En l’absence de « stratégie » américaine, le Moyen-Orient se prépare à la « Grande Guerre »

 

Le Président Barack Obama désignait, au début del’année dernière, Daesh comme une équipe jouant en Juniors deuxième catégorie. 

Les ravages provoqués par Daesh ont rpouvé à quel point Obama avait tort, mais les analystes cités par un rapport du McClatchyDC, pensent que le pire est encore à venir. 

« Les conditions générales ressemblent énorménent à celles qui prévalaient en 1914 » affirme Michael Stephens de l’Institut des Servbices Royaux Unis à Londres. « Il ne suffirait que d’une infime étincelle et l’Iran et l’Arabie Saoudite se jetteront à la gorge l’un de l’autre, en croyant se battre dans le cadre d’une guerre défensive ». 

Iraqi fighters battle ISIL on the outskirts of the Baiji oil refinery on May 25.  /AFP/Getty Images

 

Le commentateur kurde irakien Hiwa Osman pense que : « la région toute entière se prépare pour la « Grande Guerre », cette guerre qui n’a pas encore éclaté, la guerre entre Chiites et Sunnites ». 

Le détachement que manifeste l’Administration Obama à l’égard des conflits actuels au Moyen-Orient est très remarqué – en Syrie et en Irak, au Yémen, où les forces saoudiennes bombardent les rebelles houtis pro-iraniens ; et en Libye, où l’Egypte a lancé des frappes aériennes contre des djihadistes appartenant à l’Etat Ilsamique (Daesh). 

Bien que le système international soit très différent de celui qui prévalait en 1914, où les deux alliances européennes rivales se sont déclarées la guerre, certains y voient de grandes similitudes. 

C’était, aussi, une « crise dont personne ne voulait. Quand elle est survenue, on disait qu’elle se terminerait ne l’espace de quelques mois. Et qu’elle mettrait un terme à tous les conflits armés. Chacun sait ce qui s’est, en réalité, passé », déclare Thorbjorn Jagland, un homme politique et secrétaire général du Conseil de l’Europe, un organisme observatoire des Droits de l’Homme. 

« Je ne veux pas traiter les dirigeants acutels de somnambules, mais il est possible qu’ils se soient fourvoyés dans une situation qui ne correspond aux intentions ou volontés de personne »,déclare Jagland. 

L’absence de stratégie américaine ou, même, de plan visant à stabiliser le Moyen-Orient, a encore fait la Une de l’actualité, cette semaine, quand Obama a déclaré, au Sommet du G-7 en Allemagne, le 8 juin, que son Administration ne disposait pas encore d’une « stratégie complète » pour vaincre Daesh, un commentaire que la Maison Blanche s’est empressé de préciser qu’il avait été « mal interprété ». 

« Nous n’avons, réellement, pas de stratégie du tout. Fondamentalement, nous jouons tout cela au jour le jour », a repris Robert Gates, ancien Secrétaire à la Défense sous les ordres d’Obama. 

Les Etats-Unis continent d’envoyer des armes  et des conseillers militaires en Irak, avec peu de résultats à montrer, alors que les forces irakiennes ont subi plusieurs défaites dévastatrices, en perdant, très récemment, la ville sunnite de Ramadi. 

Le Général John Allen, retraité du corps de Marines, occupe actuellement le poste d’envoyé spécial de la coalition dirigé par les Etats-Unis combattant Daesh, a dit que : « ce sera une campagne particulièrement longue » et que vaincre l’idéologiue de Daesh prendra « une génération ou plus ». 

Osman précise que Daesh « ne peut être uniquement vaincu par les Kurdes,les Chiites, les Américians ou l’Ian. Il doit l’être par les Arabes Sunnites. Vous devez leur présenter un accord valable pour le jour d’après la défaite de Daesh. Et, jusqu’à présent, personne n’a réussi à formuler clairement cette vision pour eux ». 

Toby Dodge, universitaire qui travaille sur l’Irak et enseigne à la London School of Economics,affirme que la guerre civile en Irak est « presque inévitable ». 

« Je suis extrêmement pessimiste », dit-il, ajoutant qu’il doute que le Premier Ministre Haider al Abadi », pourtant « un type très bien, un homme clairvoyant », puisse sauver l’Irak. « Il est pris en otage par sa propre clique, l’Islamisme radical chiite. Ce dont il a le plus besoin, c’est de fairev appel aux Sunnites privés de leurs droits qui vivent au Nord-Ouest »

D’autres analystes disent que l’Irak, avec l’aide des Etats-Unis, ne peut être sauvé que s’il s’engage à la décentralisation des pouvoirs, à la réconciliation avec les Baathistes et à d’autres concessions qui puissent motiver les Sunnites à chasser Daesh. 

« Cela pourrait être faisable, absolument », déclare Kenneth Pollack, de l’Institut Brookings,mais il ajoute aussitôt que ml’Administration Obama ne fait strictement aucun effort en ce sens, bien au contraire, en se rapprochant à tout-va de l’Iran chiite. 

« Je pense que c’est de la négligence », dit-il. « Ils continuent d’insister sur le fait qu’on ne peut pas en avoir la volonté à la place des Irakiens… C’est une absurdité historique. Si vous laissez ce problème aux Irakiens, ils ne feront pas ce qu’il faudrait, même s’ils le voulaient vraiment ». 

 

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Adaptation : Marc Brzustowski.

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