Papa, je suis condamné à mort, ne le dis pas à maman

 «Papa, ils ont prononcé les peines, je suis condamné à mort… mais ne le dis pas à maman». C’est par ses mots dramatiques qu’un jeune iranien Mehdi Karami a annoncé son exécution le 7 janvier 2023, pour juguler la panique en Iran. Quand un gouvernement exécute ses propres citoyens, pour des raisons souvent obscures, il démontre ainsi sa faiblesse mais aussi la panique qui s’empare de ses dirigeants. Effectivement le malheur, qui s’abat tous les jours en Iran, touche surtout la jeunesse et quelques cadres suspectés de collaborer avec Israël. Tous ceux qui ont une certaine responsabilité technique ou qui contestent dans le pays deviennent suspects. L’Iran a ainsi exécuté au moins 8.000 personnes en 20 ans. Les tribunaux iraniens ont déjà confirmé ces derniers jours deux peines d’exécution pour des manifestants, des dissidents ou des pseudos espions. L’utilisation de l’exécution comme moyen de supprimer la dissidence a une longue histoire en Iran.

Les responsables iraniens semblent n’avoir qu’une seule méthode pour régler leurs problèmes internes, la pendaison comme solution et comme mesure préventive. Pour eux : «C’est une politique ferme du pouvoir judiciaire d’être décisif et d’enseigner aux gens une leçon en cette période de changement». Le pouvoir judiciaire a subi un changement depuis que le Guide suprême, Ali Khamenei, avait nommé en février 2018 Ebrahim Raïssi, futur président, au poste de chef du pouvoir judiciaire. Au cours des 18 mois où il a été en poste, sa principale mission officielle a été de faire campagne contre la corruption financière. Mais la publication d’un grand nombre d’ordres d’exécution au cours de cette période indique que la mission de Raïssi a surtout été de réprimer la dissidence par des exécutions. Les rapports d’Amnesty International et de l’Organisation iranienne des droits de l’homme révèlent que 8.071 exécutions ont eu lieu en public ou derrière les murs des prisons entre les années 2000 et 2019.

L’année 2015 a été une année exceptionnelle avec près de 1.000 exécutions, cette même année où l’Iran venait de signer l’accord nucléaire avec les puissances mondiales. Ces chiffres ont placé l’Iran en tête de liste des pays ayant enregistré le plus grand nombre d’exécutions au cours des deux dernières décennies. Le gouvernement iranien avait décidé, le 14 juillet 2020, de pendre trois jeunes hommes arrêtés pendant et après la campagne nationale de protestation anti-régime en novembre 2019. Mais devant le tollé général, il a décidé de surseoir à l’exécution. Le régime iranien est responsable de plus d’un tiers de toutes les exécutions dans le monde et se classe deuxième après la Chine. Malgré cela, le nombre réel d’exécutions en Iran est supérieur aux chiffres annoncés par le gouvernement.

  Si la plupart des exécutions concernent le trafic de drogue, les pendaisons sont aussi utilisées en Iran comme moyen de supprimer la dissidence ou de réprimer les pseudos espions, pour l’exemple. Selon l’Organisation des droits de l’homme de Hangaw, 25 militants kurdes ont été exécutés dans des prisons. La panique s’empare des autorités qui voient des espions partout. Punir, sans éventuellement attendre d’échanger un espion contre un des leurs arrêtés à l’étranger, est le signe que les Iraniens emprisonnés n’ont aucune valeur humaine. Il s’agit pour le pouvoir d’intimider ceux qui sont prêts à monnayer leurs services. Mais à présent, les mollahs cherchent surtout à justifier les catastrophes qui touchent le pays chaque jour et dont ils feignent d’ignorer les origines.

L’Iran cherche des boucs émissaires. En 2016, les Mollahs avait exécuté un scientifique nucléaire accusé d’espionnage au profit des États-Unis. En juin 2020, ils avaient pendu un espion présumé. Jalal Hajizavar, ancien expert contractuel de l’Organisation aérospatiale du ministère de la Défense. Il avait selon le Tribunal été payé pour espionner pour le compte de la CIA. Les autorités auraient confisqué du matériel d’espionnage dans sa résidence. Sa femme a été condamnée à 15 ans de prison pour complicité. L’Iran a exécuté un ancien expert du ministère de la Défense, Reza Asgari, suspecté d’espionnage au nom de la CIA. Mahmoud Mousavi Majd, accusé lui-aussi d’espionnage au profit des États-Unis et Israël, ayant entraîné l’élimination du général Kassem Soleimani, via une frappe aérienne en Irak a été pendu. Il avait « espionné les forces armées de la République islamique, en particulier la Force Qods, pour dévoiler le lieu et les mouvements du martyr général Kassem Soleimani».

Selon les autorités, trois hommes, Amir-Hossein Moradi, Mohammad Rajabi et Saeed Tamjidi, auraient été impliqués l’an dernier en tant que «chefs d’émeutes» lors des manifestations anti-gouvernementales de masse qui ont secoué l’Iran après la décision du gouvernement d’augmenter le prix du carburant. La répression avait fait 200 morts mais cela n’a pas suffi aux autorités. Il fallait marquer l’exemple par une action spectaculaire médiatique. Il va sans dire que toutes ces exécutions ont été commandées après un procès inéquitable, sans défense sérieuse et à la suite d’aveux extorqués sous la torture.

Durant ces dernières semaines, Mohammad Mehdi Karami (22 ans) et Seyed Mohammad Hosseini (39 ans) ont été exécutés par pendaison après avoir été arrêtés en marge des manifestations. L’annonce de leur pendaison porte à quatre le nombre d’exécutions en lien avec les manifestations. Depuis le début du mouvement de contestation, la justice a condamné à mort 14 personnes selon un décompte de l’AFP. 

Le ministère français des Affaires étrangères s’est borné à juger « révoltantes » les exécutions et exhorté Téhéran «à entendre les aspirations légitimes du peuple iranien. L’exécution de manifestants ne peut tenir lieu de réponse aux aspirations légitimes de liberté du peuple iranien». En fait, le Quai d’Orsay a publié juste quelques mots pour condamner « ces exécutions, révoltantes, qui s’ajoutent aux nombreuses autres violations graves et inacceptables des droits et libertés fondamentales commises par les autorités iraniennes ». Des paroles, mais peu d’actes pour protéger les intérêts financiers. 

Les dirigeants iraniens creusent leur propre tombe en sacrifiant leurs citoyens. La justice passera aussi un jour pour eux. La contre-révolution est en marche. Israël la prépare à sa façon pour libérer les citoyens iraniens soumis à l’esclavage des mollahs. 

Je serai le président de tous

Source : benillouche.blogspot.com par Jacques Benillouche

11 Commentaires

  1. Comme d’habitude merci aux USA et au démocrate Carter qui en mettant les mollahs au pouvoir protégés par la France de Giscard , à la place du Shah d’Iran ont entraîné le chaos dans cette région comme au Vietnam comme en Afghanistan comme en Irak comme en Israël en finançant à coups de millions de dollars l’Autorite arabe du négationniste Abbas et en finançant la plus grande arnaque de réfugiés arabes bien sur c’est à dire l’unwra depuis 75 ans et cela grâce à l’Angleterre qui pour se venger d’Israël qui leur a mis une raclée , à crée cette institution ultra raciste aussi bien dans l’enseignement dispensé par des arabes que dans les livres scolaires
    Et on paye les familles par voie génétique
    C’est l’ONU comme d’habitude qui veille sur la récolte des finances
    Pour les autres réfugiés expulsés ; RIEN

  2. Il y a d’autres gouvernements très démocratiques et ouverts aux débats (enfin aux débats qu’ils organisent) qui tabassent et mutilent les opposants, qui manifestent leur désaccord, désarmés et pacifiques, en leur envoyant des tirs dans les yeux pour les éborgner ou dans les membres pour les mutiler, n’est ce pas herr Macron, le « boucher d’Amiens » ?

  3. Quel honte pour l’Europe d’avoir fait autant d’efforts pour faire des accords avec ces tyrans.qui règlent leurs conflits par le meurtre de leurs propres citoyens .Le gaz et le pétrole de ce pays sont contaminés par le sang des opposants de ce gouvernement sanguinaire.

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