Prier directement et sans intermédiaire!!

Caroline Elishéva REBOUH mis à jour le 05.10.2020

Dans une certaine publicité qui court sur les ondes, une actrice en renom expose : « je ne sais pas pour vous, mais….. » et c’est exactement l’introduction que je souhaitais à mon propos : Je ne sais pas pour vous, mais pour ce qui me concerne et beaucoup de personnes comme moi, j’ai été élevée non pas dans une religiosité extrême, ni dans un abandon total des fêtes juives, des coutumes mais, je me souviens parfaitement de la dévotion avec laquelle les grands-mères et même les mères au moindre bobo qui survenait, se précipitaient vers un enfant tombé ou pleurant en invoquant soit « Rebi Shim’ôn » ou bien « Rebi Méyér » noms suivis d’un chapelet de mots en judéo arabe tels que « bretchar » ou « laystor » , ou autres expressions voisines, censées porter chance ou servir de refuge psychologique pour se rassurer.

Certaines dates, comme la Hiloula de Rabbi Shim’ôn Bar Yohay, le célèbre Tana, servaient de repères pour les femmes pour allumer des bougies et formuler des prières et des vœux en n’osant pas prier D. directement mais en utilisant comme intermédiaire les mérites de ce grand sage comme garants pour appuyer leurs demandes.

Certains autres fidèles, se rendaient volontiers sur le lieu de sépulture d’un grand sage comme le tombeau du « Rab » de Tlemcen pour obtenir des Cieux qui la guérison, un mariage ou un garçon !!!

Il ne venait donc pas à l’idée de quelqu’un de prier pour sa propre valeur, de par lui-même mais toujours en se recommandant des valeurs de quelqu’un d’autre, qui certes, possède des mérites infinis, mais, l’un comme l’autre, simple juif ou talmid hakham, n’en sont pas moins les enfants aimés par le Père Céleste.

Comme la plupart de nos semblables, souvent, devant l’adversité qui est souvent notre compagnon de route, j’allumais des bougies et suivais scrupuleusement le calendrier des hilouloth de certains Tsadikim dont l’histoire m’avait touchée…..

Je fixais des rendez-vous chez certains tsadikim dont je m’étais laissé conter les exploits, pleine de dévotion et d’espoirs. Jusqu’au jour où, ne sachant plus ni que faire ni que dire, dans le silence de ma voiture, conduisant vers je ne sais plus quelle destination, j’ai élevé ma voix vers le Maître du Monde et lui ai confié mes tourments. Le résultat ne se fit pas attendre car, en premier lieu je sentis immédiatement un calme immense m’envahir, au point que mes larmes se sont taries d’un coup et qu’un espoir rassérénant m’envahit.

Pour l’heure, j’avais déjà gagné une bataille car je me sentais beaucoup mieux et je pris immédiatement une décision : désormais, je parlerai directement et sans intermédiaire à mon Père qui est dans les Cieux que nous ne voyons pas mais que nous pouvons sentir à chaque instant par Son assistance. IL est toujours présent. IL est toujours à l’écoute, n’importe où et n’importe quand.

Lorsque nous sommes de petits enfants, nous adressons nos demandes et nos souhaits, mais, nous devons absolument nous persuader que LUI aussi est présent de nuit comme de jour à tout instant et peu importe où. LUI seul peut entendre tout ce que nous avons à dire. L’un de mes maîtres m’apporta un enseignement que je tente de respecter à chaque instant : il disait : « fais ce qu’IL désire pour qu’IL te donne ce que tu désires ».

D’après la morale juive, il n’est jamais trop tard pour faire teshouva et, nous disposons de tant de mitsvoth (613) qu’il est facile de se fixer à chaque instant un nouvel objectif : ajouter une pièce à notre tsedaka, allumer les bougies de shabbat, aider notre prochain etc…

Au mois d’Eloul les Sefaradim et Edoth HaMizrah ont récité les « selihoth », entrepris un retour sur soi, entendu le shoffar chaque jour pour faire en sorte que notre âme s’émeuve.

Tout comme nos ancêtres ont sonné du shoffar autour des murs de Jéricho pour qu’ils s’effondrent, le son aigrelet et puissant de la corne de bélier est fait pour que s’effondrent nos propres barrières que notre mauvais penchant nous impose.

Mais comment s’adresser à Lui direz-vous ? Le plus simplement du monde : tout naturellement….Laissez votre cœur s’exprimer, laissez vos larmes couler, et toujours remerciez toujours aussi simplement pour le mieux que vous avez ressenti pour le miracle qui vous aura été concédé. Bannissez l’orgueil que chacun ressent en soi. HaShem n’a pas d’orgueil. Louez-Le, on lui doit bien cela !

Caroline Elishéva REBOUH

 

La prière d’Arvit, du soir, instituée par notre patriarche Yaakov

Rabbi David Hanania Pinto mis à jour le .05.10.2020

« Il atteignit l’endroit et il y passa la nuit, parce que le soleil s’était couché. Il prit une des pierres de l’endroit, la mit sous sa tête et se coucha en ce lieu. » (Béréchit 28, 11)

Rachi explique le verbe vayifga (littéralement: il atteignit) dans le sens de prier; le soleil venant de se coucher, il en déduit que Yaakov institua la prière du soir – arvit.

Par ailleurs, nos Sages expliquent (Brakhot 27b) que les prières du matin (cha’harit) et de l’après-midi (min’ha) sont obligatoires et correspondent, pour l’homme, aux moments opportuns de remercier son Créateur, qui lui a donné des forces et l’a maintenu en vie tout au long de la journée, alors que la prière du soir (arvit) est facultative.

Dans la pratique, nous avons pris l’habitude de nous montrer plus stricts et de prier de façon fixe, y compris le soir.

C’est avec un grand dévouement que Yaakov a initié la prière du soir. En effet, malgré son extrême fatigue – il n’avait pas dormi pendant une période de quatorze ans, lorsqu’il étudiait dans la Yechiva de Chem et Ever (Béréchit Rabba 68, 11) –, il n’alla pas se coucher avant de l’instaurer et de remercier l’Eternel pour tous Ses bienfaits.

Il est écrit : « Il prit une des pierres de l’endroit, la mit sous sa tête. » Rachi commente : « Il s’en fit comme une murette en forme de gouttière autour de la tête, pour se garder des bêtes sauvages. »

Je me suis demandé comment Yaakov a pu penser qu’un simple tas de pierres pouvait représenter une protection contre l’attaque des bêtes sauvages.

Si l’on s’en tient à la loi donnée par nos Sages selon laquelle l’homme est toujours considéré comme « averti » de ce qui lui arrive, comment comprendre que le patriarche se soit contenté de compter sur quelques pierres pour le protéger de l’attaque des bêtes féroces ? En effet, si un incident était survenu lors de son sommeil, on lui aurait tenu rigueur pour sa négligence.

Nous pouvons en déduire que l’intention de Yaakov, lorsqu’il plaça des pierres autour de sa tête, ne se limitait pas uniquement à s’assurer une protection physique.

Cet acte, symbolique, visait à transmettre aux générations à venir un message, « les actes des pères [étant] un signe pour leurs descendants ».

Aujourd’hui, il existe de nombreuses personnes éternellement insatisfaites qui, malheureusement, ont tendance à sombrer dans la mélancolie ou la dépression. Ce phénomène semble être dû à une fuite de leur identité réelle, elle-même résultant d’un refus de placer leur confiance en Dieu et de reconnaître qu’Il pourvoit à leur subsistance dans ce monde et exerce Sa Providence à chacun de leurs pas.

Celui qui s’attribue toutes les vicissitudes de sa vie risque fort d’être précipité dans les abîmes de la dépression, du fait qu’il imputera ses faux-pas à une erreur de sa part. Il sera constamment replié sur lui-même, car ce sentiment de culpabilité l’empêchera d’agir convenablement, l’écartant du bonheur et de la sérénité.

A l’inverse, l’homme plaçant toute sa confiance en son Créateur, qui « confie [son] souffle en [Sa] main » (Téhilim 31, 6), méritera une vie heureuse, car, même lorsqu’un incident malheureux surviendra, il ne s’en voudra pas, convaincu que Celui qui dirige les événements l’a voulu ainsi. Même s’il ne perçoit pas l’aspect positif de ce qui lui arrive, il saura de façon claire que le Créateur ne recherche que son bien.

Si une réparation doit être faite sur un véhicule loué, le locataire n’en fera pas grand cas, sachant que son propriétaire porte la responsabilité de son entretien. Par contre, celui qui possède une voiture sera anxieux dès la moindre avarie, conscient qu’il devra débourser l’argent nécessaire aux réparations.

De même, les personnes plaçant toute leur confiance en D.ieu vivent de manière sereine, car elles sont conscientes que tous les incidents survenant dans leur vie ont été programmés par Lui.

Cette foi se traduit, de leur part, par les expressions : « Tout ce que l’Eternel fait est pour le bien » ou « Tout est entre les mains du Ciel. » A l’opposé, les personnes qui fuient leur identité réelle et s’obstinent à penser qu’elles dirigent leur propre vie finissent bien vite par sombrer dans l’amertume et la dépression.

Nos saints patriarches savaient que le jour se compose de trois phases : le matin, l’après-midi et le soir. Chaque partie du jour offre à l’homme de nouvelles opportunités et des épreuves spécifiques auxquelles il doit faire face. Or, la clé lui permettant de surmonter toutes ces embûches se trouve dans la prière, chacune des trois répondant à ses besoins particuliers du moment.

La prière crée un lien entre l’homme et son Créateur, renforçant ainsi sa foi en Lui. Elle aiguise sa conscience de l’existence d’un D.ieu omniscient, qui dirige ses voies et exerce Sa Providence sur lui.

A présent, nous sommes en mesure de comprendre pourquoi Yaakov plaça des pierres autour de sa tête : à travers cet acte symbolique, il désirait supplier le Tout-Puissant de protéger son esprit contre l’attaque des puissances impures rôdant à la tombée de la nuit – auxquelles les bêtes sauvages, apparaissant sous cette forme à l’esprit de l’homme, font référence.

La prière du soir étant facultative, le mauvais penchant se renforce, ce qui accentue la difficulté des épreuves de la nuit ; ainsi, seule la prière donne à l’homme le pouvoir de les surmonter.

Yaakov institua la prière du soir, malgré son état de fatigue extrême, parce qu’il était conscient de la nécessité, pour l’homme, de renouveler à ce moment de la journée ses forces spirituelles, afin de faire face aux épreuves nocturnes.

Rabbi David Hanania Pinto

CE FUT AU COMMENCEMENT

Caroline Elishéva REBOUH le 10.10.2020

Depuis la nuit des temps le sujet concernant la création du monde occupent tous les esprits. Les physiciens, les scientifiques de tous ordres ont tenté de donner un âge à cette planète sur laquelle le genre humain et tout ce qui l’entoure évolue.

Toutes sortes d’opinions ont été énoncées, des âges fantastiques atteignant des milliards d’années alors que la vie de l’homme peut être déjà tellement significative en moins d’un siècle.

D’après le récit de la Torah, le monde est monde depuis plus de 5700 ans et en cet espace de 58 siècles, nous avons déjà du mal à nous souvenir de ce qui s’est passé il y a seulement 3 siècles  et le monde scientifique veut nous contraindre à penser que ce calcul n’est pas exact. Savoir qu’une roche existe depuis des milliards d’années, cela va-t-il avoir une importance sur notre vie présente ?

Les grands philosophes grecs eux-mêmes ont pensé qu’il était parfaitement impensable que le monde eût été créé ex nihilo (à partir de rien) mais à partir d’un point précis qui existait déjà. Ils n’ont rien inventé en fait mais ils emploient des définitions et une terminologie inappropriées.

Le grand Cabaliste de Safed, le Ari (Rabbi Itshak Louria zal) remarque dans son livre Etz HaHayim, que la Torah rapporte que le 1er jour de la Création la lumière fut. De quelle lumière s’agit-il donc ? Il ne s’agissait pas de la lumière générée par les grands luminaires (soleil ou lune) car ceux-ci n’ont été créés que le 4ème jour ! Le Ari nous apprend, donc, les principes suivants, en termes que notre cerveau humain peut comprendre sans faire « exploser » notre intellect.

Lorsque Moïse  demanda à D. de Se dévoiler à lui, D. lui répondit qu’il ne pourrait apercevoir la Divinité et continuer à vivre. Quelle en est la raison ? C’est que, d’une part, cette conception humaine d’une lumière-clarté infinie est immense et il n’existe pas de vocables pour la décrire ou en exprimer une sensation. D’autre part, même les « capacités » physiques-sensitives-intellectuelles de l’être humain pour percevoir cette sorte de phénomène, ne sont pas suffisamment résistantes pour permettre à l’homme de voir sans que ne lui soit causé un dommage.

Cette divine « clarté » est si immense qu’elle ne laisse de place à l’humain qu’à la condition que le Divin opère sur Lui-Même une sorte de « rétrécissement » sur Sa lumière pour permettre à l’humain d’être créé et de se développer dans un environnement envahi d’une « lumière intense et infinie » (or eyn sof אור אין סוף-) bien que dans une moindre mesure.
En conséquence, quel est l’âge du monde ?

La Torah décrit la situation de manière très claire : sur terre règne un désordre indescriptible. C’est alors que D. ordonne à la lumière d’apparaître et c’est aussi ainsi qu’en faisant une différence entre le soir où règnent les ténèbres où rien n’est distinct que le monde connaît son premier soir puis son premier matin. Cependant, les astres ne sont pas encore fixés dans leur orbite et les nuits comme les journées ne sont pas encore définis comme tels que nous les voyons aujourd’hui.

Le soir s’appelle êrev (ערב) ce qui désigne le mélange (להתערב = se mêler) alors que l’idée qui se cache derrière le vocable matin =boker (בקר ) est l’examen ou ביקורת ce qui signifie que le soir, lorsque, par manque de lumière, tout est flou, confus, au contraire, le matin, tout est clair et tout peut reprendre sa place.

Avant qu’au 4ème jour ne soient créés les grands luminaires et que chacun se voie attribuer une fonction précise, la notion de jour ou de nuit était confuse. Lorsqu’au sixième jour l’homme est créé avec sa femme, commença le compte des années pour l’humanité entière, car lorsque Adam HaRishon est créé, il contient en lui des particules microscopiques de tous les milliards d’hommes (et Eve avec toutes les particules de tous les milliards de femmes) qui seront créés au fil des milliers d’années qui suivront, tout comme, les six jours de la création seront une « essence » des 6000 années d’existence du monde. De même, l’arbre de la connaissance (עץ הדעת) contient une « essence » des 613 commandements.

Albert Einstein dans sa Théorie de la relativité a touché du doigt ce problème de l’âge du monde en fixant le fait qu’avant la création de l’homme, le monde allait selon une vitesse et un rythme qui nous sont inconnus alors que depuis le premier vendredi de la création le monde poursuit sa course selon le rythme des heures, des nuits et des jours imposés par les grands luminaires.

En conséquence, si, en effet, depuis que l’homme est sur terre le monde a 5778 ans cependant, il n’est pas interdit de penser que les roches, les mers et les océans, les continents sont peut-être en effet âgés de 13,700,000,000 d’années.

La science tend aujourd’hui à se rapprocher plus trop lentement mais sûrement de ce que nous enseigne la Torah

Caroline Elishéva REBOUH

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