Israël et la Turquie se préparent-ils à s’affronter en Syrie ?
Israël a récemment mené une nouvelle frappe aérienne en Syrie, illustrant une politique de sécurité offensive visant à contrer la présence étrangère jugée hostile à ses frontières. Cette opération s’inscrit dans une dynamique de tensions exacerbées entre Israël et la Turquie, cette dernière soutenant désormais le gouvernement syrien post-Assad. Jérusalem perçoit cette évolution comme une menace directe, redoutant la formation d’un axe sunnite allié à la Turquie, susceptible de remplacer l’influence iranienne dans la région.
Depuis la chute du régime Assad en décembre 2024, Israël a maintenu une posture agressive en Syrie, poursuivant une campagne de frappes ciblées destinée à empêcher l’ancrage iranien et le transfert d’armes vers le Hezbollah. Cette stratégie, appelée « Campagne entre les guerres », a montré ses limites, réduisant mais ne stoppant pas la menace. Plutôt que d’engager un dialogue avec le nouveau gouvernement syrien, Israël a étendu ses opérations, créant une zone tampon le long de la frontière et soutenant la minorité druze dans le sud syrien, ce qui a accru les tensions régionales.
La Turquie, qui a soutenu certains groupes rebelles avant la chute d’Assad, a depuis changé de camp en s’alliant avec le président syrien Ahmed al-Shara’a, dans une coalition soutenue par plusieurs pays du Golfe et les États-Unis. Cette alliance a provoqué des frictions avec Israël, qui dénonce la présence militaire turque, notamment la possible installation de troupes sur une base aérienne près d’Alep. Israël considère cette implantation comme une violation du statu quo sécuritaire et une menace directe. Face à cette situation, l’armée israélienne reste en état d’alerte, prête à intervenir pour empêcher toute consolidation militaire hostile à ses frontières.
Malgré les mises en garde israéliennes, Ankara minimise pour l’instant le risque d’un affrontement, attribuant les frappes à des considérations électorales internes israéliennes. Toutefois, la rhétorique turque, notamment à travers son ministre des Affaires étrangères, laisse entrevoir une position ferme sur la question de Gaza et un avertissement clair à Israël. Les relations entre les deux pays, déjà fragilisées par des incidents passés et des divergences sur la question palestinienne, pourraient se tendre davantage si la Turquie décide d’étendre son influence militaire en Syrie.
La situation en Syrie illustre une complexité géopolitique où Israël cherche à préserver sa sécurité en empêchant toute implantation militaire étrangère hostile à ses frontières. La montée des tensions avec la Turquie, alliée du gouvernement syrien, pourrait déboucher sur un conflit plus large si aucune médiation efficace n’est trouvée. Les États-Unis, bien que préoccupés, sont limités dans leur capacité d’intervention, laissant la région dans une posture instable où la vigilance reste de mise.
Jforum.fr
![]() |
![]() |





































