Nouvelle enquête sur les mariages d’enfants à Yavne’el
Jeudi, la police israélienne a procédé à l’arrestation de seize individus, mineurs et adultes, à Yavne’el, dans le cadre d’une enquête sur des mariages d’enfants illégaux. Cette intervention fait suite à une première opération majeure menée il y a trois mois dans cette même localité du Bas-Galilée. Plusieurs lieux ont été perquisitionnés par des dizaines d’agents après que des informations ont révélé la tenue récente de mariages impliquant des mineurs, ou la préparation concrète de cérémonies clandestines. Les adultes interpellés sont principalement des proches des mineurs concernés.
Lors de la précédente opération en juin, plus de vingt personnes avaient été interrogées pour leur rôle présumé dans l’organisation, la célébration ou la dissimulation de ces unions interdites par la loi israélienne. Ces mariages se déroulent généralement en matinée, avec un nombre restreint de participants, dans des lieux tenus secrets jusqu’à la dernière minute. L’usage de téléphones portables et la photographie sont strictement interdits, compliquant la collecte de preuves. Souvent, une cérémonie religieuse discrète est suivie d’une fête publique présentée comme une fête de fiançailles, qui n’est pas illégale. Cette stratégie rend difficile la démonstration formelle de la tenue d’un mariage, en l’absence de documents officiels, de témoins ou de photos.
Lors d’une précédente intervention, la police avait découvert un couple vêtu en mariés ainsi qu’une ketouba, des alliances et un verre caché dans un meuble. En Israël, la loi interdit le mariage avant 18 ans, sauf dérogation exceptionnelle accordée par un tribunal familial à partir de 16 ans. Les adultes impliqués dans de tels mariages risquent jusqu’à deux ans de prison. Le principal défi reste la détection des cérémonies, la protection des mineurs et la constitution de preuves suffisantes pour des poursuites. Cette affaire met en lumière des défaillances plus larges dans l’application de la loi sur l’âge du mariage.
Un rapport du Centre de recherche de la Knesset a souligné des écarts importants entre les données des autorités et les plaintes reçues par la police, soulevant des interrogations sur la transmission et le traitement des informations par les différents services concernés. Par ailleurs, des tensions ont émergé au sein de la communauté locale, notamment entre la députée Meirav Cohen et le conseil municipal, accusé de ne pas agir efficacement pour protéger les enfants. Le chef du conseil a reconnu des mariages sous pression sociale, tout en affirmant coopérer avec les forces de l’ordre et soutenir les familles concernées. Des questions ont aussi été posées sur la surveillance éducative après qu’une directrice d’école a été convoquée pour des accusations d’organisation de mariages pour ses filles mineures, accusations qu’elle nie.
Le ministère de l’Éducation examine actuellement cette situation. L’enquête policière se poursuit en collaboration avec les autorités de protection sociale, soulignant la complexité et la sensibilité de ce dossier qui touche à la fois au respect de la loi, à la protection des mineurs et à des pratiques culturelles profondément ancrées.
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