Torture. «Le Comité de l’ONU contre la torture » expertise la Suisse ! Pourquoi pas le prétendu Etat islamique d’abord?
La presse nous a appris la semaine passée, le 3 août 2015, que dix experts de l’ONU venaient passer au crible la torture en Suisse (Le Matin, 3. 8.2015).
On croit rêver mais je n’invente rien.
Je n’ai jamais pensé que la Suisses était parfaite mais je trouve absolument scandaleux, qu’au moment où les tortures, les tueries, exécutions de masse, la mise en esclavage de filles et de femmes vendues sur des marchés aux enchères et dont la vie est à tout jamais détruite et qui les amènent en nombre au suicide, commises par les islamistes du groupe EI (Etat islamique, Daesh étant l’acronyme arabe de EI), l’ONU ne fasse pas une priorité absolue de cette barbarie sans nom et vienne plutôt voir quel est l’état de la torture en Suisse !
Ne serait-ce pas depuis longtemps le rôle prioritaire de l’ONU de participer à l’organisation et à la création d’une force armée internationale afin de détruire cet EI et de mettre fin à ces crimes et massacres de masse ?
Un organisme comme l’ONU, garant de la paix mondiale, n’aurait-il pas immédiatement dû en faire une priorité d’une urgence absolue, comme cela a été parfois le cas, cas il est vrai plutôt rares, si cette institution internationale veut garder un minimum de crédibilité et justifier son existence ?
Bien sûr on me dira que ce Comité contre la torture en visite en Suisse à d’autres tâches et que ce n’est pas son rôle, etc., etc.
Quelle image donne l’ONU d’elle-même en agissant ainsi, et surtout en n’agissant pas dans l’autre cas. Il est évident qu’une force internationale armée aurait mis fin en quelques mois aux crimes contre l’humanité de ces islamistes.
L’ONU deviendrait-elle complice de crimes contre l’humanité plutôt que de les empêcher ? J’ai maintenant honte que la Suisse soit devenue membre de cette institution internationale et aurais voulu que notre gouvernement refuse la visite de ce Comité, afin de protester, même à titre symbolique, et exige qu’il soit redirigé vers ces tueurs de masse impunis.
Je tiens à souligner que pour moi ce n’est pas seulement l’esclavage, la tuerie et la torture de masse qui m’incitent à protester.
Pour moi, un seul viol, meurtre, exécution, réduction en esclavage, etc. devrait être suffisant pour exiger une intervention immédiate et massive, notamment à l’initiative de l’ONU. Car tous ces morts, torturés, esclaves sexuels, très jeunes et moins jeunes, etc. finissent par devenir des quantités abstraites, réifiées et déshumanisées. On finirait par s’habituer aux annonces journalières de ces crimes de masse tant ils sont constants et sans fin.
Certains médias recommandent même de ne pas montrer les images de ces atrocités. Pour oublier encore plus vite ces terrifiantes réalités ?
Et même l’ONU ne réagit pas avec la détermination, la force et l’immédiateté nécessaires.
Honte sur l’ONU ! Il faut le dire et le crier haut et fort.
La Suisse devrait refuser ces experts et leur proposer une nouvelle mission. Face à l’horreur absolue, un agenda, même s’il s’agit de celui d’un monstre bureaucratique comme l’ONU, doit pouvoir être adapté aux réalités quotidiennes..
Protestons contre ce Comité, publiquement, médiatiquement et perturbons leurs séances superflues et dispendieuses en leur montrant le chemin vers les lieux de l’horreur absolue.
Une fois cette tâche prioritaire accomplie, ces « experts » pourront revenir puisqu’ils se cherchent des occupations.
Quand en 2002, j’ai finalement, de guerre lasse, voté pour l’entrée de la Suisse dans l’ONU, je n’ai pas voté pour cette ONU-là. Je m’en veux de m’être fait avoir. Je vais rester plus vigilant que jamais face aux pressions pour adhérer à de nouveaux organismes internationaux ; en fait, il faudrait commencer par faire la liste de ceux qu’il faudrait quitter.
Une fois Daesh détruit, je pourrais admettre que ces fonctionnaires onusiens viennent en Suisse non pas pour nous donner des leçons mais aussi pour tenter de comprendre les particularités de notre pays qui vit en paix depuis des siècles et qui a l’une des proportions d’étrangers parmi les plus élevées des pays membres, et que nous ne gouvernons pas par la torture ; et surtout de réaliser que nous ne sommes pas prêts à nous soumettre à n’importe quelle directive étrangère.
Je souhaite donc que ces « experts en torture » se concentrent en priorité sur les pays où la pratique de la torture est quotidienne. On a parfois l’impression que les experts de l’ONU évitent les situations les plus dramatiques et terribles, situations où ils semblent ne pas oser s’aventurer pour se concentrer sur des pays où l’accès ne pose aucun problème et où ils se concentrent sur des problèmes totalement secondaires ; où ils ne courent aucun risque et ne rencontre aucun obstacle.
Je ne me fais bien sûr aucune illusion sur une mise en pratique quelconque de mes propositions mais pense traduire un sentiment beaucoup plus général et dont l’effet rejaillit à coup sûr sur l’image notamment de l’ONU, image qui n’est justement pas très positive et qu’il serait irresponsable de laisser se dégrader encore davantage. Ces organismes doivent montrer une détermination beaucoup plus marquée et visible par rapport aux missions qui leur ont été confiées, dans le cas de la Suisse même par approbation populaire. Le risque, en cas d’inertie flagrante et de missions contreproductives continues : un appui certain du peuple suisse à des propositions de retraits d’organismes internationaux et à des dénonciations de traités déjà signés.
Autre exemple de problème urgent à propos duquel l’ONU est totalement impuissante, voire noyautée par des pays qui tentent par tous les moyens d’imposer leurs dogmes politico-religieux en empêchant même toute discussion sur ces dogmes : celui de la tentative des 57 pays musulmans de l’OCI (Organisation de la coopération islamique) qui tentent par tous les moyens et avec une insistance permanente de faire passer les critiques de l’islam pour de la « diffamation des religions » et la prétendue « islamophobie » pour une forme de racisme, racisme qui deviendrait donc condamnable pénalement. Plusieurs séances de l’ONU montrent concrètement comment les discussions sur ces sujets sont empêchées.
Retour sur la torture en Suisse. Comme il sera difficile de trouver des cas de torture en Suisse, les « experts » ont déjà donné une acception beaucoup plus large à leur mandat et vont s’attaquer à des domaines relevant encore de la souveraineté nationale de notre pays, même si nos autorités sont déjà prêtes à s’aligner sur des standards internationaux en la matière.
Domaines que ce « Comité contre la torture » va expertiser :
– l’éventualité d’une primauté à l’avenir du droit suisse sur le droit international (justement ce sur quoi une opposition se fait jour en Suisse). Veut-on prendre les devants et signaler à la Suisse qu’un tel refus de soumission, même par un pays souverain, ne serait pas acceptable et aider ainsi par un tel diagnostic nos autorités à se soumettre ?).
– les refoulements des réfugiés (qui a bien sûr à voir avec la torture !) : ici sera examinée «la méthodologie pour procéder aux renvois »)
– « il semblerait que la Suisse place sa sécurité au-dessus de la dignité » a déclaré un expert, sans doute une façon de justifier sa venue impérative. On notera que cet expert se base sur des on-dits ».
– le cas de demandeurs d’asile ayant été victimes de torture serait également préoccupant.
Remarquons que l’on considère qu’il va de soi qu’il s’agit de demandeurs d’asile, et non de clandestins, voire parfois de criminels potentiels.
-autre « préoccupation » : la surpopulation carcérale et les conditions déplorables qui en découlent.
-la disparition de mineurs arrivés non accompagnés en Suisse, devraient faire l’objet d’une attention particulière
-les violences domestiques : 70 % des plaintes n’aboutissent pas.
Encore une fois, chaque pays peut améliorer sa situation dans ces domaines considérés comme relevant du « Comité cotre la torture », et je ne suis nullement opposé à de telles visites dans des pays comme le nôtre. Simplement j’aimerais, et je ne suis de loin pas le seul, que ces experts et surtout l’ONU interviennent, d’abord ou au moins parallèlement, massivement, énergiquement, de manière efficace et visible publiquement dans les pays où ces phénomènes sont d’une gravité scandaleuse et révoltante et relèvent de pratiques meurtrières de masse.
Il est en effet plus facile de venir nous faire la leçon que d’intervenir dans ces derniers pays. On semble préférer les promenades de santé dans des pays culpabilisables et déjà culpabilisés d’avance, prêts à admettre et à s’excuser de pratiques qui parfois n’existent même pas.
Il n’est pas inutile de rappeler que ces groupes d’experts en visite vont souvent et en premier lieu, une fois sur place, auprès d’ONG professionnalisées en matière d’indignation, et qui sont très sélectives dans leur indignation.
Exemples de quelques-uns de mes autres articles parus sur Lesobservateurs.ch relatifs à ces experts de l’ONU venus en Suisse parce qu’alarmés, par exemple, par une vague dite de racisme grandissant ou invité par nos médias à se prononcer sur le problème des migrations, et proposer des solutions surréalistes et irresponsables mais recevant un très bon accueil, voire de l’admiration béate de la part de certains de nos animateurs de radio ou de télévision.
1. Article relatif à la visite du « rapporteur spécial » de l’ONU sur le racisme Doudou Diène en 2006 (voir également mon article: «Doudou en Helvétie », Bilan no 198, 15-16 février 2006) : « Experts internationaux donneurs de leçons : à quand la riposte », 24 mars 2012
Lien vers l’article : ici
2. Article relatif à un expert en migrations pour le moins indigné, « Migrations : principes idéaux et réalités quotidiennes », 17 juin 2014.
Lien vers l’article, ici
Uli Windisch, 12 août 2015 – lesobservateurs
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