French Justice Minister Rachida Dati visits the Western Wall, Judaism holiest site, in Jerusalem's old city on September 21, 2008. Dati is on an official visit to Israel and the Palestinian territories during which she will hold talks with officials from both sides. AFP PHOTO/MENAHEM KAHANA

Rachida Dati: «Il faut assumer une autre politique de peuplement»

ENTRETIEN – L’ancienne ministre de la Justice, en colère contre le gouvernement et la gauche, veut notamment «supprimer l’acquisition automatique de la nationalité française par mariage».

Par Carl Meeus

Rachida DATI. – Je suis très étonnée par ceux qui découvrent cette barbarie. Elle existe depuis les années 1990, avec des premiers attentats islamistes sur notre territoire. Nous étions alors nombreux à alerter dans un mépris et un silence assourdissant. De grandes associations de gauche qualifiaient cette idéologie mortifère comme un droit à la différence. On le paye très cher aujourd’hui. La gauche n’en a jamais tiré aucune leçon car encore récemment elle a voté avec les Verts français contre le texte européen pour lutter contre la radicalisation et l’apologie du terrorisme en ligne, dont j’étais rapporteur et dont tout le monde se prévaut aujourd’hui. Si le gouvernement pense maintenant faire reculer cette barbarie en annonçant l’expulsion de fichés S, alors que les intéressés eux-mêmes savent qu’ils ne sont pas expulsables, c’est encore un recul. Tant que les pays d’origine ne voudront pas les reprendre, nous devons les maintenir en rétention de sûreté, comme le fait l’Angleterre.

Dans nos colonnes, Gérald Darmanin expliquait qu’aucun gouvernement n’avait réagi aussi fortement que lui depuis 30 ans contre l’islam radical. Qu’en pensez-vous?

Le premier qui s’est attaqué à cet islam radical, dans le prolongement de Jean-Pierre Chevènement, a été Nicolas Sarkozy avec la création d’un conseil du culte musulman français. Nous souhaitions un islam de France, avec des imams formés en France, des prêches transparents et des interlocuteurs républicains fédérant les Français de confession musulmane. Le projet a été saboté par de nombreux responsables politiques. Quant à M. Darmanin, je rappelle qu’il y a quelques années, il refusait de s’attaquer à l’islam radical car il considérait que l’on stigmatisait les musulmans.

Comment agir efficacement et concrètement contre l’infiltration des islamistes dans les services publics?

Il faut absolument revoir nos processus de recrutement dans les services publics et interdire la délégation de certaines missions de service public aux associations. L’infiltration a été facilitée par toutes ces associations non contrôlées auxquelles on a délégué l’insertion, l’alphabétisation, des cours de langue soi-disant d’origine. De nombreux salariés de ces associations ont ensuite été recrutés dans les collectivités grâce à des validations d’acquis de l’expérience professionnelle obtenues dans ces organisations douteuses. Ainsi, ils sont venus diffuser leur idéologie au cœur même de la République. Ce n’est pas une charte du respect de la laïcité qui entravera cette désagrégation profonde!

Et dans les quartiers?

Il y a une responsabilité de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine, NDLR), qui a déversé des milliards d’euros pour arriver au pire, sans contrôle! Ces quartiers sont devenus des îlots qui se sont isolés de la République. Tout cela a été aggravé par une politique de regroupement familial non maîtrisée. On a dit pendant longtemps que le parc social était une bombe à retardement, aujourd’hui la bombe a explosé. Il faut assumer une autre politique de peuplement, notamment dans le parc social, et assumer aussi de fermer le robinet des arrivées en France. La demande d’asile baisse partout Europe, sauf en France où elle augmente en raison notamment d’un accueil massif et sans contrôle des déboutés du droit d’asile des autres pays européens. Il faut supprimer l’acquisition automatique de la nationalité française par mariage tout comme l’impossibilité d’expulsion quand on est parent d’un enfant né en France. Sur les mineurs isolés, je réitère ma proposition de les raccompagner dans leurs pays d’origine, ce qui est possible juridiquement, mais n’est pas fait par manque de volonté politique.

L’avocat Richard Malka dénonce ceux qui «nous insultent en nous traitant d’islamophobes depuis vingt ans» et pointe la responsabilité de Jean-Luc Mélenchon…

Je pointerais plus largement tous ces élus et associations de gauche qui continuent de soutenir et de financer des associations indigénistes et séparatistes comme l’ont fait encore récemment Anne Hidalgo et ses alliés à Paris. Je vous renvoie au livre d’Ève Szeftel (Le Maire et les Barbares) qui dénonce ces élus et ces associations. J’ai saisi le procureur de la République le 20 juillet dernier pour demander l’ouverture d’une enquête pénale à leur encontre. À ce jour, pas de réponse. Cela aussi, c’est un signal que savent entendre les barbares, croyez-moi! Ma colère, c’est qu’on ne propose plus aux Français de grands projets collectifs. Pire que cela, on les laisse se replier sur des identités parfois mortifères

 

lefigaro.fr

2 Commentaires

    • Qui vous a dit qu’il fallait que la France se peuple davantage ? Ou même l’Europe ?
      Il se trouve que la technologie diminue fortement le travail humain, qu’il soit manuel, tertiaire, ou intellectuel, et c’est presque une aubaine que les pays occidentaux fassent moins d’enfants, puisque ceux-là trouveront du travail, si du moins, on peuple le différentiel avec de l’immigration non sélective. Si on continue à inonder le pays avec de l’assistanat, nous aurons nécessairement un masse chômeuse ingèrable.
      Les retraites sont payées par la cotisation, mais si les chômeurs se multiplient, in voit mal comment on paiera cette retraite.
      Une recession demographique?
      Oui, et alors ? A-t-on besoin de chair à canon ?

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