Le chef des Renseignements russes mort à Beyrouth, selon un diplomate (Al-Akhbar)

Les rumeurs s’enchaînent sur les circonstances de la mort d’Igor Sergun, dans le nid d’espions de Beyrouth
Igor Sergun. (AFP/Mikhail Klimentyev/Ria-Novosti)

BEYROUTH – Un quotidien libanais (proche du Hezbollah) a encore alimenté les rumeurs qui tourbillonnent autour de la mort, en janvier dernier du Chef des Renseignements militaires russe, en publiant un article qui soutient que le Colonel-Général Igor Sergun est mort dans la capitale libanaise, connue pour être un nid d’espions.

Dans un reportage publié jeudi, Jean Aziz de l’Al-Akhbar s’est entretenu avec un diplomate sous couvert d’anonymat et basé à Londres, qui spécule sur les circonstances de la mort mystérieuse du chef des renseignements russes.

Le Ministère de la Défense russe a annoncé que Sergun était mort brusquement à l’âge de 58 ans le 3 janvier 2016, mais n’a ni spécifié la localisation ni la cause de sa mort. La nature laconique du communiqué a déclenché des rumeurs sur ce qui a bien pu lui arriver, alors que les médias russes affirment qu’une crise cardiaque aiguë provoquée par le stress serait la cause de la mort de l’officier de très haut-rang. 

Pour sa part, la source diplomatique a déclaré à Al-Akhbar, qu’une « information parvenue à Londres suggère que l’officier supérieur commandant les renseignements militaires russes est mort à Beyrouth ».

La source a aussi dit qu’elle ne pouvait pas « écarter que sa mort pourrait résulter d’une opération compliquée des services secrets, où plusieurs acteurs des renseignements arabes et moyen-orientaux puissent être impliqués ».

« Moscou doit avoir découvert certains indices en lien avec cette affaire », ajoute le reportage d’Al-Akhbar’, qui rappelle que la Turquie et la Russie étaient au bord de la guerre avant la récente cessation des hostilités en Syrie. « C’est la décision russe d’une confrontation avec la Turquie qui a rendu la situation si décisive et fatale (dans la mort de Sergun) ».

On doit souligner que la source diplomatique semble apporter à l’article une tonalité très conspiratrice, en livrant un certain nombre de théories sans fondement sur les évolutions régionales et en accusant la Turquie de chercher à « pousser les choses au-delà du bord de l’abyme de la confrontation militaire ».

Cette source, cela dit, n’entre pas plus dans les détails sur la mort de Sergun ni sur de qu’il pouvait bien faire au Liban.

Le journal britannique le Financial Times a rapporté le 22 janvier que le Président russe Vladimir Poutine avait expédié son chef des renseignements militaires à Damas, peu de temps avant sa mort, « sur une mission délicate ». 

« Le Général, qu’on pense s’être fait les dents alors qu’il était agent des services secrets soviétiques en Syrie, portait un message de Vladimir Poutine au Président Bachar al Assad : le Kremlin , le plus puissant protecteur international du dictateur syrien, a pensé qu’il était temps de le mettre à l’écart », selon le quotidien, qui cite deux sources des renseignements occidentaux.

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Le Financial Times ajoute que la Russie a cherché une « transition chorégraphiée du pouvoir qui maintiendrait le régime alaouite, mais ouvrirait la porte à des négociations réalistes avec les rebelles modérés ». 

Le quotidien britannique n’a pas affirmé que Sergun était mort au cours de ce périple, bien que des rumeurs enflant quelques jours après sa mort, affirmaient que le chef des renseignements russes était décédé à Beyrouth.

Le site internet de la compagnie privée de renseignements Stratfor a déclenché les opérations sur ces rapports non-confirmés, le 6 janvier, par des remarques provenant d’une source qui a déclaré qu’elle avait entendu « un rapport disant que Sergun était mort le jour du Nouvel an au Liban ». 

« Si cette information disant qu’il est mort au Liban est vraie, cela soulève bien des questions sur ce que pouvait bien faire Sergun dans un pays qui est un nid d’espions pour les services secrets du monde entier et pourquoi le Kremlin tient tant à couvrir le fait de sa mort à l’étranger ».

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Albin Szakola, rédacteur en chef des actualités sur NOW (@AlbinSzakola) a rédigé ce reportage. Ullin Hope (@UllinHope) a traduit les sources en arabe.

Publié le : 3/03/2016 01:22 PM

now.mmedia.me

Adaptation : Marc Brzustowski

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