
Les forces de sécurité jordaniennes ont arrêté un suspect dans l’attentat du 6 juin dans le camp de réfugiés palestiniens, où 5 personnes ont été tuées, dont trois officiers des renseignements jordaniens.
Après une chasse à l’homme majeure, le suspect a fait l’objet d’un traçage et a été mis en détention à la suite de l’attentat dans le camp de réfugiés de Baqa’a, selon la télévision officielle jordanienne et Reuters.
L’attentat a pris le gouvernement jordanien au dépourvu et a stupéfait par son audace.
D’autres camps de réfugiés palestiniens en Syrie (Yarmouk) et au Liban sont très régulièrement les cibles de la violence sectaire isalamo-palestinienne.

De tous les endroits potentiels auxquels on pouvait s’attendre à une attaque de Daesh, alors que le Ramadan commence, la première attaque lors du premier jour du long mois de jeûne a frappé la Jordanie, le lundi 6 juin. Cinq hommes armés, disposés dans deux voitures, ont attaqué le quartier général des Renseignements Généraux jordaniens situé dans le camp palestinien de Baqaa, près de la capitale Amman.
Trois hommes armés ont quitté leur véhicule alors que deux restaient au volant. Tous trois ont pénétré dans le bâtiment de commandement et ont ouvert le feu, tuant cinq membre du personnel des renseignements. Ils ont ensuite battu en retraite vers leurs véhicules les attendant et ont pris la fuite.
Aucune organisation n’a revendiqué sa responsabilité dans l’attentat.
Les sources de Debkafile sur le terrorisme rapportent que cette attaque s’inscrit dans la catégorie des opérations terroristes classiques, où les tueurs apparaissent brusquement, tuent leurs proies et disparaissent sans laisser de trace.
Mais, pour un pays disposant de services avancés de renseignements et d’anti-terrorisme, qui poste des gardes de sécurité armés dans tous les recoins des villes et à tous les carrefours, appuyé par la présence de forces spéciales américaines entraînées à combattre des cibles terroristes, cet attentat représente un signal d’alarme particulièrement grave.

Comment se fait-il que tous aient été à ce point pris par surprise?
Mais cela ne représente pas seulement un avertissement grave pour la Jordanie, mais en ce cas, pour Israël également.
Si des groupes armés, constitués vraisemblablement aussi de Palestiniens qui ont rejoint Daesh, sont parfaitement capables de circuler librement à travers toute la Jordanie, sans que les services locaux de renseignement et des forces de sécurité ne soient au courant ni ne les attrapent, il n’y a aucune garantie que des escouades de tueurs ne franchissent pas la barrière de sécurité jordano-israélienne ou ne s’infiltrent pas en Israël à travers la frontière au sud d’Arava, pour perpétrer le même genre d’attentats terroristes en Israël.
Même si la Jordanie essaie de garder profil bas dans le cadre de sa guerre contre Daesh, le royaume est au sommet des priorités de la liste des frappes à mener par et pour les djihadistes, bien avant même les jeux footballistiques de l’Euro-2016 en France.
Il y a plusieurs raisons à cela :
- Les unités secrètes des renseignements jordaniens derrière les lignes de front des guerres en Irak et en Syrie alimentent les Américains en information sur sites (in situ) concernant Daesh. Les données de qualité aussi élevées restent indisponibles de la part de toute autre sourrce et les Jordaniens sont là à la pointe de l’information.
- Ces unités marquent les cibles au sol pour les frappes aériennes américaines.
- Les officiers des renseignements jordaniens s’engagent aurpès des chefs des tribus sunnites en traversant les frontières irakiennes et syriennes, afin de les persuader de combattre contre Daesh. Ces officiers jordaniens rejoignent également les combattants sunnites dans la bataille pour Falloujah en Irak.
- La Jordanie, avec l’assistance américaine, est actuellement en train de construire l’une des barrières de sécurité les plus longues, de 442 kms et des plus avancées dans tout le Moyen-Orient, tout le long de ses frontières avec l’Irak et la Syrie.
- Le segment le plus à l’ouest de ce mur frontalier jordanien servira aussi de protection pour Israël. Il bloquera les couloirs traversant le carrefour des trois frontières de Syrie-Jordanie-Israël et retiendra aussi les tentatives d’infiltration de Daesh sur le Golan et de la région de la Mer de Galilée.
- La Jordanie reste la seule nation arabe à envoyer ses forces aériennes frapper des cibles de Daesh en Syrie et en Irak.
Il y a à peine trois mois, en mars, les forces de sécurité jordaniennes ont fait un raid dans le camp de réfugiés palestiniens d’Irbid dans le nord de la Jordanie et ont pris à la gorge une cellule de Daesh installée dans le camp, tuant sept mercenaires palestiniens de Daesh.
Cette récente attaque terroriste démontre qu’alors que les renseignements jordaniens et leurs forces spéciales sont profondément impliquées dans la guerre contre Daesh au-delà des frontières de la Jordanie, l’organisation terroriste Daesh engrange des forces et des capacités à l’intérieur même du royaume, et en particulier parmi la population palestinienne (plus de 70% de la population totale).
DEBKAfile Reportage Spécial 7 juin 2016, 9:28 PM (IDT)
Adaptation : Marc Brzustowski.
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ils font le ramadant le jour, et la nuit ils deviennent des assassins