ont été diffusées sur les réseaux sociaux.

Des statistiques du ministère de l’Intérieur publiées par le Figaro montrent qu’entre le 17 mars et le 5 mai 2020, 79 guet-apens ont été tendus aux policiers. En octobre 2020, le Figaro a recensé au moins dix attaques de commissariats depuis le début de l’année. En janvier, les services statistiques du ministère de l’Intérieur ont enregistré 2 288 agressions contre la police , selon les informations de la police.

Une guerre contre la police est menée dans notre pays mais cette guerre n’est jamais nommée. Au contraire, médias et people s’associent pour affirmer qu’une police intrinsèquement raciste est partie en guerre contre la population.

Rappelons-nous, les manifestations incessantes et largement médiatisées du clan d’Assa Traore contre le « meurtre » de son frère par la police. Ou bien, en mai 2020, peu après que la chanteuse Camélia Jordana ait accusé la police d’assassinats multiples et gratuits sur une chaîne de télévision du service public, – « les hommes et les femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue » se font « massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau » – une hallucinante séquence s’est mise en place : le député LREM Aurélien Taché a twitté:

« Bravo @Camelia_Jordana, mais le prix à payer va être terrible…tu le savais. Ils vont nier puis retourner la charge de la preuve et une fois encore, chercher à faire passer les victimes pour des coupables. »

Le journal Les Inrockuptibles a apporté sa caution à l’accusation en donnant la parole à un faux « expert » des violences policières, le documentariste David Dufresne, qui a affirmé que la chanteuse « exprime des évidences »L’Obs a surenchéri en juin 2020, en tendant le micro à Omar Sy qui, de sa villa de Los Angeles, a « demandé justice pour Adama Traoré », tracé un parallèle avec Georges Floyd et appelé de ses vœux une « police digne de notre démocratie ». Une pétition a été lancée qui a recueilli plusieurs centaines de milliers de signatures. Le 24 juin, Amnesty International a publié un rapport qui a dénoncé le racisme de la police en Europe pendant le confinement sanitaire. Le 19 juillet 2020, le maire écologiste de Colombes (Hauts-de-Seine) Patrick Chaimovitch a dressé un parallèle entre la police de Vichy et celle d’aujourd’hui. Le psychanalyste Gérard Miller a invité à « réfléchir » sur les propos du maire de Colombes et le journaliste Edwy Plenela comparé le nouveau ministre de l’intérieur Gérald Darmanin à René Bousquet, haut fonctionnaire organisateur de la rafle du Vel d’Hiv et gravement compromis avec la Gestapo pendant la guerre.

Ce climat de délégitimation de l’action de la police a pour conséquence d’aggraver les violences contre les policiers. Sur les routes, toutes les vingt minutes, un automobiliste refuse de s’arrêter et souvent, lance sa voiture contre les forces de l’ordre. Selon le Figaro, ces refus d’obtempérer ont fait un bond de 5,1 % en 2020, soit une infraction commise toutes les 20 minutes, et non plus toutes les 30 minutes comme il y a encore quelques mois.

La pression médiatique sur la police est telle que les forces de l’ordre ne se sentent pas en droit d’utiliser leur arme. Comme l’écrit Philippe Bilger, ex-magistrat, « face aux menaces, aux jets divers et aux atteintes physiques, elle (la police) n’a pratiquement pas le droit d’user de ce que la loi l’autorise à mettre en œuvre », à savoir son arme. « Si on examine dans le détail les cinq situations qui permettent, depuis la loi du 28 février 2017 commune à la police et à la gendarmerie, l’usage des armes à feu, on constate d’abord qu’elles ne sont pas très éloignées de la notion ancienne de légitime défense mais que surtout elles sont très rarement concrétisées dans la pratique ». Pour la bonne raison qu’à chaque fois, pèse sur la police une choquante suspicion d’usage illégitime de la violence.

Lire la suite https://fr.gatestoneinstitute.org/17220/france-guerre-contre-police

Photo : Un police parle à un automobiliste a un feu rouge, après une nuit d’émeutes à Blois, le 17 mars 2021. (Photo by Guillaume Souvant/AFP via Getty Images)

par Yves Mamou 30 mars 2021

Yves Mamou, journaliste, basé en France, a travaillé pendant deux décennies pour Le Monde. Il est l’auteur de « Dix petits mensonges et leurs grandes conséquences ; Auschwitz, Israël, la Palestine et nous » (publié en avril aux Editions l’Artilleur)

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