Massacre d’Ascq: l’ancien SS Karl Münter n’a “aucun regret”

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Condamné à mort pour le massacre de 86 civils près de Lille en 1944, Karl Münter continue de justifier leur assassinat.

Au total, 86 civils ont été assassinés. Ancien soldat SS impliqué dans le crime de guerre d’Ascq, près de Lille en avril 1944, Karl Münter justifie l’assassinat de ces civils.

Dans une interview au magazine politique Panorama de la chaîne allemande ARD diffusé ce soir (1), il minimise également le nombre de morts de la Shoah.

Âgé de 96 ans, Karl Münter, qui coule une retraite paisible Outre-Rhin, est même récemment apparu devant des néo-nazis allemands, un public acquis à sa cause.

En 1944, Karl Münter, âgé à l’époque de 21 ans, était Unterscharführer dans la 12ème SS Panzerdivision, la division impliquée dans le massacre d’Ascq.

En réponse à un acte de sabotage contre un train allemand, les SS avaient emmené les hommes du village pendant la nuit, les avaient conduits à la gare, puis fusillés.

Dans l’interview à Panorama, Karl Münter assure qu’il n’a tiré sur aucun des habitants d’Ascq, mais était uniquement responsable de leur détention.

Il considère pourtant que ces tirs étaient légitimes et les justifie par une prétendue tentative d’évasion : « Si j’arrête les hommes, alors j’en ai la responsabilité. Et s’ils s’enfuient, j’ai le droit de leur tirer dessus. Tant pis pour eux ! »

Les autorités allemandes ont enquêté sur l’implication de Karl Münter dans ce massacre. Il a été soupçonné de complicité de meurtre jusqu’en mars 2018, date à laquelle le procureur général de Celle, en Basse-Saxe, a classé l’affaire.

En cause : l’ancien SS ne pouvait pas être accusé, car il avait déjà été condamné à la peine de mort par contumace en France en 1949 pour ce même crime.

Pourtant, Karl Münter n’a jamais été traduit en justice, et sa peine exécutée, puisque l’Allemagne ne l’a ni extradé ni condamné. L’homme n’a donc jamais passé une seule journée en prison.

Qualifié à l’époque de crime de guerre en France, il a été frappé de prescription vingt ans plus tard.

Désormais, l’ancien SS est libre de raconter sa propre vérité. « S’ils avaient la conscience tranquille, pourquoi fuyaient-ils ? », s’interroge-t-il au sujet des habitants d’Ascq.

Encore aujourd’hui, Karl Münter, qui avait volontairement rejoint la Waffen-SS, ne croit pas que les Allemands soient à l’origine de la Deuxième guerre mondiale.

Surtout, il minimise les crimes nazis. Interrogé sur les millions de juifs assassinés, Karl Münter répond : « Il n’y avait pas tant de juifs chez nous à l’époque. Cela a déjà été réfuté. Je ne pense pas qu’il y ait eu six millions de juifs assassinés. Vous pouvez soustraire un zéro. »

Le mémorial du massacre d’Ascq. / © MaxPPP

 

« Pour qu’une telle chose ne se répète jamais »

Pour l’extrême droite allemande, Karl Münter est un héros. Après l’enquête réalisée par Panorama, il est apparu début novembre chez Thorsten Heise, néo-nazi et vice-président du NPD, le parti allemand d’extrême droite.

Lors d’une conférence avec des témoins de la guerre, Karl Münter a pris la parole devant une centaine de personnes pour raconter sa carrière à la Waffen-SS.

Il a pu signer des dizaines de photos de lui, a-t-il déclaré à la chaîne allemande, se vantant de recevoir quotidiennement des demandes d’autographes.

Rolande Bonte est la fille d’un cheminot assassiné. Les SS ont fait sortir son père de chez lui dans la nuit du 1er avril 1944. Il n’est jamais revenu.

A Panorama, elle déclare ne pas comprendre « comment on peut faire l’éloge de telles personnes ».

Aujourd’hui, elle n’a qu’un souhait : « Le SS est vieux, il ne changera plus. Mais vous devez vous assurer qu’il n’infecte personne d’autre avec ses idées. Pour qu’une telle chose ne se répète jamais. »

Par Fabienne Hurst,
Source :
www.lexpress.fr


Le massacre d’Ascq est un massacre commis pendant la Seconde Guerre mondiale dans le village français d’Ascq par des troupes de la Waffen SS.
À la suite d’un modeste attentat contre un convoi militaire aux abords de la gare d’Ascq dans la nuit du 1er avril 1944 au 2 avril 1944, la population est violentée et quatre-vingt-six civils sont fusillés. L’événement a un grand retentissement dans toute la région et renforce l’hostilité vis-à-vis de l’occupation allemande. On dénombrera 60 000 grévistes à Lille1 à la suite du massacre — ce qui en fait une des plus grandes manifestations françaises de la guerre sous l’occupation et une foule estimée à au moins 20 000 personnes1 assiste aux funérailles dans le village.


Tombes des massacrés dans le cimetière d’Ascq
Liste des massacrés, par ordre alphabétique. Le plus âgé était Pierre Briet, 75 ans, et le plus jeune Jean Roques, 15 ans.
• 01. Lucien Albert, 38 ans (prisonnier en congé maladie).
• 02. Henri Averlon, 49 ans (employé de chemin de fer, sinistré d’Hellemmes).
• 03. Claude Averlon, 21 ans (employé de chemin de fer, sinistré d’Hellemmes).
• 04. René Balois, 29 ans (habitant de Roubaix).
• 05. Gaston Baratte, 46 ans (industriel, dirigeant d’un tissage spécialisé pour l’ameublement).
• 06. Louis Beghin (artisan menuisier), 32 ans.
• 07. Robert Billaux, 44 ans (prisonnier rapatrié).
• 08. Pierre Brillet, 75 ans (négociant en grain et engrais retraité).
• 09. Maurice Carpentier, 44 ans.
• 10. Edgar Castain, 60 ans (négociant).
• 11. René Catoire, 61 ans (horloger-bijoutier).
• 12. Gaston Chrétien, 39 ans (artisan-serrurier, président de la Ligue ouvrière chrétienne).
• 13. Henri Comyn, 24 ans.
• 14. Arthur Couque, 35 ans.
• 15. Clovis Couque, 31 ans (employé de chemin de fer).
• 16. Pierre Courmont, 38 ans.
• 17. Maurice Cousin, 35 ans (abbé, vicaire).
• 18. René Crucq, 36 ans.
• 19. Henri Debachy, 34 ans.
• 20. Julien Declercq, 42 ans.
• 21. Emile Decourselle, 58 ans (garde-champêtre d’Ascq).
• 22. Louis Deffontaine, 32 ans (habitant de Baisieux).
• 23. Henri Dekleermaker, 20 ans (garde-voie).
• 24. Eugène Delannoy, 45 ans.
• 25. René Delattre, 52 ans (patron de café de la gare).
• 26. Henri Delbecque, 54 ans (jardinier-concierge d’André Guermonprez).
• 27. Fernand Delcroix, 23 ans (épicier, gérant de la succursale des Docks du Nord).
• 28. Paul Delemotte, 40 ans (cultivateur, prisonnier rapatrié).
• 29. Albert Demersseman, 25 ans.
• 30. Michel Depoorter, 50 ans (belge, commerçant, pris à tort pour un terroriste15).
• 31. Charles Descamps, 40 ans.
• 32. Marcel Descatoire, 43 ans.
• 33. Gaston Desmettre, 45 ans (employé de chemin de fer, sinistré d’Hellemmes).
• 34. Louis Desrumaux, 18 ans (habitant de Tressin).
• 35. Emile Dété, 47 ans.
• 36. Léon Dewailly, 41 ans (entrepreneur de couverture).
• 37. Henri Dillies, 47 ans.
• 38. Charlemagne Dubrulle, 64 ans (épicier).
• 39. Roger Duretz, 23 ans (employé de chemin de fer).
• 40. Charles Dutilloy, 45 ans (membre du réseau W.O.).
• 41. Georges Facon, 40 ans.
• 42. Maurice Follet, 40 ans.
• 43. Jules Francke, 36 ans (sinistré de Fives).
• 44. Henri Guilleron, 60 ans (abbé, curé).
• 45. André Grimonpont, 35 ans (employé de chemin de fer).
• 46. André Guermonprez, 39 ans (industriel).
• 47. Raoul Hebert, 45 ans.
• 48. Jules Hennebique, 55 ans (employé de chemin de fer).
• 49. Apollinaire Hennin, 71 ans (employé de chemin de fer retraité).
• 50. Jules Horbez, 52 ans.
• 51. Pierre Lallard, 43 ans (prisonnier rapatrié).
• 52. Maurice Langlard, 46 ans (dirigeant de la Ligue ouvrière chrétienne).
• 53. Constant Lautem, 38 ans (garde-voie).
• 54. Gustave Lhernould, 48 ans.
• 55. Paul-Henri Lhernould, 17 ans (élève de seconde au collège moderne de Lille).
• 56. Paul-Alphonse Lhernould, 57 ans.
• 57. Paul Leruste, 33 ans.
• 58. Paul Macaigne, 53 ans (grand blessé).
• 59. Georges Marga, 24 ans.
• 60. Maurice Menez, 41 ans.
• 61. Paul Meplont, 72 ans.
• 62. François Noblecourt, 45 ans.
• 63. Jean Nuyttens, 40 ans.
• 64. André Ollivier, 31 ans (aiguilleur de trains).
• 65. Paul Otlet, 36 ans.
• 66. Georges Oudart, 35 ans (artisan-menuisier, ancien prisonnier).
• 67. Arthur Pottié, 71 ans (cafetier).
• 68. Raphaël Poulain, 31 ans (employé de chemin de fer).
• 69. Arthur Rigaut, 49 ans.
• 70. Auguste Ronsse, 63 ans.
• 71. Jean Roques, 15 ans (élève au Lycée Faidherbe à Lille).
• 72. Maurice Roques, 48 ans (receveur des postes).
• 73. Robert Rouneau, 45 ans (industriel).
• 74. Lucien Sabin, 42 ans (industriel, ancien capitaine de chars d’assaut, prisonnier rapatrié).
• 75. Henri Six, 29 ans.
• 76. Gustave Thieffry, 66 ans.
• 77. Maurice Thieffry, 47 ans.
• 78. Michel Thieffry, 19 ans.
• 79. Jean Trackoen, 20 ans (ouvrier métallurgiste).
• 80. René Trackoen, 16 ans (ouvrier métallurgiste).
• 81. Robert Trehoust, 38 ans (ex-lieutenant d’artillerie, prisonnier rapatriénote 1.
• 82. Roger Vancraeynest, 16 ans.
• 83. Maurice Vandenbussche, 22 ans (cheminot).
• 84. René Vandermersche, 24 ans (membre du réseau Voix du Nord).
• 85. Albert Vanpeene, 22 ans (employé de chemin de fer).
• 86. Paul Vermus, 59 ans.

2 COMMENTS

  1. Combien comme lui coulent des jours heureux a travers le monde et bien sur en Allemagne avec la complicité de la justice qui est composes de quelques nazis qui a la fin de la guerre ont étaient recrutés par l’administration qui était en recherche de cadre en fonction du manque de personnel et on s’étonne aujourd’hui que ce SS n’est pas de remords et qu’il se pavane devant des nouveaux nazis
    il est condamné a mort en France et il n’a jamais était iniquité bien sur petit rappel notre brave Général De Gaule avait lui aussi besoin de fonctionnaires et il a donner l’absolution à plusieurs collabos afin que la machine de l’état refonctionne a nouveau très rapidement de ce fait ce “”brave SS”” a bénéficier de complicité pour passer à travers l’épuration
    Braves gents d’ici deux a trois ans j’ai l’impression que nous allons revivre les années 1937/1940 car la bête n’est pas morte

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