AFFAIRE SARAH HALIMI: SON FRÈRE DÉPLORE UNE « SITUATION D’UNE EXTRÊME INJUSTICE »

Interrogé par BFMTV, William Attal, le frère de Sarah Halimi assassinée en avril 2017 estime que « la responsabilité et la faute de (son) assassin sont incontestables. »
Affaire Sarah Halimi: son frère déplore une "situation d'une extrême injustice"

« Une décision immorale et injuste. » Le frère de Sarah Halimi, cette retraitée juive tuée par Kobili Traoré en 2017, a réagi ce mardi sur le plateau de BFMTV à la décision de la Cour de cassation de rejeter le pourvoi des avocats de la famille sur l’irresponsabilité pénale du meurtrier de sa sœur.

« Elle a souffert le martyr »

« Ma sœur a reçu des coups d’une violence inouïe. On lui a cassé les os du visage, on l’a défigurée. On l’a jetée dans le vide à 15 mètres de hauteur. Elle a souffert le martyr. Il faut respecter sa douleur, les souffrances qu’elle a supporté », clame William Attal à l’antenne de BFMTV.Au moment des faits, Kobili Traoré était en pleine « bouffée délirante », liée à une forte consommation régulière de cannabis. Le 19 décembre 2019, la cour d’appel de Paris a donc conclu, sur la base de trois expertises médicales, que le jeune homme était « irresponsable pénalement » en raison d’un trouble psychique au moment des faits.

« Ce qui est terrible dans cette affaire, c’est qu’il n’était jamais malade avant et que maintenant il n’est pas du tout malade », soutient le frère de la victime, dénonçant des « bouffées délirantes opportunes ».

Une hospitalisation d’office

En réalité, le meurtrier, hospitalisé d’office dans un établissement psychiatrique (un placement assorti d’une mesure de sûreté de 20 ans), a connu de nouvelles bouffées délirantes depuis, lors desquelles il prenait les autres patients et les soignants pour des « démons », selon nos confrères de France Inter.

« J’ai entendu qu’il était question d’une nouvelle loi qui pourrait s’appeler Sarah Halimi. Mais que faisons-nous de la douleur de ma sœur? Ce que je souhaite c’est la justice monsieur. Ce que je souhaite, c’est qu’un individu qui vit hors la loi pendant dix ans, qui prend tous les risques pour sa sécurité et celle des autres, c’est insupportable qu’il ne soit pas condamné, qu’il ne paie pas pour ses fautes. Ma sœur n’avait pas à payer pour ses fautes », poursuit le frère de la victime.

Réagissant à la volonté du président de la République de faire évoluer la loi sur l’irresponsabilité pénale, William Attal estime « qu’Emmanuel Macron, en homme d’État qu’il est, reconnaît l’injustice ».

Et de répéter: « Cette décision de justice est particulièrement immorale et injuste. (…) Peut-être que la loi n’était pas tout à fait adaptée mais surtout la responsabilité et la faute de l’assassin sont incontestables. »

Esther Paolini Journaliste BFMTV
FRED VIELCANET VIA GAMMA-RAPHO VIA GETTY IMAGES William Attal, frère de Sarah Halimi assassinée en avril 2017, lors d’une marche symbolique en hommage à la victime, le 5 janvier 2019 à Paris. Son meurtrier a été jugé irresponsable aux moments des faits. (Photo by Fred VIELCANET/Gamma-Rapho via Getty Images)
En avril 2017, en plein Paris, la haine antisémite frappe à nouveau dans toute sa violence.
Ma mère, Sarah Halimi, médecin et ensuite directrice de crèche, mère de 3 enfants, est torturée et assassinée parce que juive, dans son appartement.

 

4 ans après, la cour de cassation rend l’ultime verdict de son assassin, le jugeant pénalement irresponsable.
Après la douleur et la tristesse, c’est la colère et la volonté d’agir qui anime aujourd’hui le monde entier.
Je suis touché par le nombre incalculable de soutiens et de messages de votre part à tous.

Moi, Yonathan Halimi, fils de Sarah Halimi, je veux par le biais de cette page, vous informer de la suite de notre combat face à cette injustice, avec des informations officielles.

Je compte sur vous tous pour aimer et partager notre page, afin de sensibiliser le maximum de monde et avoir enfin justice.

Merci à vous.

4 Commentaires

  1. Alexandra, je crois que Guidon a à peu près répondu à vos questions trèspertinentes. Consciemment ou pas ils sentent que les Juifs méritent plus ou moins leur (notre) dur destin, qu’ils n’ont pas réellement droit à une protection totale (car « Ça n’en finirait pas! », ou « C’est un peu leur problème », « Ils n’ont qu’à vivre chez eux… » etc)
    Nous on est choqué car on est « nous », on est Juif.
    Mais eux ils ne savent pas qu’il est normal et « humain » d’être un Juif. Ils ressentent qu’ils nous font une sorte de faveur de nous tolérer, à plus forte raison de nous assurer protection au risque de leur vie (qui selon eux aurait au moins plus de valeur que la nôtre, et donc : »Pourquoi risquer leur vie pour des Juifs ?! Ils n’ont qu’à assumer leur problème ! » etc.)
    Pour ces raisons assez irréversibles il n’est pas tout à fait raisonnable de vivre à leur tutelle, à mon humble avis.
    Ils ne raisonnent pas comme nous et ça on n’arrive pas à le digérer ! Et do c on ne les comprend pas et donc on essaye de les ramener à la raison, mais à notre raison ! (Pas à la leur…)

  2. Les petits juges doivent répondre à ces questions :
    – pourquoi les circonstances aggravantes d’assassinat, actes de torture et de barbarie et antisémitisme n’ont pas été retenues en première instance alors qu’elles sont une évidence ?
    – Pourquoi avoir demandé d’autres expertises alors que le premier expert psychiatre avait conclu qu’il n’y avait pas abolition du discernement et que le criminel pouvait être jugé ? (il fallait absolument noyer le poisson jusqu’à obtenir l’expertise qui satisfasse les juges= instrumentalisation des experts)
    – pourquoi le passé de délinquant multi-récidiviste du criminel n’est pas retenu comme une preuve évidente de sa persévérance délibérée et consciente dans le mal ?
    – pourquoi les flics ne sont pas intervenus pour secourir Sarah Halimi et qui en a donné l’ordre ?
    La personne qui a donné l’ordre de ne pas intervenir doit être jugée pour non assistance à personne en danger voire complicité de crimes.
    L’absence de procès a pour seul but de protéger cette personne.

  3. Un fou mais suffisamment, lucide pour enjamber des balcons
    ne pas se tromper d’appartement et emporter avec lui un coran et un couteau
    pour commettre un assassinat rituel.
    Vous avez dit fou?
    la justice doit faire son travail et ne
    pas se cacher derrière des rapports de pseudo experts pour éviter un procès qui mettrait en lumière, la passivité de la police, qui était sur place la nuit du drame, mais n’a rien fait malgré les cris et les appels a l’aide de Mme Halimi,
    ou pour camoufler l’antisémitisme d’une partie de la communauté musulmane qui s’affiche sans complexe.

  4. Il ne faut pas que cet assassin s’en tire et cela est une évidence pour chaque Juif. Tout doit-être fait pour cela. Il faut préciser que cela n’est pas la première fois que cela arrive et souvent sans réponse appropriée, de la police, de la « justice » et des autorités, volontaire ou non.

    Cela, c’est après que l’irréparable ait été commis mais avant cela, il faut agir en amont. Il faut bien réaliser qu’une personne qui est harcelée, agressée parce que Juive, trouvera très peu d’aide, ou pas du tout, auprès des voisins, des relations et même auprès de la police. Tout d’abord parce que les gens ont peur pour eux-mêmes et aussi parce que certains pensent souvent qu’un Juif « mérite » ce qui lui arrive de mauvais et que c’est « normale » qu’on l’insulte et qu’on l’agresse. Même la police a des instructions pour éviter les plaintes d’agressions antisémites. Certains policiers vont même jusqu’à penser qu’un Juif n’a pas droit à leur protection et à la sécurité personnelle comme tous les autres citoyens.

    Ceci pour dire que les familles et les enfants doivent protéger les leurs surtout s’ils sont âgés, quitte à les sortir de chez eux, dés qu’ils sont menacés. Il faut bien comprendre qu’en France, tout le monde ne pense pas comme un Juif, qu’on soit d’origine immigrée ou non. Ce que nous , nous ne sommes pas capables de faire, en bande ou non, à une personne vulnérable ou non, d’autres sont capables et disposés à le faire et sans aucune limite due à la bienséance ou à la pitié. Bien sûr, je ne dis pas « tout le monde » mais certains et c’est largement suffisant pour être plus que vigilant.

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