Israël et le double traitement de l’information 

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Les palestiniens n’intéressent personne quand Israël n’est pas concerné.
Israël et le double traitement de l’information. 

Un américano-palestinien a été condamné lundi 31 décembre 2018 à la prison à vie par un tribunal palestinien pour avoir cherché à vendre à des israéliens une propriété immobilière à Jérusalem-Est.

On aurait pu croire qu’un tsunami d’indignation déferlerait sur les réseaux sociaux, dans la presse ou dans la rue, porté par les progressistes de métier à l’annonce de ce jugement ubuesque. Rien.

Un silence assourdissant. Certes, le malheureux peut encore faire appel et n’a pas été condamné à mort par pendaison comme Anwar Breghit, 59 ans, reconnu coupable de « trahison et de vente de terres palestiniennes à des israéliens » en 2009, ou Ahmed Salama abattu en pleine rue il y a quelques semaines seulement pour les mêmes raisons.

D’ailleurs, il faut reconnaître à tous ces humanistes pro-palestiniens le mérite d’un silence cohérent. On ne les entend pas non plus quand le Hamas jette les homosexuels du haut des toits ou que l’Autorité Palestinienne les torture en prison.

Leur discrétion est tout aussi remarquable quand des palestiniens se font assassiner pour apostasie à Gaza comme à Ramallah.

Plus généralement, leur tempérance à l’égard du recours systématique à la torture par les services de sécurité palestinien, Hamas et AP confondus, est saisissant.

Pourtant dénoncé par l’ONG Human Rights Watch, à laquelle on ne peut pas reprocher un tropisme pro-israélien, cette torture systématique aurait dû révolter les bonimenteurs habituels.

Peine perdue et on s’en doutait. L’aphasie de ces mêmes moralistes pendant les longs mois de guerre civile au cours desquels les palestiniens du camp de Yarmouk se sont fait décimer par les Syriens de tous bords préjugeait d’un désintérêt certain pour la cause, sauf bien sûr si on pouvait y rattacher Israël d’une façon ou d’une autre. Le problème est que ce n’est pas toujours possible.

En Algérie, M. Hacène Kacimi, Directeur en charge de la migration au sein du Ministère de l’Intérieur, vient d’annoncer que l’Algérie interdisait l’entrée de son territoire, via le Mali et le Niger, aux migrants, notamment syriens, yéménites et palestiniens, afin de lutter contre la déstabilisation du pays et la menace terroriste.

Pas un article dans la presse généraliste, cette information n’intéresse personne.

Des palestiniens interdit de séjour en Algérie ? aucun intérêt. Mais quand Israël prend la décision de reconduire les immigrés clandestins à ses frontières, les colonnes des médias ne désemplissent pas.

Ces mêmes médias qui relaient ad nauseam les « marches pour la paix » organisées par les terroristes du Hamas et qui n’oublient pas de faire le décompte des morts palestiniens sans préciser toutefois les conditions dans lesquelles ont lieu les événements dénoncés (tentatives d’intrusion armée en Israël, tirs de roquettes, jets de cocktails Molotov…).

C’est à cause du « blocus et du désespoir » nous dit-on. Peut-être. Mais c’est peut-être aussi à cause du lavage de cerveau des jeunes que le Hamas ou l’AP envoient en première ligne pendant que les théoriciens de la haine restent à l’écart.

C’est peut-être aussi à cause des manuels scolaires palestiniens financés à millions par l’UE et l’ONU et qui font des terroristes palestiniens des héros dont il faut non seulement honorer la mémoire mais qu’il faut également prendre comme modèles.

A l’instar de Dalal Mughrabi qui a mené une attaque terroriste contre un bus en 1978 se soldant par la mort de 25 adultes (civils) et 12 enfants israéliens. En voilà un beau programme pour construire la paix entre les peuples. Et de cela, pas un mot dans la presse, pas une ligne sur les réseaux sociaux, pas un tweet.

Ce traitement à deux vitesses tant de l’information que de l’indignation s’étend à tous les sujets.

Ainsi, alors que la Russie a annexé la Crimée, que la Turquie occupe la partie nord de Chypres, et que la Chine mène une politique de sinisation du Xinjiang et du Tibet, il n’y a naturellement qu’Israël qui fait l’objet des attaques outrancières des prétendus indignés.

Ils peuvent, à ce titre, compter sur l’irrédentisme pro-palestinien de l’UE en matière d’étiquetage des produits israéliens.

C’est ainsi qu’une notice interprétative de la Commission européenne de novembre 2015, reprise obligeamment par un avis du 24 novembre 2016 de la DGCCRF « relatif à l’indication de l’origine des marchandises issues des territoires occupés par Israël depuis juin 1967 », prévoit que les « produits issus de Palestine qui ne sont pas originaires de colonies de peuplement » peuvent être étiquetés « produit originaire de Cisjordanie (produit palestinien) », « produit originaire de Gaza » ou « produit originaire de Palestine » et que, par opposition, les produits issus des « colonies de peuplement » devraient être estampillés « produit originaire du plateau du Golan » ou « produit originaire de Cisjordanie » avec en plus la mention « colonie israélienne ».

Quelques lignes suffiront à démontrer l’inanité d’une telle position, évidemment idéologique.

Commençons par le plus simple : Gaza. Il faudra tôt ou tard informer le Parlement Européen qu’Israël s’est retirée de Gaza en 2005, évacuant la totalité de ses ressortissants.

Le fameux blocus israélien qui équivaudrait pour certains à une occupation a été déclaré légal par le rapport Palmer de l’ONU de 2011. Le blocus égyptien, bien plus contraignant, n’a pas les honneurs de l’UE ni de BDS. On ne peut pas non plus s’indigner de tout. Exit donc Gaza.

Quant à la Cisjordanie, une approche chronologique facilitera la compréhension. La résolution 181 proposant un plan de partage de la Palestine mandataire – et qui mentionnait la « Judée Samarie » et non la « Cisjordanie » – a été rejetée par la Ligue Arabe. La Judée-Samarie n’était donc pas « palestinienne » en 1948.

La résolution 242, qui prévoyait qu’Israël se retire de certains des territoires conquis pendant la Guerre des 6 Jours, a été rendue caduque par la renonciation de la Jordanie en 1988 à toute souveraineté sur ce territoire qu’elle avait occupée puis annexée de 1949 à 1967. La Judée-Samarie n’était donc plus jordanienne et toujours pas « palestinienne » en 1967 pas plus qu’en 1988.

Et si l’on se réfère à l’article 80 de la Charte des Nations Unies qui – appliqué au cas d’Israël – interdit, depuis la fin du mandat britannique, toute modification directe ou indirecte des droits concédés au peuple juif sur le territoire défini par la Conférence de San Rémo (notamment la Judée-Samarie), on ne trouve toujours pas d’occupation israélienne en « Cisjordanie » à ce jour.

Enfin, prétendre que des « Territoires occupés » ou des « Colonies Israéliennes » constitueraient des lieux de provenance réel d’un produit vient signer le caractère idéologique de la prétendue notice.

A l’évidence, le terme de « colonie israélienne » ne recouvre pas une zone géographique mais une notion politique et fait référence aux politiques coloniales des empires français, britannique ou belge, leur mission « civilisatrice », la captation des débouchés économiques et la soumission des populations conquises.

Ce n’est pas le cas pour Israël. En effet, depuis les Accords d’Oslo 2, la Judée-Samarie est découpée en trois zones et la totalité des implantations israéliennes sont situées dans la zone C, sous administration civile, administrative et militaire israélienne.

Ces Accords prévoyaient que cette répartition de la Judée-Samarie durerait jusqu’à un accord final entre les parties, ce qui n’est toujours pas le cas. Point d’occupation donc puisque cette administration israélienne est prévue par un accord entre les Parties.

Quant à l’UE, on rappellera qu’elle était signataire des Accords d’Oslo en qualité de témoin et tenue – à ce titre – par cet engagement et notamment par l’interdiction faite aux parties de modifier le statut de la Judée-Samarie avant l’achèvement des négociations relatives au statut permanent.

Ce n’est donc pas pour informer les consommateurs européens sur le pays d’origine ou le lieu de provenance réel du produit que ces dispositions ont été prises mais bien sous l’influence des groupes de pression pro-palestiniens. Il existerait donc un lobby palestinien ? Silence dans les médias.

Maître Oudy Bloch 
Avocat aux Barreaux de Paris et New-York

Source: via tribunejuive

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