Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré jeudi qu’il était en faveur d’une grâce pour le soldat israélien Elor Azaria, condamné cette semaine à 18 mois de prison pour avoir abattu un terroriste palestinien, gisant au sol, qui avait tenté peu avant de poignarder des militaires, rapporte le Jerusalem Post.

Netanyahou, qui s’exprimait depuis Sydney où il est en visite officielle, a affirmé que le « problème » n’était pas la peine de prison pour homicide involontaire dont le soldat écopé au terme d’un procès qui profondément divisé la société israélienne, mais les circonstances dans lesquelles ont eu lieu l’incident, qui remonte à mars 2016.

Netanyahou a déclaré aux journalistes qu’il était nécessaire de prendre en considération les circonstances difficiles auxquelles les jeunes soldats sont confrontés, et le fait que face au terrorisme, ils doivent prendre des décisions extrêmement difficiles.

Sa préoccupation, a-t-il dit, est que le prochain soldat puisse se sentir menacé, et ne pas savoir « où se trouvent les limites ».

Selon un sondage publié mercredi par le quotidien Maariv, 69% des Israéliens sont en faveur de l’octroi d’une grâce à Elor Azaria et 56% trouvent sa peine trop sévère.

Membre d’une unité paramédicale, le soldat, qui a aussi la nationalité française, avait été filmé par un militant propalestinien alors qu’il tirait une balle dans la tête d’Abdel Fattah al-Sharif à Hébron en Cisjordanie.

HAZEM BADER (AFP)

Le terroriste palestinien venait d’attaquer des soldats au couteau. Atteint par balles, il gisait au sol, apparemment hors d’état de nuire. La vidéo s’était propagée sur les réseaux sociaux.

Elor Azaria est le premier soldat israélien à être condamné pour homicide depuis plus de dix ans selon la presse.

Immédiatement arrêté et assigné depuis à sa base, Elor Azaria plaidait non coupable. Il pensait que le Palestinien dissimulait une ceinture d’explosifs, ont plaidé ses avocats. Mais la cour a rejeté le plaidoyer.

Le soldat, condamné à 18 mois de prison ferme assortis d’une peine de 18 mois avec sursis, doit entrer en prison le 5 mars. Il est dégradé et redevient simple soldat.

Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel.

La présidente du tribunal Maya Heller a estimé que le soldat avait bel et bien tiré pour tuer alors que le Palestinien ne constituait pas une menace, et a retenu qu’Elor Azaria n’avait exprimé aucun remords.

Elle lui a cependant reconnu des circonstances atténuantes, évoquant le « territoire hostile » sur lequel s’étaient produits les faits et « l’épreuve subie par sa famille ».

i24

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