La Sortie d’Égypte et la brisure des vases

mars 24, 2018 Rav Mordékhaï Chriqui 
Selon le Ari Zal, la sortie d’Égypte est une naissance qui va amener les Moh’in. Pendant 2000 ans, le chaos a perduré pour donner naissance à 2000 ans de Torah à partir de la sortie d’Égypte.
 Il y a eu deux choses qui sont arrivées à la sortie d’Égypte:
1/ un tri en sortant un peuple de parmi d’autres peuples. C’est la construction d’un peuple dans cette matrice qu’est l’Égypte
2/ recevoir ensuite les Moh’in, une âme spécifique afin de percevoir une révélation divine particulière.
Mais il y a un accusateur, la qualité de la rigueur qui vient interférer et empêcher ce choix, pour cela, vient l’esclavage et les souffrances qui en découlent et qui viennent adoucir ces rigueurs du jugement qui empêchent de recevoir les Moh’in.
Pessa’h 2020
De la soirée du Mercredi 8 Avril
À la soirée du Jeudi  16 avril
Il y a quatre niveaux dans le  »mauvais côté »,  »S-A » qui se dressent contre la Kédoucha. Par la faute du premier homme, le mal et le bien se sont mélangés et tout le travail de l’homme est alors de séparer le bien du mal.
Il se trouve dans une perception duelle à repousser le mal et à se rapprocher du bien. C’est alors une guerre où l’homme est dans une situation de face contre dos. Toutes les forces spirituelles se trouvent en porte à faux, l’une contre l’autre.
Israël se trouve alors enfermé dans ce système duel qui est en fait ces écorces, Klippot, qui renferment Israël sans le laisser entrevoir la lumière divine.
Cette Klippa est ce système de penser erroné et perfide qui empêche Israël de percevoir la lumière de la réalité divine. C’est la poursuite de la richesse, de la gloire, des honneurs et du pouvoir. Il faut alors s’en séparer mais à la fin il faudra la réparer car Dieu l’a créée à cet effet.
Par la sortie d’Égypte, Israël s’est libéré de ces quatre niveaux de perception de la Klippa grâce aux quatre lettre du Tétragramme, aux quatre langages de délivrance.
Par l’énergie de ces quatre lettres, se sont cassées les influences magnétiques des forces émises par les écorces de la création. Cela va créer un choc électronique qui va casser ces limites de la matière mais ce n’est pas une brisure complète et définitive.
 Cette illumination des Moh’in n’a été que de manière ponctuelle et le mal n’a pas été complètement exterminé.

Chaque année, au moment de Pessah’, le Ari explique que cette illumination des Moh’in se réveille pour briser une partie de ce mal engendré par la Klippa, pour briser cet arbre comprenant les quatre niveaux de cette Klippa. Nous devons sortir d’Égypte chaque année petit à petit jusqu’à la venue du Messie et ainsi éradiquer le mal.

Le but de la création est de comprendre sa finalité qui est la révélation du principe de l’unité divine dans chaque action, dans chaque créature et dans chaque événement de ce monde.
Le premier a être descendu en Égypte a été Avraham. Au départ de la création, s’est révélé le H’allal, l’espace vide de l’infinitude divine. La lumière divine va agir de manière limitée, par gradation. Cet espace n’a jamais été vide mais l’infinitude a été enlevée de l’énergie divine.
Alors est apparue l’empreinte de toute la création. Il ne s’est séparé que l’action de l’infini et non l’énergie en elle-même. Alors ont commencé la temporalité et l’espace. Le Ramh’al explique que toutes les pérégrinations des patriarches ont une connexion avec le début de la création, le rayon de l’infini entrant dans le Réchimou, la trace laissée dans l’espace vacant.
Il n’y a pas de différence entre l’histoire du peuple juif et l’action divine au moment de la création qui n’a pas été parfaite afin de donner au premier homme la possibilité de la compléter. Mais au lieu de parfaire la création, il a mis le peuple d’Israël dans une situation où il devait entrer en esclavage en Égypte à cause des 130 années d’exil que le premier homme s’est infligé.
D’après le Ramh’al, les mondes d’en bas et d’en haut sont exactement en parallèle et n’influent en aucun cas l’un sur l’autre. Dans la Torah elle-même par la description de tous les événements qu’elle décrit, sont incrustés tous les secrets de la création et de la gradation des mondes et des créatures. En vérité, toute la création est en Égypte jusqu’à aujourd’hui et seul, le peuple juif a pu en sortir.

Le Ramh’al dans Adir Bamarom explique que la descente de Avraham en Égypte est la situation du rayon infini qui s’ést retiré de son infinitude pour créer l’empreinte de la création et qui revient dans cet espace vacant qui contient alors l’A.D.N de la création. Ces deux actions sont en parfaite union et en parallèle, l’un dans le commencement de la création et l’autre dans l’histoire.

Au moment où Avraham est tombé dans la fournaise de Kasdim, c’est-à-dire le Kav dans le Réchimou, celui-ci était très puissant. Cette fournaise fait allusion à la période du chaos où l’empreinte, le Réchimou est d’une force incroyable où le Rayon divin n’a aucune influence. Ce n’est que lorsque Avraham est sorti de la fournaise, que le Kav (Avraham) a pu produire une certaine existence au Réchimou.

La fournaise est une situation de la restriction de la création où les rigueurs du jugement sont très puissantes. Mais si le Kav n’était pas sorti de cette fournaise, la création ne pouvait avoir d’autonomie car la lumière divine aurait tout avalé. Par sa sortie de la fournaise, Avraham a donné une certaine autonomie à la création.

De même, Avraham est descendu en Égypte, afin de donner une certaine autonomie à la matière en ressortant et s’il n’y était pas descendu, ses descendants n’auraient pas pu y descendre pour eux-aussi donner une certaine autonomie à un autre niveau du Réchimou.

C’est cela la brisure des vases, c’est le rayon qui entre dans le vase et qui ressort pour lui laisser une autonomie, pour donner vie au Kéli et au mal.

C’est l’annulation illusoire de la conduite divine sur la création. En vérité, la mort est la séparation de l’influence la lumière sur la matière.

Cette même matière va perdurer grâce à une influence de cette lumière mais de faible intensité.

C’est une sorte de batterie qui s’use au bout d’un certain temps.

Le vase peut alors vivre sans Dieu, sans la domination de ce Kav à priori. Par la séparation de ce rayon, la matière est tombée de niveau. Le corps au départ reçoit du souffle suprême, complètement dominé par lui, une fois que ce souffle s’est retiré, le corps a besoin alors des forces de la nature pour survivre.

Il a besoin de toutes les vanités de ce monde, de toutes les forces de Élokim. Avraham et donc le Kav sont rentrés de nouveau dans le Réchimou à la fin des 2000 ans de chaos pendant 400 ans pour donner une nouvelle énergie à de nouveaux niveaux de ce Réchimou qui s’appellent  »Égypte ».

La fournaise de Kasdim est la création de l’espace vacant par le fait que Avraham entre et en ressorte et par son entrée en Égypte se fait la brisure des vases. En entrant en Égypte, Avraham donne une vigueur à la matière et en ressortant, il reçoit des cadeaux de celle-ci, c’est-à-dire des étincelles divines de ce Réchimou qui a été réparé.

Avraham est le mystère du Kav et Sarah est le mystère du Réchimou arrivé à la perfection. C’est pour cela, que Parroh qui est le Réchimou non réparé a pu saisir Sarah et non Avraham. Sarah est plus grande que Avraham mais elle est la Noukva, le pouvoir féminin, la notion du réceptacle à son paroxysme.

Son engendrement sera Ytsh’ak qui est le jugement pur et saint. En général, le jugement est toujours dur. Mais le niveau de Ytsh’ak provient de Sarah, c’est une rigueur qui est pure de toute imperfection. Si le Kav qui est représenté par Avraham, n’était pas descendu dans le Réchimou qui est représenté par l’Égypte, alors ces parties du Réchimou qui sont représentées par Sarah, Ytsh’ak et Yaacov n’auraient pu être réparées.

Ce qui est ressorti de cette intrusion du Kav dans le Réchimou est Ytsh’ak. Sans cette sortie de Avraham, Ytsh’ak serait resté dans ce Réchimou du niveau de la fournaise ardente. Il reste encore Essav et Yshmaël dans le Réchimou car ils sont la représentation de la Klippa, de l’écorce. À ce moment, ils ne sont pas inclus encore dans la réparation mais à la fin, ils le seront.

Ce modèle de détérioration et de réparation qu’a révélé Avraham en entrant et en sortant d’Égypte, est le même processus que vont suivre ses descendants en expérimentant l’esclavage et la libération.

La sortie d’Égypte n’est pas une brisure des vases où la lumière se sépare du réceptacle, Israël se séparant ainsi des autres peuples. Ce niveau est le niveau de Kippour, de « écartes toi du mal et fais le bien». La véritable réparation est plus que cela. Il est vrai que la sortie d’Égypte est une sorte de brisure comme la séparation du monde de la Atsilout avec les trois autres mondes  »B-Y-A ». c’est ce que le Ari Zal appelle  »la lumière se séparant du vase ».
En vérité, cette séparation d’Israël des autres peuples et le don de la Torah ont pour but de revenir parmi ces peuples afin de les réparer, afin de réparer la création, c’est le retour de la lumière du rayon infini dans le vase afin que celui-ci se soumette à cette même lumière de l’infini. Le but n’est pas la Torah mais la libération. Elle est le moyen de se libérer de la matière afin de mieux la dominer et surtout de l’élever, d’élever avec nous les nations.
Tout notre travail est de comprendre comment le Kav sort du Réchimou pour y revenir de plus belle. Grâce à cette sortie, Israël va recevoir les moh’in, les grands cerveaux afin d’éclairer le monde. Les autres exils sont alors différents de l’exil d’Égypte car il y a alors les Moh’in et ces exils sont plus une réparation qu’une détérioration.
Car en vérité, tous ces empires ne dominent que grâce à la force du Messie. Au contraire de l’exil de l’Égypte qui est le règne du mal, le règne du Réchimou. Pour cela, il faut d’abord extraire les parties du Réchimou qui ont été purifiées et qui ne peuvent s’élever que grâce au Kav. C’est ce qui est fait allusion dans le verset « et ils sortirent avec une grande richesse».
La fournaise de Kasdim est donc le parallèle avec la restriction primordiale et sa réparation.
L’exil d’Égypte est la brisure des vases qui est aussi une sorte de restriction primordiale. La restriction étant la séparation de l’infini et du fini. La brisure de même est une séparation du monde de la Atsilout et des trois mondes  »B-Y-A ». Édom est ce niveau de création du chaos bien avant la séparation des mondes.
Les rois de Édom sont les Séphirot dans leur état initial de chaos de même la fournaise de Kasdim d’où est sorti Avraham et qui va entrer dans ce Réchimou appelé Égypte pour réparer certains niveaux de ce chaos qui sont appelés  »Ytsh’ak » et  »Yaacov ». Les 70 âmes qui sont descendus en Égypte ont pour but de purifier les 70 Nations qui se trouvent dans le Réchimou.
Rav Mordékhaï Chriqui 5778
Retranscription Rav Michael Smadja Publie par la Source des sagesses

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.