HouKaT 5780: la Loi est dure mais c’est la Loi

Caroline Elishéva REBOUH le 29.06.2020

Il existe dans la Torah trois sortes de lois : 1 – les Edoth (עדות) dont le nom vient du mot Ed ou témoin qui sont des lois que l’on pourrait qualifier de témoignages il s’agit des lois concernant le shabbat, pessah, souccoth..

2 – Les Houkim (חוקים) ce sont des statuts dirons-nous ou des lois que l’esprit humain ne peut comprendre car les raisons en paraissent irrationnelles voire même parfois illogiques mais qu’il faut accepter et observer comme par exemple : ne pas consommer de porc ou ne pas tisser ensemble des fibres de lin et de laine, les dispositions du lévirat, le propos du bouc émissaire ou encore comme c’est le sujet de cette péricope la vache rousse.

3 – Les Mishpatim (משפטים) ce sont des lois qui satisfont l’intellect car, leur objet est clair et peut être saisi parfaitement comme le vol, le meurtre et il s’agit ici de lois qui, si elles n’avaient point été promulguées, il eût fallu les imposer tant elles sont logiques.

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Dans cette sidra, l’on traite plus particulièrement de la vache rousse. Cette vache sur laquelle tous les exégètes ont disserté en envisageant tous les aspects philosophiques, ésotériques mais qu’il est difficile à l’esprit humain de comprendre comment est conçue cette loi.

En effet, le pelage de cette bête doit être roux sans aucun autre poil d’une autre couleur mêlée. Du Mont Sinaï jusqu’à la destruction du deuxième temple de Jérusalem ont été “utilisées” 9 vaches rousses la 10ème sera la dernière et celle que le Mashiah sacrifiera pour purifier tout ce qui devra l’être.

Mais comment comprendre le fait que cette vache, dont les cendres seront utilisées pour purifier ce qui est impur, rendra elle-même impur le cohen qui devra la sacrifier ? Comment comprendre qu’il est interdit de porter un vêtement confectionné de lin et laine tissés ensemble alors que les tsitsioth comportent les deux fibres ? Comment comprendre qu’un homme ne peut avoir de rapports intimes avec sa belle-sœur mais, si le frère meurt sans descendance cette même belle-sœur lui devient permise ?

HaShem dans deux versets différents statue sur les mêmes mots mais dans un ordre différent : voir Lévitique XVIII, 4 et Lévitique XXV, 18 :
אֶת-מִשְׁפָּטַי תַּעֲשׂוּ וְאֶת-חֻקֹּתַי תִּשְׁמְרוּ, לָלֶכֶת בָּהֶם: אֲנִי, יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם.
C’est à mes statuts que vous devez obéir, ce sont mes lois que vous respecterez dans votre conduite: c’est moi, l’Éternel, qui suis votre Dieu.
וַעֲשִׂיתֶם, אֶת-חֻקֹּתַי, וְאֶת-מִשְׁפָּטַי תִּשְׁמְרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם–וִישַׁבְתֶּם עַל-הָאָרֶץ, לָבֶטַח.
Exécutez mes édits, observez et pratiquez mes lois, et vous demeurerez dans le pays en sécurité.

Rashi voit une nuance dans ces dispositions prises dans la loi et dans l’ordre dans lequel elles doivent être appliquées c’est-à-dire, enseigne le Sage de Troyes, que dans le premier de ces deux versets, l’accent est mis sur les “mishpatim” sur l’établissement de la justice entre les différentes couches sociales du peuple puis, à l’observance des “houkim” ou statuts/décrets sur lesquels l’Eternel a, en quelque sorte, apposé Son sceau par les mots : “ani HaShem Elokéykhem” Je suis l’Eternel votre D….

Dans le deuxième de ces deux versets, l’importance est à accorder aux statuts divins, ceci sous-entend, en conséquence, le fait d’obéir à des ordonnances absolument irrévocables, indiscutables, qui ont été promulguées pour des raisons que Seul HaShem comprend.

L’observance des lois et des décrets doit apporter au peuple l’assurance de résider dans le pays, en paix, en sécurité, avec une abondance hors normes, des conditions de vie optimales.

Ainsi qu’auparavant, les années précédentes, nous avons déjà abordé le sujet, en arrivant au pied du mont Sinaï, la “faute d’Adam” (Adam HaRishon) aurait dû être rachetée et pardonnée. Cependant, en ce même lieu, les enfants d’Israël ont fauté une fois de plus avec la faute du veau d’or.

Les Sages définissent ces deux fautes comme étant des “erreurs de calcul” חטא של חשבון ou erreur de supputation : en désirant parfaire et même en désirant se dépasser eux-mêmes dans leur obéissance aux consignes divines, ils ont voulu trop en faire et sont “tombés”…

Certains commentaires désirant donner du crédit aux fauteurs sont arrivés à interpréter le fait que ne voyant pas Moshé Rabbénou redescendre du Mont Sinaï, pris soudain d’une frénésie, de zèle, oubliant les “voix” qu’ils ont vues, oubliant les prodiges divins miraculeux qui les ont accompagnés tout au long de l’exécution des 10 plaies, de la sortie d’Egypte, de la traversée de la Mer des Joncs, et toutes ces preuves de sollicitude divine pour Son peuple, avec des conditions de confort incroyables, des miracles de chaque instant se renouvelant 40 années durant, ce peuple a encore fait une erreur de supputation et a entrepris l’élaboration de ce veau.

Rashi, à propos de la vache rousse, écrit : Elle (la vache rousse) viendra nettoyer les “saletés” de son fils (le veau d’or).
En termes plus clairs : de même que le sacrifice de l’agneau à la veille de Pessah vient, entre autres, pour démystifier le culte idolâtre égyptien rendu aux agneaux, de même, pourrait-on dire, la vache rousse sacrifiée pour purifier le peuple de son impureté vient détruire l’image du veau érigé au pied du Sinaï.

Pendant la période qui précède rosh hodesh adar de rosh hodesh nissan, nous lisons lors des 4 shabbatot de ce mois 4 extraits de la Torah qui rappellent des statuts importants : il y a ainsi : le shabbat shekalim (institution du mahatsith hashekel), shabbat zakhor (commémorant l’attaque d’Amalek dans le désert), shabbat para (vache rousse) et shabbat hahodesh (annonçant l’arrivée du mois de nissan avec la commémoration de l’inauguration du mishkan). Ces 4 parashot correspondent aux 4 parashot disposées dans les boîtiers de tefiline.

Dans la sidra précédente justement, celle de Korah, qui voulut démontrer sa sagesse par rapport à celle de ses cousins Aharon et Moïse qu’il soupçonnait de manipuler le peuple sans comprendre que SEUL le Créateur était l’auteur des lois contenues dans la Torah, un exemple peut être relevé : il est indiqué que dans les tsitsioth il doit y avoir un fil d’azur (petil tekheleth” et, donc, il pose la question de savoir si un talith et ses tsitsioth était entièrement d’azur s’il n’était pas mieux qu’avec un seul fil d’azur ?

La réponse est la suivante : le fil d’azur est fait pour rappeler la progression qui existe entre le bleu de la mer (au niveau humain), le bleu du ciel (niveau des anges) et le bleu céleste du Kissé HaKavod (Trône divin)…. En ne démarquant point de différence, il n’y a pas d’élévation spirituelle.

Les tefiline rappellent à l’homme son appartenance au peuple juif tous les jours mais pas le shabbat. Le Talith avec les tsitsioth rappellent à l’homme son appartenance au peuple juif et grâce à la vue des tsitsioth cela lui rappelle qu’il est astreint à l’observance des “commandements” divins.

Caroline Elishéva REBOUH

 

L’EMPRUNT DU CADUCÉE

Houkat: Pourquoi le serpent qui a amené la mort dans le monde est ...

Les véhicules des médecins sont ornés d’un autocollant sur lequel se trouve un caducée et, sur les devantures et enseignes de pharmacies est, également, exhibé un caducée. Quelle est la signification de cet emblème et quelle est son origine véritable ? Le terme caducée vient du latin (caduceus) ayant emprunté et déformé le mot kerukelon signifiant bâton en grec ancien.

Ce symbole représente deux serpents entrelacés autour d’une tige/bâton. Au XIXème siècle, cet emblème fut attribué au dieu romain Mercure ou Hermès pour la mythologie grecque.

Quel lien peut-il y avoir entre le serpent et la guérison ? Pour le savoir, je vous invite à faire un saut dans la parashat Houkat (Nombres/Bamidbar chapitre XIX, 1 à chapitre XXII, 2).

Au chapitre XXI, du verset 6 au verset 9, le texte nous inculque qu’une fois de plus, le peuple maugréa et se rebella contre Moïse et contre l’Eternel. Des serpents brûlants surgirent, suscités par HaShem, pour mordre/piquer les pécheurs. HaShem indique à Moïse comment conjurer cette plaie : faire un serpent d’airain et le brandir sur une lance : toute personne regardant cette effigie est instantanément guérie !

Le serpent, depuis la faute originelle, est le symbole de la médisance et du persiflage et de l’hérétisme. Dans cet extrait, le serpent apparaît à la fois comme plaie sous sa forme vivante et, en étant “stylisé” en airain, il devient remède : les Enfants d’Israël qui ont déjà été piqués ou mordus par les serpents n’ont qu’à élever leur regard vers le serpent d’airain pour être tout aussitôt guéris !…

De là à saisir le symbole du serpent sur son bâton comme symbole de guérison il n’y a qu’un pas..

Etudier la Bible/ la Torah semble “ringard” pour certains avides de laïcité et prêts à ignorer l’origine du monde et des civilisations.

Caroline Elishéva REBOUH

MA Hebrew and Judaic Studies
Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov

2 Commentaires

  1. Correction il est ecrit dans la bible à propos du veaux d or “voici votre D et non voici notre D n est ce pas la preuve que le beau d or est l oeuvre des egyptiens qui ont suivi les hébreux dans le desert ?

  2. Il est écrit dans la bible à propos de la vache rousse “voici votre D” et non pas voici notre D n est ce pas la preuve que le veau d or a été l oeuvre des égyptiens qui ont suivis les hébreux…

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