Lorsque les palestiniens adoptent le calendrier hébraïque©

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Lorsque les palestiniens adoptent le calendrier hébraïque

Le 2 mai 2017, l’Etat d’Israël va célébrer Yom Haatzmaout, date anniversaire de la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël, lue par le Premier Ministre David Ben-Gourion le 5ème jour du mois d’Iyar de l’année 5708 (dans le calendrier hébraïque). Pour les palestiniens, ce jour serait celui de la « nakba » (ou encore « catastrophe »), en référence à la « Shoah » vécue par les juifs lors de la seconde guerre mondiale. Aussi envisagent-t-ils l’organisation d’événements le 2 mai 2017, pour commémorer cet anniversaire sur le territoire israélien (sic). Etrangement, les palestiniens adoptent chaque année le calendrier hébraïque pour marquer l’événement, et non leur calendrier propre.

Théoriquement, l’anniversaire d’un évènement se commémore dans la société concernée, conformément au calendrier en vigueur. Pour les palestiniens chrétiens, l’anniversaire devrait être marqué le 14 mai 2017 puisque la déclaration d’indépendance date du 14 mai 1948 (dans le calendrier grégorien). Pour les palestiniens musulmans, il aurait fallu le faire le 5 Radjab de l’année 1438 (tombé, cette année, le 2 avril 2017) puisque le 14 mai 1948 correspond au 5 radjab de l’année 1367, dans le calendrier islamique. En utilisant le calendrier hébraïque pour célébrer ce qu’ils appellent la « Nakba », les palestiniens n’entendent donc pas marquer un anniversaire, mais juste essayer de ternir la fête nationale du peuple juif.

Depuis plusieurs années, l’Etat d’Israël empêchent les organisations commémoratives de ceux qui se présentent comme étant « les palestiniens d’Israël ». Le 24 mai 2009, la Knesset a adopté un projet de loi visant à interdire toute célébration de la Nakba en Israël. Le texte, défendu par Avigor Libermann du parti Israël Beiténou,  sanctionnait alors sa violation, par un emprisonnement de 3 années. Le projet envisageait même une prestation de serment d’allégeance à l’Etat juif (tout comme le font les députés palestiniens, même s’ils le violent constamment, faute de sanctions en cas de non respect).

De même, le 4 avril 2011, la Knesset a voté l’amendement de la loi sur les fonds budgétaires – dite loi « Naqba » qui a mis un terme au soutien financier des « activités qui rejettent l’existence d’Israël en tant qu’État juif et démocratique, et qui commémorent (…) le jour de la création de l’État comme un jour de deuil ».

Cette année encore, le Premier Ministre israélien a interdit toute commémoration de la Nakba et refusé d’octroyer des permis au palestiniens qui entendent se rendre en Israël pour perturber le bon déroulement des commémorations juives.

Pour les palestiniens, la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël serait associée à leur dépossession et à l’exode de 700 000 arabes de Palestine. Les juifs n’en sont en réalité, nullement responsables. Pour mémoire, les arabes de Palestine ont refusé la résolution 181 de l’Onu du 29 novembre 1947 qui a décidé du partage de la Palestine entre un Etat arabe et un Etat juif, imaginant que les pays arabes anéantiraient rapidement le jeune Etat juif, peu après le 14 mai 1948.

Pour sa part, l’Etat juif n’a jamais demandé le départ des arabes : dans la Déclaration d’indépendance, Ben Gourion a invité les populations arabes du pays  à vivre en paix avec les juifs dans le pays : «  Aux prises avec une brutale agression, nous invitons cependant les habitants arabes du pays à préserver les voies de la paix et à jouer leur rôle dans le développement de l’État sur la base d’une citoyenneté égale et complète ». De même, il a appelé les voisins arabes à jouer la carte de la paix : « Nous tendons la main de l’amitié, de la paix et du bon voisinage à tous les États qui nous entourent et à leurs peuples. Nous les invitons à coopérer avec la nation juive indépendante pour le bien commun de tous. L’État d’Israël est prêt à contribuer au progrès de l’ensemble du Moyen-Orient ».

Aujourd’hui, les palestiniens réclament un soit disant « droit au retour des réfugiés » qui trouverait son fondement dans la résolution 194, adoptée par l’Assemblé Générale des Nations Unies le 11 décembre 1948 selon laquelle : « il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les Gouvernements ou autorités responsables ».

Bien évidemment ce texte est désormais inapplicable pour plusieurs raisons : il était réservé aux arabes ayant quitté la Palestine en 1948 (non à leurs arrières petits enfants), à ceux qui désiraient rentrer dans leur foyer (il n’en ont plus), le plus tôt possible (et non 69 ans plus tard) pour vivre en paix avec les juifs (état d’esprit qui fait cruellement défaut aux palestiniens depuis la Charte de l’Olp qui a institué la palestinienne en 1967).  En outre, bon nombre d’arabes de Palestine ont déjà exercé ce droit en 1948, c’est le cas par exemple de la famille de Shouffani, l’ancien maire de Nazareth.

Aussi, est-il impossible aux palestiniens, disséminés dans le monde, d’invoquer un « droit au retour » en Israël, c’est-à-dire, sur une terre qu’ils n’ont jamais foulée. En revanche, il sera tout à fait possible pour les palestiniens d’instituer ce droit sur les territoires qui leurs seront affectés, lors de la création de leur futur Etat,  c’est-à-dire, vraisemblablement, à Gaza ou dans les zone A et B de Cisjordanie sous contrôle palestinien.

L’historien israélien Ilan Pappé (né à Haiffa en 1954 et exilé en Grande Bretagne depuis 2007) a, dans le passé, appelé au boycott des universités israéliennes et s’est fâché avec ses collègues en Israël, compte tenu de ses prises de position sur la genèse du conflit  israélo arabe en 1948. Aujourd’hui, il co-organise « une marche du retour » en Israël le 2 mai 2017.

Suggérons donc à cet éminent Professeur attaché aux événements qui ont marqué les arabes de Palestine en 1948 (disséminés, depuis, dans les pays arabes limitrophes qui n’en veulent pas), d’organiser sa « marche du retour » dans l’Université d’Exeter (sud de l’Angleterre) où il dispense ses enseignements, ou, à défaut, dans les rues de la capitale palestinienne « Ramallah », et ce, le 14 mai 2017.

Il observera alors que, personne dans le monde ne prête attention à cette manifestation des descendants des populations arabes qui se font appeler « palestiniens » depuis la rédaction de la Charte Olp en 1967.

Les palestiniens sont instrumentalisés et portent le fardeau d’événements concernant les pays arabes en 1948, auxquels ils sont parfaitement étrangers. La Charte Olp de 1967 les a fait sortir de la grande Nation arabe pour en faire une « Nation palestinienne inventée », dans le but unique de détruire Israël. Or, non seulement ils sont embrigadés dans un discours de type sectaire (en souvenir d’une population qui n’avait rien à voir avec les palestiniens), mais en outre, ils sont contraints d’adopter le calendrier hébraïque pour célébrer leur Nakba, c’est-à-dire un calendrier qui ne correspond pas à leur histoire. Autrement dit, la comédie n’a rien de bien réjouissant.

Par ©Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

4 COMMENTS

  1. les jésuites disent qu’ils ont réussi à monter les juifs contre les juifs : ils entrent dans nos synagogues et lisent nos livres ! il y a même des traitres de rabbins qui se permettent de leur donner des clés des textes israêlites et QUI REFUSENT D’ACCUEILLIR LES JUIFS AUTHENTIQUES DANS LES SYNAGOGUES, JUIFS TRES MAL RECUS ET LEURS ENFANTS AUSSI ! UNE HONTE QUE DE VOIR DES SOI DISANTS RABBINS SE CONDUIRE COMME DES COLLABOS !

  2. Bof ! Encore prorogeraient-ils leur palestinisme débile pendant 2000 ans, selon l’adage sans doute islamique qui faut copier dans ses manisfestations un prétendu adversaire pour le vaincre, c’est d’ailleurs la marque de fabrique, si j’ose dire de l’Islam, puisqu’il n’est que contrefaçon, le kiddush en moins, il manquera toujours l’essentiel pour qu’ils fassent quoi que ce soit sur terre !

  3. Ce calendrier pseudo “hébraïque”, n’a rien d’hébraïque ! C’est un calendrier rabbinico-pharisien, lui-même emprunté au calendrier babylonien et calqué sur la réforme de Methon, un astronome grec.

    Cessez de gruger les gens !

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