Israël vise le chef d’état-major du Hezbollah

L’aviation israélienne a de nouveau frappé au cœur de la banlieue sud de Beyrouth : ce dimanche 23 novembre, un immeuble du secteur de Dahieh, bastion historique du Hezbollah, a été pulvérisé par une frappe ciblée. Selon les autorités libanaises, l’attaque a fait au moins cinq morts et plusieurs dizaines de blessés, civils et combattants mêlés. Les services de sécurité israéliens affirment que la cible principale était Ali (Haytham) Tabatabai, considéré comme chef d’état-major de facto de l’organisation chiite et l’un de ses principaux cerveaux militaires.

Figure discrète, rarement photographiée, Tabatabai a longtemps dirigé les forces spéciales du Hezbollah et aurait été impliqué dans l’unité 3800, chargée de former et d’appuyer des milices chiites au Moyen-Orient, notamment en Syrie et au Yémen. Plus récemment, il aurait pris en main le « front sud » face à Israël, supervisant le redéploiement des unités d’élite le long de la frontière et la reconstruction des capacités du mouvement après les lourdes pertes subies depuis 2023. Washington l’avait désigné comme terroriste en 2016 et offrait jusqu’à 5 millions de dollars pour toute information permettant de le localiser, ce qui en faisait depuis des années une cible prioritaire des services occidentaux.

Selon les autorités israéliennes, Tabatabai utilisait un appartement clandestin à Dahieh comme base de commandement pour planifier des opérations contre Israël et poussait à une escalade militaire, loin de jouer un rôle modérateur à l’intérieur de l’appareil du Hezbollah. La frappe intervient pourtant dans un contexte théoriquement encadré par un cessez-le-feu conclu fin 2024 entre Israël et le Liban, après la guerre dévastatrice de 2023–2024. Officiellement, Jérusalem affirme agir de manière autonome pour empêcher le mouvement chiite de se réarmer, tandis que Beyrouth dénonce une violation flagrante de sa souveraineté et réclame une intervention internationale pour stopper les attaques.

Cette élimination ciblée s’inscrit dans une campagne plus large de décapitation de la hiérarchie militaire du Hezbollah. Depuis 2024, plusieurs cadres de tout premier plan ont été tués dans des frappes similaires à Dahieh et dans d’autres zones : Fuad Shukr, responsable des opérations militaires, Ali Karaki, commandant du front sud, ou encore le chef du Conseil exécutif Hashem Safieddine, longtemps considéré comme le « numéro deux » du mouvement, ont été visés et éliminés dans des attaques aériennes attribuées à Israël. La mort d’Hassan Nasrallah en 2024, puis la prise de fonction de Naim Qassem comme secrétaire général, ont profondément reconfiguré la direction du Hezbollah, désormais contrainte de renouveler en urgence une génération de cadres militaires aguerris.

Pour Israël, la frappe de Beyrouth illustre une doctrine assumée : frapper préventivement au plus haut niveau pour désorganiser durablement l’appareil militaire ennemi, quitte à prendre le risque d’une escalade régionale. L’état-major israélien insiste depuis des mois sur la nécessité de ne pas laisser le Hezbollah reconstituer ses stocks de missiles de précision ni rétablir ses réseaux de commandement, alors que l’axe iranien est perçu comme en quête de revanche après les revers subis en Syrie, au Liban et en Iran même. À l’inverse, le Hezbollah promet de ne pas laisser ces attaques impunies et laisse planer la menace d’une réponse « calibrée », afin de préserver son image de résistance sans ouvrir pour autant la porte à une guerre totale dont le Liban paierait, une fois de plus, le prix le plus lourd.

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Adam

Bravo à Tsahal. Le gouvernement libanais ne désarme pas le Hezbollah, donc il est est complice de son réarmement et de sa réorganisation pour attaquer de nouveau Israel. Israel se défend pour empêcher cette menace.
Le Liban ne connaîtra la paix que quand le gouvernement libanais aura pris ses responsabilités face au Hezbollah, au risque d’une guerre civile. A bon entendeur …