SouCCoT: la Fête de la Joie (vidéos)

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LES QUATRE ESPÈCES ARBAÂTH ‘HAMINIM ארבעת המינים

Au cours de la fête de Souccot, il est une prescription qui va caractériser cette époque autant que la cabane de roseaux elle-même.

 

Souccot 2019: ce soir dimanche 13 octobre

À la soirée du dimanche 20 octobre.
Chemini Atséret le 21 Octobre ( depuis la veille)
Simha Torah le 22 Octobre (depuis la veille)

La soucca, demeure si légère et occasionnelle, que le moindre souffle de vent peut mettre en péril, fait penser à la fragilité de l’existence. Cette cabane nous a abrités pendant les 40 années d’errance dans le désert.

La double symbolique est donc le fait que notre destin est aussi frêle qu’un roseau et la seconde symbolique est de se souvenir de la sortie d’Egypte.

Souccoth met l’homme en rapport avec la nature de manière très directe d’abord parce que dans la cabane l’homme se retrouve directement sous les ailes de la shekhina et donc sous la protection divine et comme nous le verrons ci-dessous, le bouquet des quatre espèces rappelle à chaque instant le lien puissant qui relie la créature humaine à la création.

Dans le Lévitique, au chapitre XXIII le verset 40 énonce : “vous prendrez(…) un fruit de l’arbre ‘hadar (cédrat ou etrog en hébreu), une branche de palmier (loulav), des rameaux de l’arbre aboth (myrte ou ‘hadass) et des saules de rivière (ârava).

Les rameaux se doivent d’être attachés ensemble selon un ordre particulier : il faut une branche de palmier, trois branches de myrte et deux branches de saule.

COMMENT CHOISIR LES DIFFÉRENTS ÉLÉMENTS DES QUATRE ESPÈCES ?

Aujourd’hui, de plus en plus, on vend des ensembles de 4 espèces munis d’un certificat d’origine et de casherout ce qui évite de mesurer les plantes pour savoir si elles correspondent à la ‘halakha.

De toute façon voici un abrégé des critères selon lesquels choisir un beau bouquet de “4 minim”.

Résultat de recherche d'images pour "souccot 2019"ETROG : Mesure : il doit être plus gros qu’un œuf. Couleur et aspect : il ne doit pas être ni noir ni brun ce qui le rend “passoul” (non valable). Il peut être verdâtre, en tout ou partie et il est préférable qu’il soit bien jaune, cependant, selon les années, il se peut qu’il soit vert si les fêtes tombent tôt en septembre.Si l’étrog n’est pas d’une catégorie où le “pitoum” est rentré il faut manipuler le fruit avec précaution pour que le pitoum ne se casse pas. Il y a aussi les étroguim yéménites sans pitoum mais d’une très grande taille.
La peau du fruit peut-être granuleuse sans rien ôter de ses qualités pour la prière.
Lorsqu’un cédratier n’est pas greffé il peut y avoir sur le corps de l’étrog une très fine marque légèrement nacrée sans aucune incidence sur la validité du cédrat.
Après usage, il est conseillé de conserver l’étrog dans une boîte où il sera à l’abri.

 

  Résultat de recherche d'images pour "souccot 2019"LOULAV : Il s’agit d’une branche de palmier d’au minimum 40 cms de long.
La branche doit être le plus droit possible, le plus vert possible et, si possible, les feuilles ne doivent pas se détacher.
C’est la raison pour laquelle dans certaines communautés, les fidèles garnissent leur loulav soit au moyen de fils satinés ou soyeux de couleur en les croisant pour éviter, qu’en agitant le bouquet comme il le faut au cours de la cérémonie du loulav, les feuilles ne se séparent trop les unes des autres ; de même, souvent l’extrémité du loulav est protégée par un peu de coton.

Résultat de recherche d'images pour "myrte de souccot"      HADASS : myrte. Les trois branches de myrte doivent être si possible de la variété de Safed (Tsfat) avec des feuilles qui se recouvrent en partie les unes les autres et recouvrent le tige. Les feuilles doivent être en bon état, il ne doit pas y avoir trop de baies. La dimension minimum est de 30 cms. Il faut veiller à ne pas laisser sécher les feuilles, sinon les branches (et les feuilles) seront inutilisables pour la fête.

 

 

  Résultat de recherche d'images pour "arava de souccot"ARAVA : Les deux branches de saule doivent mesurer au minimum 30 cms chacune. L’extrémité ne doit pas être coupée et les feuilles en bon état et pas sèches. Cependant, certaines années il y a une maladie qui se propage parmi les saules qui se nomme “la rouille” et toutes les feuilles sont piquetées de brun. En ce cas, il est impossible d’obtenir dans une même région des saules non contaminés et les saules “tachetés” sont, alors admis.

Pour lier le bouquet il est possible d’utiliser soit de petits étuis en feuilles de palmier tressées (selon les avis) soit simplement des fils ou de fins liens. En plaçant le loulav devant soi, les branches de myrte sont placées à droite et celles de saule à gauche. Certains placent les branches de myrte une au-dessus du loulav, une sur le côté à droite et une au-dessous.

Pour conserver les 4 espèces en bon état, on préparera deux torchons dont un sera humidifié mais pas trop mouillé pour que les feuilles ne pourrissent pas et l’autre sera sec. Le bouquet sera roulé dans le torchon humide et recouvert du second puis, une fois rentré à domicile, on ôtera le loulav et on placera les branches de myrte et de saule au-dessus du tiroir des légumes dans le réfrigérateur. En cas de dessiccation il faudra veiller au remplacement des branchages.

Le loulav sera plongé dans un vase plein d’eau.
Avant de procéder à la bénédiction du loulav il faudra saisir le bouquet complet dans la main droite et l’étrog dans la main gauche en ayant soin de le renverser avant de prononcer la bénédiction pour qu’il n’y ait pas d’interruption entre la fin de la berakha à laquelle est ajoutée la bénédiction de shé’héhéyanou et le fait de “balancer” les 4 espèces.

ברוך אתה ה’ אלוקינו מלך העולם אשר קידשנו במצוותיו וציוונו על נטילת לולב
ברוך אתה ה’ אלוקינו מלך העולם שהחיינו וקיימנו והגיענו לזמן הזה.

Baroukh Ata Ado-nay Elo’hé-nou melekh ‘haôlam asher kidéshanou bemitsvotav vetsivanou âl nétilat loulav. Baroukh Ata Ado-nay Elo-‘hénou melekh ‘haôlam shé’héhéyanou vékiyémanou vé’higuiânou lazeman ‘hazé.

Béni sois-Tu Éternel notre D. Roi de l’Univers qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de prendre le loulav Béni sois-Tu Eternel notre D., Roi de l’Univers qui nous a fait vivre et nous a maintenus en vie et nous a fait arriver à ce temps-ci.

Après ceci, on retourne le cédrat de manière à ce que le pédoncule soit en bas et le pitoum vers le haut et on commence à balancer dans l’ordre suivant (6 directions) on se place face à l’orient et on agite le bouquet trois fois dans cette direction puis on le ramène vers soi et on répète cette opération vers le sud, puis vers l’ouest, puis vers le nord puis toujours en agitant trois fois vers le haut puis trois fois vers le bas. Les coutumes ne sont pas toujours les mêmes certains privilégient d’autres directions et certains inclinent le bouquet sans bouger.

Les plantes ont plusieurs symboliques :
ETROG : ce fruit est issu du cédratier dont les feuilles et les fleurs sont odoriférantes. Le fruit par lui-même est odorant et l’on pourra – après la fête donc après l’usage fait du bouquet – respirer le parfum du fruit et réciter à ce propos la bénédiction se terminant par : הנותן ריח טוב בפירות ‘hanotene réah tov beféroth – qui donne aux fruits une bonne odeur. De même, on ne goûtera pas le cédrat pendant la fête. Le cédrat symbolise l’homme qui étudie et fait de bonnes actions c’est-à-dire quelqu’un qui est odoriférant et savoureux.
Sur le plan du corps humain, le cédrat a un peu la forme du cœur.
Il est rapporté au Patriarche Abraham et à la Matri arche Sara.

LOULAV : Il provient du dattier qui donne des fruits sans odeur mais savoureux comme un homme qui n’étudierait que très peu mais dont les actions sont si belles. Le loulav représente la colonne vertébrale. Isaac qui symbolise à la fois la rigueur/justice et le don de soi par le sacrifice, est aussi représenté par le loulav. Rivka est douce comme le miel ou comme la datte.

HADASS : Une plante odoriférante mais ne donnant pas de fruit comme quelqu’un qui étudie et ne fait pas de bonnes actions. Les feuilles rondes représentent les yeux. Représente Jacob à cause du nombre de ses descendants et Léa pour la même bonne raison.

ARAVA : sans parfum et sans fruits, la ârava symbolise les lèvres promptes à parler et parfois sans raison, et s’apparente à quelqu’un qui n’étudie pas et ne fait pas de bonnes actions. La ârava est comme Joseph qui mourut avant ses frères et comme Rahel sa mère.
En unissant en un bouquet ces quatre espèces et en les agitant dans les quatre directions plus en haut et en bas, nous exprimons notre volonté d’unir les quatre genres d’hommes aux quatre éléments et aux quatre directions du monde et d’unir dans un même mouvement les sphères intermédiaires aux sphères supérieures et inférieures auquel l’homme est soumis.

Caroline Elishéva REBOUH

 

De Kippour à Souccot: le grand basculement

Après la fête solennelle de Yom Kippour, le Grand Pardon, on bascule dans la fête de la joie, Souccot. Comment expliquer ce retournement ?

Dès la fin de Kippour, on commence la construction de la soucca, dit le Choul’han Aroukh (Ora’h ‘Haïm 624, 5). C’est dire que la transition est particulièrement rapide. D’une certaine manière, Souccot constitue la suite de Kippour.

En effet, il est question de la vulnérabilité de la destinée humaine à Kippour tant dans les textes de la liturgie de ce jour que par le jeûne et la fatigue qui en découle.

Or, l’idée de l’éphémère se situe au cœur de Souccot puisque la soucca dans laquelle nous habitons, sept jours durant, est bien désignée, dans le Talmud, par l’expression « demeure provisoire ».

Son toit composé de végétaux laissant passer le froid est une mise en gestes des paroles de la prière de Kippour.

Ce rapprochement est aussi suggéré par la lecture de L’Ecclésiaste à l’occasion du chabbat ‘hol hamoed de Souccot, texte introduit par les mots ; « Vanité des vanités, tout est vanité ».

Ajoutons que si Kippour est jour de jugement, Souccot aussi possède une dimension de justice puisque la Michna de Roch Hachana (1, 2) rappelle que le jugement de la fête de Souccot porte sur la pluie.

C’est pourquoi on offrait des libations d’eau sur l’autel du Temple de Jérusalem. Et c’est la raison pour laquelle on prie D.ieu d’offrir au monde des pluies de bénédictions notamment à Hochana Rabba.

Kippour et Souccot sont aussi complémentaires dans le sens où chacune de ces célébrations met en exergue un sentiment bien précis.

A Kippour, le sentiment de crainte habite le cœur de l’individu. Roch Hachana et Kippour sont bien appelés « les Jours redoutables ».

A Souccot, la joie et l’amour de D.ieu pénètrent dans l’esprit (la fête est désignée par la formule « le temps de notre joie »). Ainsi, dans un laps de temps relativement court, le cadre festif permet de développer les sentiments de crainte et d’amour vis-à-vis du Créateur, tous deux répondant à des injonctions bibliques.

On explique que la crainte et l’amour qui accompagnent par exemple l’accomplissement des commandements de la Torah sont telles les deux ailes de l’oiseau qui ne peut s’envoler si une lui manque.

La problématique du corps rattache également les deux solennités.

Si à Kippour, la Torah ordonne de ne pas fournir au corps ce dont il a généralement besoin comme l’eau et la nourriture, Souccot réintègre le corps dans le service divin puisque l’injonction de Souccot consiste essentiellement à manger dans la soucca.

Et si durant Kippour, le corps était en retrait, à Souccot, il se met en mouvement. Les quatre espèces qui composent le bouquet de Souccot correspondent bien à quatre organes éminemment importants : le cœur, la colonne vertébrale, les yeux et la bouche.

A partir de Souccot, le juif sert son D.ieu avant l’ensemble des éléments qui le composent. Ce processus conduit à l’apothéose de ce mouvement avec Sim’hat Torah où le corps se met à danser, les pieds à s’élever.

Enfin, c’est le souffle de l’automne qui enveloppe nos deux célébrations. En automne, le vent souffle, les feuilles des arbres tombent et ces derniers se retrouvent dénudés.

A l’instar de l’âme qui s’exprime à Kippour et Souccot comme jamais elle ne s’exprime, dégagée des contingences matérielles, heureuse de pouvoir surgir avant que ne survienne l’hiver.

Par le Rabbin Jacky Milewski

 

La préparation à la Mitsva: Plus importante que la Mitsva elle-même ?! Rav Yirmiyah Achéroff

Le Midrach nous enseigne que les jours qui séparent Yom Kipour de Souccot sont des jours où le peuple juif ne commet pas de fautes, du fait que chacun est occupé à la préparation de la Soucca ou des quatre espèces, à tel point que le « premier jour » qui fait allusion à la fête de Souccot est considéré comme le premier jour des « nouvelles fautes ».

Le Tourei Zahav (Rabbi David Halévy, célèbre commentateur du Choulh’an Arouh’) en vient même à se poser la question qu’il apparait, selon ce Midrach, que la préparation à la Mitsva ait plus de valeur que la Mitsva elle-même. Comment est-ce possible ?

Le Sfat Emet (Rabbi Yéhouda Aryé Leib Alter, Admour de la Hassidout de Gour) répond à cette interrogation de deux manières.

  1. 1. Lors de la préparation l’homme aura tendance à faire un travail assidu sur lui de sorte à pouvoir accomplir la Mitsva de la meilleure façon.

C’est ce travail continu sur soi qui va, au final, élever et purifier la personne, tandis que l’accomplissement de la Mitsva elle-même ne dure, en réalité, que de brefs instants.

L’intensité de la Mitsva dépend donc de la purification qui la précède, une Mitsva faite  » à la va vite » sans aucune préparation n’atteindra pas son objectif, à savoir nous élever spirituellement et nous rapprocher de notre Créateur.

Nous passons une partie non négligeable de notre existence à nous préparer ; préparation à la Bar/Bat Mitsva, au mariage, à un accouchement, à l’armée ou encore dans notre travail du quotidien. Dans une certaine mesure, cette préparation a plus de valeur car grâce à elle, nous allons de l’avant et nous construisons.

  1. Aucun être sur Terre n’a le pouvoir d’accomplir la Mitsva avec toute la perfection nécessaire. Nous avons besoin à chaque instant de l’aide Divine, qui, dans Sa grande Bonté, donne à l’Homme les forces nécessaires pour la faire, tel que s’exprime David Haméleh :  » Je crie vers le Dieu suprême, vers le Tout-Puissant qui termine le travail pour moi » (Téhilim 57,3).

Néanmoins, le désir et la volonté de vouloir faire la chose de la manière optimale sont à la portée de chacun d’entre nous. Nos Sages enseignent (Traité Yoma 9b) que les pensées de vouloir commettre une faute sont parfois plus graves que la faute elle-même.

S’il en est ainsi pour les fautes, a fortiori pour les bonnes actions : l’envie de vouloir faire la volonté de notre Maitre nous protège et nous élève autant, si ce n’est plus, que la Mitsva.

Ayons « envie d’avoir envie » et profitons de ces jours de préparation afin d’arriver à la fête de Soukot « zman sim’hatenou » remplis de joie et de bonheur.

Hag Saméah

Le Rav Yirmiyah Achéroff est enseignant à la Yeshiva Or Vishua

(Des remarques, des commentaires ou une envie d’approfondir… retrouvez nous sur le site https://www.orvishua.info/ )

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