Syrie : Un nouveau rapport détaille l’influence croissante de l’Iran
Des djihadistes venant d’Afghanistan, du Liban, d’Irak et d’Iran commandés par Qassem Soleimani et encadrés par les Gardiens de la Révolution Iranienne, des transports aériens et maritimes d’approvisionnement ; selon le rapport d’un analyste des renseignements, les cercles dirigeants israéliens ont de bonnes raisons d’avoir perdu le sommeil, en ce qui concerne l’invasion iranienne de la Syrie voisine.

 

 Il est, ces derniers temps, impossible de passer à côté de l’inquiétude grandissante d’Israël que l’Iran s’aménage un avant-poste plus important que jamais en Syrie, comme l’ont prouvé les déclarations du Premier Ministre. Le Directeur du Mossad a aussi alerté le gouvernement du fait que l’influence iranienne en Syrie, en particulier et dans la région en général devient plus imposante de jour en jour.

A la lumière de ces événements et quelques temps avant la prochaine rencontre du Premier Ministre Binyamin Netanyahu avec le Président russe Vladimir Poutine, l’une des personnalités prédominantes dans le façonnement des événements en Syrie, l’analyste des Renseignements Ronen Salomon a rassemblé un projet de synthèse veillant à retracer cette présence des forces iraniennes en Syrie.

Commandant des Forces Quds, Qassem Soleimani

 

Les recherches de Salomon démontrent que la présence iranienne se consolide au Liban, grâce à la Force Quds des Gardiens de la Révolution Islamique, dirigée par le Général Qasem Soleimani. L’organisme des renseignements militaires travaille en tandem avec la Division des Renseignements des Gardiens pour mener des opérations hors d’Iran, avec l’assistance du Ministère des Renseignements et d’autres ministères et services.

 La présence iranienne en Syrie, en même temps, s’amorce dans la région de l’Aéroport International de Damas, grâce à l’Ambassade iranienne et aux bases militaires sur le Mont Qasioun, surplombant Damas et près du Palais Présidentiel.

Il est pertinent de rappeler ici que par le passé, des attaques, destinées à stopper les convois de cargaisons de missiles en direction du Hezbollah, aussi bien à l’Aéroport de Damas que dans le secteur de Qasioun, ont été attribuées aux forces aériennes israéliennes.

« Cette infrastructure s’accompagne de « compartiments d’intérêts » utilisés par la Force Quds, au sein des compagnies aériennes autant que dans d’autres moyens de transports, comme Iran Air et Mahan Air, les ministères de la culture et de la guidance islamique, des sciences et des technologie, de l’habitat, du commerce et des échanges », explique Salomon.

 On dispose de beaucoup d’informations sur le sujet, en consultant la liste des sanctions imposées à l’Iran, aussi bien par le passé qu’aujourd’hui », ajoute Salomon. « De plus, la Force Quds fait usage du Croissant Rouge iranien, à l’occasion, à la fois pour infiltrer des Gardiens de la Révolution et des agents secrets du Ministère des Renseignements et pour transporter des cargaisons et de l’aide militaire par air et par mer, comme ils l’ont déjà fait au Liban, au Soudan et au Yémen ».

Par mer, par air et par terre

Ses recherches démontrent que ces dernières années, l’Iran a été en mesure de transporter un grand nombre de conteneurs, bourrés de composants avancés et d’appareillages de guerre, par la mer, sous camouflage de cargaisons commerciales. Entre autres méthodes, il transpire que ces infiltrations de matériels sont réalisées grâce à des compagnies reliées à l’entreprise de frêt maritime international de l’Iran, IRISL.

 Simultanément à ces actions, l’Iran a commencé à faire du transport aérien vers la Syrie à partir des aéroports de Téhéran et des bases aériennes iraniennes proches de la frontière irakienne. Ces vols empruntent des voies aériennes civiles, grâce à Iran Air et Mahan Air, mais aussi, ils utilisent des avions de transport 747 de l’armée, préalablement repeints sous le sigle d’une compagnie aérienne appelée Qasem Fares Air et d’autres avions de transport fabriqués âr le constructeur russe Ilyushin, qui sont aussi employés par la compagnie nationale de transport aérien syrienne, Syrian Air.

Les produits transportés en suivant ces trajectoires sont constitués d’armes et de combattants, en particulier ceux appartenant aux milices chiites  assistant le régime Assad en Syrie. Des estimations évaluent à 21.000 passagers et à 5.000 tonnes de livraisons, le matériel et les hommes qui ont transité par les routes aériennes de Téhéran et Abadan vers Damas. Les vols décollent la nuit afin d’éviter la surveillance satellitaire. Le rapport de Salomon montre également que l’Iran a commencé à diriger des points d’assemblage et de déchargement, ce qui reflète la véracité des informations récentes disant que la République Islamique a commencé à construire des infrastructures de production de missiles au Liban (à Hermel, près de la vallée de la Beqaa et entre Sidon et Tyr) et en Syrie (du côté de Banyas), dont des sites de fabrication de missiles de longue portée.

Un étendard du Hezbollah aux côtés du drapeau syrien

 

18,000 combattants disponibles le moment voulu

L’activité iranienne se déploie sur quatre fronts. Le principal centre de commandement est stationné dans la zone de l’aéroport  international de Damas et lui est confié toute la panoplie des livraisons par voie aérienne et la propagation de forces à travers tout le grand Damas. Dans le centre de la Syrie,il existe un avant-poste de commandement dans la zone de Dumayr et sur les aérodromes militaires de Shayrat et la Baste de Tyas, ou T4, dans la région de Homs.

Dans le même temps, ses témoins attestent de la construction accélérée de complexes militaires sur la bande côtière du Nord-Ouest de la Syrie, visiblement reliés au développement et au stockage d’armements.

 Dernièrement, ajoute Salomon, l’Iran a produit un effort concerté pour prendre le contrôle du passage frontalier d’Al-Tanf, entre la Syrie et l’Irak, dans le but de connecter les bases en Iran avec celles de ses branches irakiennes – et de les utilisées pour compléter la prise de contrôle des frontières partagées avec l’Irak, à Deir Ez Zor dans l’Est de la Syrie. Il est tout-à-fait possible que l’Iran ait l’intention d’utiliser ces routes pour transporter de l’armement avancé, des véhicules blindés réquisitionnés dans les arsenaux de l’armée irakienne et des bus bourrés de combattants.

L’ordre de bataille qu’a échafaudé l’Iran en Syrie, sous l’œil vigilant de Soleimani, est constitué par les unités de l’élite de la Garde Révolutionnaire, appelées Bassidjis et de l’armée iranienne régulière, aujourd’hui annexée à la Force Quds et dont le chiffre en Syrie atteint environ 1.500 hommes.

D’autres milices indépendantes et forces organisées sur le terrain sont aussi soutenues par l’Iran. Il est tout-à-fait concevable que les forces palestiniennes (essentiellement le Liwa Al Quds –ou Fedayin Arabes de l’Armée Syrienne- et l’Armée de Libération Palestinienne) coopèrent également avec la Force Quds et soient intégrées aux forces populaires de combat syriennes.

Environ 18.000 combattants appartenant à diverses milices sont présents en Syrie à tout moment, un nombre qui comprend le Hezbollah et le personnel militaire iranien.

 Il est aussi possible que son nombre se soit amplifié au cours de ces tous derniers mois, en conséquence de l’accélération du transport aérien mentionné plus haut.

S’agissant du nombre de pertes enregistrées, Salomon évalue que si on inclut le Hezbollah (plus de 1.800 tués et 5.000 blessés), d’autres milices chiites, l’armée ou le personnel des Gardiens de la Révolution iranienne, au moins 2.600 hommes ont perdu la vie depuis le début du conflit, à titre d’estimation approximative, dont la plupart d’entre eux ne sont pas nécessairement  iraniens.

 Roi Kais|Dernière Mise à Jour :  21.08.17 , 23:33

ynetnews.com

Adaptation : Marc Brzustowski

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