Israël, la Start-up Nation: entre Contami-Nation et Vacci-Nation (analyse) Daniel Haïk – i24NEWS 17 janvier 2021 à 10:31 Analyste politique

Des Israéliens en salle d'attente avant d'entrer dans un poste de vaccination contre le coronavirus le 16 janvier 2021 dans la ville côtière d'Herzliya, en Israël.
Gili Yaari /Flash90Des Israéliens en salle d’attente avant d’entrer dans un poste de vaccination contre le coronavirus le 16 janvier 2021 dans la ville côtière d’Herzliya, en Israël.

La Start-up Nation vacille actuellement entre inquiétude et espoir

Israël se retrouve à la croisée des chemins, avec deux records battus cette semaine: l’un effrayant avec 10.000 nouveaux contaminés quotidiens, l’autre nettement plus encourageant avec 2 millions d’Israéliens vaccinés en près de 4 semaines!
La Start-up Nation vacille donc actuellement entre inquiétude et espoir. Et ressemble à un marathonien qui aperçoit la ligne d’arrivée mais sait qu’il va souffrir avant de la franchir. 

Analyse.  

Depuis le début de la crise sanitaire, Israël a joué son rôle de prédilection: celui de pionnier et de précurseur. Il a été, parmi les pays occidentaux, l’un des plus rapides à réagir au virus. De facto, depuis mars dernier, Israël a toujours eu plusieurs longueurs d’avance, dans la gestion de la crise, sur la plupart des pays de l’OCDE.
Précurseur aussi, parce que la Start-up nation a su mobiliser, dans cette confrontation titanesque, les technologies les plus performantes, telle celle du traçage utilisée par le Shin Bet dans la lutte anti-terroriste. Il est vrai qu’Israël évolue, depuis sa création, dans un perpétuel état d’urgence. Un « atout » incomparable lorsqu’il s’agit de mener une guerre sans merci contre le Covid 19!
Sa situation géographique lui offre un second atout de taille: ses frontières avec ses voisins arabes étant quasiment fermées, Israël a pu, très vite, s’isoler du reste du monde, en verrouillant sa seule véritable porte d’entrée : l’aéroport Ben Gourion. Sous la houlette de Benyamin Netanyahou, Israël a donc admirablement bien maîtrisé la première vague, se retrouvant fin juin avec 320 décès seulement pour 9 millions d’habitants.
Mais la sortie de crise a été entravée par deux facteurs dominants : l’imbroglio politique qui perdure depuis avril 2019, et la composition « tribale » de la société israélienne. Créé pour lutter contre le corona, le gouvernement d’union a été paralysé par un perpétuel bras de fer politique entre B. Netanyahou et son « alternant », Benny Gantz.
Socialement parlant, Israël s’est retrouvé avec deux « tribus » qui ont refusé d’adapter leurs solides traditions aux restrictions imposées par l’épidémie, de crainte que cela n’affecte leur tissu communautaire: entre les orthodoxes (1 million d’âmes), et les Arabes israéliens, ce sont près de 3 millions de personnes, soit un tiers de la population, qui ont refusé de jouer selon les règles du jeu sanitaire.
A cela, il faut rajouter le caractère indiscipliné de nombreux Israéliens. D’ordinaire, cette indiscipline leur permet de réfléchir et d’agir en dehors des sentiers battus. Elle fait d’eux souvent les champions de l’innovation et de la haute technologie. Cette fois-ci, elle a contribué à propager le virus avec, au bout du compte, les données inquiétantes de ces derniers jours. Résultat : Israël joue, depuis six mois, de cet « accordéon », entre re-confinement et réouverture.
Pourtant, la lueur d’espoir est bien là. Elle a jailli, le 19 décembre dernier, lorsque Benyamin Netanyahou a donné l’exemple en se faisant vacciner devant les caméras. On peut, certes, critiquer le Premier ministre, mais même ses plus farouches adversaires reconnaissent, aujourd’hui, qu’il a su habilement manœuvrer, pour faire de son pays le champion du monde de la vaccination. Selon ses prévisions, d’ici la fin mars, tous les Israéliens de plus de 16 ans auront été vaccinés et Israël pourra envisager plus sereinement l’après-Covid 19!
Pour ce faire, Benyamin Netanyahou n’a pas lésiné sur les moyens: réagissant au quart de tour, il a su d’abord miser dès juin, sur le vaccin de Moderna, avant de séduire le patron de Pfizer, Albert Bourla, juif originaire de Salonique, lorsqu’il s’est avéré que son vaccin avait été validé en priorité par la FDA. Il a même accepté de payer chaque dose 40% plus cher que son tarif initial, parce que, pour lui, le jeu en valait largement la chandelle, et que cet investissement serait très vite remboursé.
Les structures des caisses d’assurance maladie, l’excellente logistique, l’incroyable capacité à s’adapter aux circonstances les plus dramatiques, et le caractère téméraire de ces Israéliens qui ont l’habitude de partir en guerre, ont complété ce tableau. Toutes ces qualités permettent à l’Etat hébreu de battre des records qui font rougir de frustration, les plus grands pays européens.
Aujourd’hui plus que jamais, Israël n’est pas seulement, selon l’inspiration des prophètes, le phare des Nations. Il est devenu sans conteste, la nation-phare de la vacci-nation!   

https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/1610868693-israel-la-start-up-nation-entre-contami-nation-et-vacci-nation

Recevoir le vaccin contre le coronavirus à Jérusalem
( Photo: AFP )

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