L’accord sur le nucléaire iranien pourra-t-il sauvé Bachar ?

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Sommes-nous en train d’assister à la fin du régime de Bachar El Assad ?

Si l’on en croit certains médias, le président syrien aurait perdu le soutien de Moscou, son armée ne cesserait de reculer face à ses ennemis, et le Hezbollah subirait chaque jour des pertes considérables. Si le repli des forces fidèles au régime est indéniable, en revanche rien n’indique que Poutine aurait décidé de “lâcher” le tyran de Damas, même s’il ne comprend pas toujours ses choix tactiques. Par ailleurs, Assad dispose encore d’un arsenal de guerre comparable à celui des armées française ou anglaise en terme aussi bien quantitatif que qualitatif.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir quand et comment il va utiliser ce potentiel, et surtout contre qui.

Les calculs d’Assad sont multiples. Il a compris dès le début de la guerre que ce conflit dépassait le cadre des révoltes du printemps arabe et qu’il s’agissait à la fois du réveil d’un affrontement historique séculaire entre sunnites et shiites plus alaouites, dans lequel se trouvent impliquées contre leur plein gré d’autres groupes ethniques, les kurdes, les druzes, les chrétiens, et bien d’autres communautés de cette région, mais aussi une bataille à caractère géopolitique dont les enjeux sont économiques, énergétiques, stratégiques.

L’Iran, allié privilégié de la Syrie, a, lui aussi, compris tout l’intérêt qu’il pouvait tirer de ce conflit si, en fin de compte, il arrivait à renforcer sa suprématie militaire, par le développement du nucléaire et une victoire emblématique sur le terrain des hostilités contre l’Etat islamique. C’est pourquoi il faut s’attendre à des bouleversements dramatiques dans les semaines à venir.

Jusqu’à présent Téhéran avait apporté un soutien logistique, matériel et un encadrement aux forces d’Assad et du Hezbollah, mais n’avait pas encore engagé ses troupes d’élite, c’est-à-dire les “Gardiens de la Révolution” dans la guerre. Or on vient d’apprendre que l’armée iranienne a décidé de mobiliser ces troupes de choc pour prêter main forte à Bachar El Assad. Psychologiquement, celui-ci a réussi à démontrer le caractère barbare et cruel de Daech, rendant ainsi sa réplique légitime. On se souvient des réactions du monde entier lors de l’utilisation d’armes non conventionnelles. La réaction serait-elle la même aujourd’hui après les spectacles de décapitation et de massacres perpétrés par Daech ?

Assad et Rohani ont aujourd’hui les mains beaucoup plus libres pour combattre l’Etat islamique avec d’autres moyens. Plus personne n’évoque en ce moment le nombre de victimes, et l’afflux de réfugiés syriens vers l’occident commencent à inquiéter l’Europe, qui préférerait sans aucun doute un règlement  efficace et rapide, même sanglant, de la guerre plutôt que de mettre en place un accueil massif de migrants dont personne ne sait vraiment si, parmi eux, ne dissimuleraient pas quelques futurs terroristes qui entreraient impunément sur le continent, comme c’est déjà le cas sur les bateaux des immigrants clandestins en provenance d’Afrique par la filière libyenne. 

Le dernier obstacle à franchir pour la coalition syro-iranienne est l’accord de Genève avec l’occident sur le nucléaire. Dès que ce traité sera entériné, ne soyons pas surpris de voir l’armée syrienne reprendre du poil de la bête avec le soutien massif de Téhéran. Bismarck aurait appelé ça de la Real Politik !

Michaël  Bar-Zvi 

Chronique du 4 juin 2015 – Yod Zaïn Be Sivan  5775

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